J.F. Niort

Conférence du 27/09/2002 aux Abymes

Association Archipel Guadeloupe Géo Histoire (AGGH)

(ex Association des professeurs d’Histoire-Géographie de la Guadeloupe)

 

 

LE CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN

Plan détaillé de mon intervention

(plus compléments)

 

Introduction : rappel chronologique

(cf. doc. Rappel chronologique sur la page d'accueil de ce thème).

 

I. LES ACTEURS (ou protagonistes) du Conflit

A. Extrémistes et radicaux

1)     Palestiniens 

a)      Le Fatah –Conseil révolutionnaire, organisation de Y. Arafat, principale composante politique de l’OLP (depuis 1969). Dispose au moins de 2 branches armées, qui jouissent d’une certaine autonomie face au Fatah :

·       Les Brigades des martyrs d’Al Aqsa, dont l’un des chefs, Ali Adjouri, a été tué en août 2002 en Cisjordanie par Tsahal, et dont un des autres serait Marwan Barghouti, chef du Fatah pour la Cisjordanie, élu au Conseil législatif palestinien, un des leaders de la seconde Intifada (sept. 2000) [1] , arrêté en avril 2002 par Is. et  qui passe en jugement devant un tribunal de Tel Aviv depuis le 5 sept. 2002. Un chef local de cette organisation militaire pour la ville de Toubas, Rafaat Daraghmet, a été tué par des tirs de missiles is. le 31 août [2] dernier, et un haut responsable général arrêté en le 20 août. Ce groupe s’est déclaré opposé au Plan « Béthléem-Gaza d’abord », hostile à toute trève.

·       Les Tanzim, autres groupes armés du Fatah. Ils seraient également dirigés par M. Barghouti.

Le Fatah n’est pas le mouvement le plus radical ; il comporte de nombreux modérés, n’est pas totalement fermé à la négociation, la preuve c’est que Barghouti fut un chaud partisan des accords d’Oslo, et serait récemment entré dans un processus de négociation avec Is. et même de cessez-le-feu unilatéral [3] . Mais il est divisé, et compte de nombreux partisans de la résistance armée. Il s’est plutôt réjoui de l’échec de Camp David, et à la réunion récente du Conseil Législatif palestinien (CLP) (9/9/02), un de ses dirigeants, Hussein Sheikh, a appelé à un vote de défiance à l’égard du nux Gvt de l’Autorité Palestinienne (AP) au motif qu’il contiendrait « des ministres qui tentent d’empêcher le peuple palestinien de lutter contre Is. même en lançant des pierres » [4] . Mais il y a aussi un courant ouvert aux négociations (Nabil Amr notamment). En réalité, les modérés ont toujours été numériquement majoritaires au sein du Fatah et de l’OLP, mais ils n’ont pas toujours pu résister à la surenchère des groupes extrémistes et ont même été contraints d’endosser certaines actions terroristes (y compris celles des Brigades des martyrs d’Al Aqsa) [5]

Quant à Y. Arafat, il est difficile de déterminer son degré de participation et de décision dans les attentats commis par les Brigades Al Aqsa. Il adopte sans doute en réalité une double attitude, à la fois externe, politique, ouverte aux négociations et condamnant le terrorisme, et interne, de soutien au mouvement de résistance pal. (soutenant au moins très probablement les Tanzim), d’autant que ce dernier reste populaire dans l’OP pal.

b)      Le FPLP, Front populaire de libération de la Palestine, basé à Damas, dont  l’ancien chef politique était Abou Ali Mustapha, tué dans son bureau de Ramallah par des tirs israëliens en août 2001. Son successeur, Ahmad Saadat, accusé par Is. d’être le responsable de l’assassinat du ministre is. du tourisme Réhavam Zeevi en oct. 2001 (en représailles de la mort de Abou Ali Mustapha), est détenu depuis mai dans la prison de Jéricho (cf. supra). Le frère de ce dernier a été tué le 20 août 2002 par une unité spéciale de Tsahal venue l’arrêter. Trois  autres dirigeants ont été arrêtés le 26 août. Le FPLP est opposé à tout compromis, rejette le Plan « Béthléem-Gaza d’abord », et a promis d’intensifier la lutte contre Is. Un nux groupe armé fait son apparition, les Brigades Abou Ali Mustapha (du nom de l’ancien chef politique). Un de ses membres (de 20 ans) est tué le 31 août en attaquant la colonie de Har Brakha.

c)      Le Hamas, Mouvement de la résistance islamique, dont le chef spirituel est le cheikh Yassine à Gaza. Son chef politique pour la région de Jénine, Jamal Abou Al-Hayja, a été arrêté par Tsahal en août 2002, et l’un de ses dirigeants militaire (cf.infra) pour Gaza, Salah Shehadeh, a été tué avec sa famille le 22 juillet par une bombe d’une tonne. Le principal groupe armé du Hamas sont les Brigades Ezzedine Al-Qassam. Son nouveau chef depuis Shehadeh, Mohammed Deif, vient d’échapper à un raid aérien de Tsahal alors qu’un autre activiste de ce mouvement était tué (27/9/02). Le Hamas a critiqué le récent discours de Y. Arafat devant le CLP (9/9/02) condamnant le terrorisme… Ce dernier avait fait arrêter plusieurs membres de ce mouvement à Gaza en juin dernier, et assigné son chef national à résidence. L’attentat du jeudi 19 septembre a été revendiqué par ces Brigades [6] … Toutefois, au moins avant l’attentat contre Shehadah, un courant interne au Hamas s’était engagé dans des négociations [7]

d)      Le Jihad islamique, dont la branche militaire sont les Brigades des martyrs d’Al Quds, dont l’un des chefs pour la Cisjordanie, Mohammed Amin Jarar, a été arrêté fin août, et dont le fils du chef local pour Jénine a été tué début sept.

Ces deux mouvements ont rejeté, comme le FPLP et les Brigades des martyrs d’Al Aqsa, le plan « Béthléem-Gaza d’abord », et toute négociation avec Is. Le 15 sept. ces dernières « brigades » ont « promis plus d’attaques suicides », au moment du couvre-feu imposé au Territoires pal. à l’occassion du Yom Kippour en Is. Le Hamas a également revendiqué l’attentat du 19 sept., en guise de vengeance de l’élimination des deux de ses chefs : Salah Shehadeh et Nasser Jerar. Il a aussi annoncé, après l’investissement du siège de l’AP, et avec les Brigades Al Aqsa, l’intensification des attentats-suicides contre Is.

Complément : voir la liste des douze mouvements palestiniens ayant signé la trève au Caire en mars 2005

 

2)     Israëliens (Colons, partis religieux et ultra-orthodoxes, extrême-droite et Likoud)

a)      Les Colons (plus précisément leurs organisations les plus radicales – car les Colons sont loin d’être tous radicaux – cf. infra). De plus en plus nombreux (cf. infra), devenus plus populaires depuis le Gvt Sharon, ils rejettent tout compromis, poussent au dvpt à outrance de la colonisation, créent eux-mêmes des dizaines d’avants-postes illégaux (pour lesquels ils exigent la protection de Tsahal), dénoncent les pacifistes is., et l’accord « Béthéem-Gaza d’abord » d’août 2002. Viennent de lancer une campagne vers Gvt et OP is. pour les convaincre de « battre les Palestiniens et parachever la Guerre ». Ces organisations sont principalement : le Conseil des implantations de Judée-Samarie et de Gaza ; et le mouvement Goush Emounim (« Bloc de la fidélité »), qui a été et reste le fer de lance de la colonisation… L’un des principaux dirigeants est Zeev Hever (dit Zambish).

L’autre force du lobby des Colons est l’importance économique que représentent les « implantations » juives dans les Territoires dans l’économie générale is. (cf. infra).

En fait le noyau dur des Colons extrémistes est constitué d’ultra-orthodoxes, (les haredim) dont le slogan se résume à cette affirmation : « Cette terre est à nous parce que Dieu nous l’a donné ». Et cette « terre » est bien sûr le « Grand Israël », Israel hashlema, qui englobe la Judée-Samarie, cad la Cisjordanie !

b)      Les Partis religieux ultra-orthodoxes (surtout le Shass-Sephardim, mais aussi le Mafdal, Parti (ou Front) national religieux) : membres influents de la coalition Barak depuis 1999 (17 députés), qui n’hésite pas à sacrifier pour conserver leur appui, ses 3 ministres du Meretz (gauche laïque) en juin 2000. Ce qui ne les empêche pas de quitter la coalition gvtale en juillet, 2 jours avant le départ de Barak pour Camp David, le privant ainsi de majorité gvtale à la Knesset ! Un ex. de leur position idéologique : en août 2000, le chef spirituel et fondateur du Shass, le rabbin Ovadia Yossef (ancien Grand rabbin d’Is.), affirme que les 6 millions de Juifs victimes des nazis étaient la « réincarnation d’âmes pécheresses », et que les Palestiniens sont des « serpents », après lesquels « Barak court après comme un forcené ». Quant aux « méchants Arabes », le Talmud affirme selon lui que Dieu a regretté d’avoir créé Ismaël… Dans le Gvt Sharon actuel, on trouve not. le général Effi Eitam, leader du Parti national religieux, partisan d’un rejet des pal. vers la Jordanie, et qui vient d’être chargé du ministère des Infrastructures nationales (sept. 2002), c’est-à-dire de la Colonisation en Cisjordanie et à Gaza…

c)      L’extrême-droite is. , qui dispose de qq sièges à la Knesseth, et à qui Sharon a proposé d’entrer au Gvt d’union nationale de mars 2002. Il s’agit surtout du parti Moledet (La Patrie), qui prévoyait récemment (le 8/8) une manifestation-provocation sur l’esplanade des Mosquées…

d)      Le Likoud : partisan de l’affrontement, de la manière forte (même s’il n’est pas totalement opposé aux négociations et aux compromis). Mentalité politique pessimiste. Coup médiatique et symbolique de Sharon sur l’esplanade des Mosquées (sept. 2000). Elu en février 2001 grâce à ses positions radicales, « surfant » sur la peur et la haine qui se dvpent dans l’OP is., et relançant le processus de colonisation juive des Territoires depuis Netanyahou (380.000 colons fin 2001 ; contre 247.000 en 1995) [8] .  Tout récemment (le 6/09/02), Sharon a affirmé que « Oslo n’existe plus ; Camp David n’existe plus ; ni Taba »… Le Likoud semble vouloir absolument éliminer Arafat de la scène politique. Ex. : il est systématiquement accusé des attentats pourtant revendiqué par le Hamas et le Jihad [9] . Un certain nombre de travaillistes is. soutiennent cette politique (Weizman Shiri, vice-ministre de la Défense, ainsi que son patron et chef du Parti, Ben Eleizer ; et même Shimon Perès, qui déclare (plus modérément) que « nous voulons qu’Arafat nous montre qu’il peut contrôler la situation, ou qu’émerge une nouvelle direction pal. » (22/9 ; cf. infra).

Pourtant, les perspectives de renouvellement politique en Pal. ne sont pas encore claires, et Arafat reste soutenu par son OP (voir encore les manifestations de sept. ayant suivi l’investissement de son QG par Tsahal, et cf. infra).

 

B.   Le « Camp de la Paix »

1)     Identification des pacifistes de chaque « côté » du conflit

a)      Du côté israëlien

·       Au sein de la classe politique, des personnalités ou des partis nettement engagés pour la Paix :.

i.   Yossi Beilin, ancien ministre de la Justice dans le Gvt Barak, qui mène campagne pour un retour du Parti travailliste à l’option de la Paix, et souligne qu’Is. et Pal. « se doivent de parvenir à une compréhension mutuelle »

ii.   Le général de réserve Amram Mitzna, maire de Haïfa, candidat récent à la direction du Parti travailliste et au Gvt, qui réclame des négociations avec Arafat, premier pas pour sortir du Conflit [10] .

  iii.   L’ancien ministre travailliste des Finances (dans le Gvt Barak), Avraham Shokhat, déclare en sept . 2002 que les travaillistes doivent quitter le Gvt Sharon car ce dernier « ne prépare aucun plan politique viable » [11] . Dalia Rabin vient d’ailleurs de le faire en juin dernier… (cf. infra)

 iv.   Le Parti Meretz, de la gauche laïque (not. Yossi Sarid), au cœur de la Coalition is. pour la Paix.

·       Autre personnage : le général de réserve Ami Ayalon, ex-chef du Shin bet (services secrets is.), qui estime, à la différence de Amram Mitzna, que le camp is. de la Paix n’a de chance d’accéder au pouvoir que si il arrive dès maintenant à un accord avec les Pal. et a préparé un texte conjoint avec le prof. Nusseibeh en ce sens (cf. infra).

·       Mouvements pacifistes : Shalom Archav (La Paix Maintenant) [12] , qui comprend de nombreux artistes et intellectuels (tel que Zeev Sternhell) et qui est au cœur, avec le Meretz, de la Coalition is. pour la Paix (qui comprend aussi les Colombes travaillistes, le Mouvement kibboutzique, le Hashomer Hatzair, Netivot Shalom et La ligne verte), ainsi que de la Coalition is-pal. pour la Paix (cf. infra) ; Shalom Goush…

·       Plusieurs centres ou fondations, comme le Centre Peres pour la Paix (dir. Dr. Ron Pudak) ; le Centre Rabin pour la Paix ; Le Conseil pour la Paix et la Sécurité ; l’IPCRI (conjoint, cf. infra)

·       La Presse : particulièrement le quotidien Haaretz, qui par ex. met en doute l’intérêt pol. de l’opération d’investissement du QG d’Arafat (19/9/02) et regrette que le plan Béthléem-Gaza d’abord soit suspendu, tout en rappelant les récentes évolutions pol. dans l’AP (cf. infra) et insistant sur le fait que les réformes doivent émerger de la société civile pal. « et non apparaître comme le résultat d’un diktat de l’occupant (is.) » [13] … Sharon est présenté comme un « autocrate », qui n’offre rien aux Pal. « que la violence réciproque », et « Fouad » (surnom de Ben Eleizer) comme faisant le jeu de Sharon en échange de sa place de choix dans le Gvt [14] .

·       Et même dans l’Armée :  plusieurs centaines d’officiers et de réservistes is. ont également refusé d’aller servir dans les Territoires occupés avec l’Opération Rempart (mars 2002). Ils ont été l’objet de mesures de rétorsions variées…

 

b)      Du côté palestinien

·       Le prof. Sari Nusseibeh, pdt de l’université Al Quds, délégué de l’OLP pour Jérusalem, signataire d’une pétition contre le terrorisme avec plusieurs autres personnalités du monde politique et universitaire palestinien en juin 2002 [15] et membre de la Coalition is.-pal. pour la Paix (cf. infra).

·       Nabil Amr, ancien haut dirigeant du Fatah, ancien ministre de l’AP et proche conseiller d’Arafat (il démissionne en mai 2002), qui vient dans un article récent paru dans le quotidien officiel de l’AP (5/9/02) d’adresser une lettre ouverte très critique à Arafat et au Gvt de l’AP en général (corruption, chaos civil et militaire au sein des Territoires palestiniens), appelant à la résistance civile non violente, à la reprise des négociations et à accepter le plan Clinton de Camp David [16] .

·       Le général Abdel Razak Yahyah, ministre de l’Intérieur palestinien et responsable des forces de sécurité, qui a déclaré début sept. que les Pal. doivent adopter la résistance civile non violente face à l’occupation is. Cet homme a négocié l’accord Béthléem-Gaza d’abord avec Ben Eleizer [17] .

·       Autre modéré du Gvt de l’AP : le ministre de l’Information, Yasser Abed Rabbo, membre de la Coaltion is.-pal. pour la Paix (cf. infra).

·       Voir aussi le général Zuhair Manasra, qui vient de succéder à Djibril Radjoub à la tête de la Sécurité préventive de Cisjordanie et insiste sur le fait que les Pal. doivent mettre l’accent sur la résistance civile non violente plutôt que les attentats terroristes [18] (cf. inra).

 

2)     Les initiatives et actions conjointes ou convergentes

a)      Initiatives « anciennes » :

·       Le Centre israëlo-palestinien de recherche et d’information (IPCRI en anglais), fondé en 1988, co-dirigé par un is. (Gershon Baskin) et un pal. (Zacharia Al Qaq), qui mène des actions concrètes, depuis 6 ans, au sein de son département « Education pour la Paix », élaborant des programmes pédagogiques destinés à des écoles pal. et is. [19]  

·       Avant la seconde Intifada, l’IPCRI organisait des rencontres d’adolescents de 40 écoles des deux bords ; ces rencontres se poursuivent depuis sur leur site, www.ipcri.org [20]

b)      Initiatives récentes :

·       La Coalition israëlo-palestinienne pour la Paix, formée not. par Shalom Archav et Sari Nussibeh et Yasser Abed Rabbo, qui vient de lancer en août 2002 une campagne de presse dans plusieurs quotidiens is. et pal. [21]

·       Le document conjoint préparé par Nussibeh et le général Ayalon en sept. 2002, sur la base du plan Clinton et des accords de Taba, qui prévoit notamment la reconnaissance mutuelle des droits historiques de chacun de ces deux peuples sur la même terre, et le retrait des Territoires occupés par Is. pour permettre le retour des réfugiés pal. [22] : (texte entier à venir)

·       Plus concrètement (mais c’est aussi très important), une multitude de petites actions spontanées, comme par ex. un séminaire de trois jours sur la Shoah organisé par le Centre d’Etudes humanistes du Kibboutz Loh’amei ha-Getaoth (« les Combattants des Ghettos ») [23] , dirigé par Raya Kalisman, avec 63 adolescents, dont de jeunes Arabes et Druzes, et où il fut demandé, avec succès, aux jeunes Juifs de tenir le rôle des Arabes, et vice-versa [24]

Complément : voir la Fiche de suivi Camp de la paix

 

II. Les perspectives (à court et moyen terme)

A.     Une solution probable : la reprise des négociations

1)     Les pression internes

a)      Le gouvernement d’union nationale de Sharon se fissure

·       Démission de Elia Rabin (23/7/02), fille de Itzak Rabin, membre du centre Rabin pour la Paix, adjointe au poste de ministre de la Défense, qui déclare « ne pouvoir appartenir plus longtemps à un Gvt qui affirme à l’Opinion is. que nos problèmes sont sans issue », et qui refuse toute négociation avec les Pal.. Elle a estimé dans sa lettre de démission que le Gvt d’Union nationale (de février 2001) « était parvenu à son terme ». Le secrétaire général du Parti travailliste, Ophir Pines-Paz, approuve la décision sur la radio de Tsahal (Gaale-Tsahal).

·       Ben Eleizer convainc Sharon d’autoriser tenue session du CLP en sept., et Perès prend la défense des accords d’Oslo (1993), réagissant aux propos de Sharon à ce sujet (cf. supra), en affirmant qu’ils constituent « la seule base pour un accord futur avec les Palestiniens » (9/9/02). Ben Eleizer s’est félicité de la récente démission du Gvt pal. devant le CLP, appelant de ses vœux une « ère nouvelle ».

·       Le Parti travailliste se « réveille » (avec Amram Mitzna qui vise le poste de chef de ce parti puis celui de Premier ministre et qui ne fait pas du départ de Y. Arafat un préalable aux négociations, à la différence de Ben Eleizer), alors qu’une partie de ses membres (à l’initative de Yossi Sarid et Yossi Beilin) ont fondé un nouveau parti pacifiste

·       Et certains dirigeants sionistes religieux commencent à accepter l’idée que leur temps des « implantations » est compté… Même si elles sont très prospères, à la différence de l’Etat d’Is., confronté à une crise économique majeure …

b)      Une grave crise économique menace Israël

 ·       Il faut savoir que les Territoires pal. restent le 2e marché à l’exportation pour Is. Le poids économique de la guerre, de la destruction des infrastructures et de la diminution la consommation en Pal. se fait donc de plus en plus lourd à porter pour Is. Il faut aussi savoir que les liens économiques d’Is. avec l’Egypte, la Jordanie sont considérables, et que, plus largement, les liens humains (mariages), professionnels et donc culturels entre Juifs et Arabes sont très forts (il y a d’ailleurs 1 million d’Arabes citoyens is. !) [25]

·       A la mi-août, les hauts fonctionnaires du ministère des Finances ont averti Sharon qu’il serait impossible au pays de supporter une autre année de déclin économique. Amram Mitzna, le travailliste pacifiste, est d’ailleurs soutenu par les milieux d’affaires is.

·       Paradoxalement, les Colonies se portent très bien économiquement, et pèsent d’un poids de plus en plus important dans l’économie générale is., ce qui n’encourage pas la classe politique à envisager un retrait total (alors même que l’OP générale is. et même celle des colons n’est pas totalement opposée à cette idée)…

c)      Les paradoxes de l’Opinion publique des deux côtés

·       L’OP is. reste favorable (et résignée) à une solution politique d’un partage étatique, malgré son soutien conjoncturel à la politique de fermeté et d’occupation militaire de Sharon, due à la peur, et au désir de vengance face aux attentats, et au retour des idées pessimistes, depuis Sharon, sur la volonté des Palestiniens de détruire Is.

·       Même chez les Colons, comme un récent sondage l’a montré, seule une infime minorité (6%) seraient prêts à résister à un ordre de leur Gvt de se retirer des colonies [26]

·       On assiste donc au paradoxe suivant dans l’OP is. : selon des sondages récents (septembre 2002), les Is. estiment que les accords d’Oslo ne sont plus d’actualité (79%) ; qu’Arafat est un acteur insignifiant de la politique régionale (80%) ; et soutiennent Ariel Sharon (56 % de satisfaits) [27] , mais en même temps sont prêts à l’arrêt de la colonisation (59%), pourtant cheval de bataille du Likoud et des ultras-orthodoxes…

·       Quant à l’OP pal., elle semble rester massivement favorable aux attentats terroristes, ou tout au moins à la résistance armée, mais elle souffre de plus en plus [28] et de nombreux députés et d’intellectuels penchent dorénavant pour une résistance civile non violente et une solution politique, ce qui prouve que cette tendance est aussi représentée dans l’OP pal….

·       De plus, même les partis extrémistes ne sont pas totalement fermés à la négociation malgré leurs discours agressifs, radicaux et vindictoires, à preuve les négociations inter-pal. en vue d’un Cessez-le-feu unilatéral suscitées entre les Tanzim et le Hamas en juin-juillet par les services secrets britanniques et ceux de Javier Solana (sans que Arafat en soit informé semble-t-il…), avant la bombe du 22 juillet [29] … Ces mouvements pourraient profiter d’une trêve pour accroître leur représentation politique au sein des institutions pal.

 

2)     Les pressions internationales

a)      Les intitiatives récentes de l’ONU

·       Vote « historique » en mars 2002 par le Conseil de sécurité de l’ONU de la Résolution 1397, à 14 voix pour contre 1 abs. (Syrie), réclamant « Deux Etats, vivant côte à côte à l’intérieur de frontières reconnues et sûres »…

·       En juillet, un séminaire tenu à Copenhague sur le thème « La fin de la confrontation et la construction de la Paix au Proche-Orient », a réuni plus de 40 intervenants is., pal. arabes et occidentaux, et les délégués is. et pal. ont estimés d’un commun accord qu’il est grand temps de s’ateler à une solution définitive au Conflit, sur la base de la résolution 1397. Le Dr. Ron Pudak, directeur du centre Peres pour la Paix (cf . supra), estime que l’on est « plus proche que jamais de la Paix », et Yossi Beilin (cf. supra), souligne que chaque partie doit être consciente qu’il y aura un « prix à payer » pour la Paix.

·       Les USA ont d’ailleurs soutenu ces déclarations…ont accepté de former le « quartette » ou « quatuor » international sur la Paix au Proche-Orient (avec la GB, l’Union Européenne et l’ONU), et n’ont pas utilisé leur veto lors du vote de la résolution 1435 du Conseil de sécurité du 24 septembre 2002, réclamant l’arrêt du siège de la Muqata, et le retrait par Tsahal des villes pal. occupées depuis septembre 2000 (condamant aussi les attentats-suicides et demandant à l’AP de faire comparaître en justice leurs auteurs)…

b)      Les ambiguïtés de la position américaine

·       Le Gvt US reste toujours intéressé à un accord de Paix dans le conflit is.-pal., et Bush, malgré sa sympathie pour Is., intime à Sharon de réfréner sa politique répressive, et « se prépare à la périlleuse nécessité d’imposer à Is. un Etat palestinien et aux deux protagonistes une force d’interposition internationale », selon Claude Imbert, dans Le Point du 12 avril 2002. Le plan américain, lancé fin juin 2002, prévoit en effet l’avènement d’une accord durable et d’un Etat palestinien dans les trois ans, et Bush a demandé au gvt is. de cesser la politique de colonisation à outrance dans les Territoires occupés.

·       De plus, initialement très hostile à Arafat (totalement « boycotté » par l’administration américaine, qui demande un renouvellement complet de la direction de l’Autorité palestinienne), le Gvt Bush s’est un peu calmé après le sommet du G8 au Canada, où le leader pal. a reçu un soutien assez majoritaire…

·       Mais attention à l’effet produit sur l’attitude américaine face à l’AP par le projet d’intervention en Irak. L’effet peut d’ailleurs être stimulant en ce sens (comme celui des critiques internes dont Arafat et son Gvt font l’objet – cf. infra)… La preuve :

·       Bush vient devant l’ONU (12/9/02) de confirmer la volonté des USA de mettre sur pied un véritable Etat palestinien (pour obtenir en échange, avec aussi leur retour à l’UNESCO, le soutien international qu’ils recherchent dans leur volonté d’intervenir contre l’Irak) ; Bush a rencontré personnellement le lendemain le ministre palestinien de la Coopération internationale, Nabil Chaath (déjà une délégation palestinienne de haut rang avait été reçue à Washington par Colin Powell et Condoleeza Rice le 8 août dernier) : le pdt des USA a assuré qu’il « souffrait » en voyant « la souffrance des Palestiniens » ; a rappelé l’importance et la nécessité d’un Etat pal. ; et que même si « les deux parties » étaient responsables de la situction conflictuelle actuelle, « Is. devait mettre un terme à l’occupation et à la souffrance des Pal. » [30] . De même lors du siège du QG d’Arafat de sept. [31]  

·       Cependant, dans le camp de la paix is., on doute de la réalité de ce changement de ton, et de l’effet positif des vélléités d’intervention des USA à l’égard de l’Irak sur le Conflit is.-pal. : le quatuor formé récemment serait un prétexte pour entériner le processus de paix jusqu’àprès l’intervention américaine en Irak (qui serait repoussée à janvier-février 2003 selon le New-York Times) : or « les périodes d’attente, sans activités diplomatique, sont des saisons où fleurissent les fanatiques du Hamas. Les messagers de mort ne manqueront aucune occasion de ridiculiser les « gogos » de l’AP et du Fatah qui ont promis que la cessation des attentats rapprocherait de la fin de l’Occupation » [32] .

·       Néanmoins, le Gvt US s’est abstenu lors de la Résolution 1435 (rendant son vote possible) du 24 septembre dernier, alors qu’il avait promis au Gvt is. d’user de son droit de veto. Le Gvt is. s’est même déclaré ouvertement « déçu » par l’attitude américaine [33] .

La reprise des négociations semble donc très probable, mais avec quels partenaires locaux ?

 

B.     Une incertitude : qui négociera ?

1)     La perspective de renouvellement politique en Israël

·       Si la coalition gvtale se fissure, une recomposition politique est à prévoir, et peut-être un retour des travaillistes pacifistes, qui tentent actuellement d’élaborer les bases d’un accord avec les Palestiniens. Mais certains de ces derniers (Yossi Beilin notamment), qui projetaient, de « renverser » Ben Eleizer de la tête du Parti lors des primaires prévues pour octobre 2002, ont choisi une autre stratégie ; la fondation d’un nouveau parti, avec Yossi Sarid, du Meretz.. Car Ben Eleizer reste en tête (30%) dans les sondages pour le leadership du Parti travailliste, devant son principal (et tout récent) concurrent Amram Mitzna (cf. supra)(22%), puis Haim Ramon (13%) [34] .

·       Mais les élections législatives ne sont prévues pour le moment qu’à l’automne 2003, et beaucoup de variables (intérieures et internationales) peuvent évoluer d’ici là, et influer (en positif ou négatif) sur l’OP. is. et donc le rapport de forces politiques.

·       Pour le moment, en cas de confrontation électorale Sharon-Ben Eleizer, le premier l’emporterait à 58% contre 18% [35]

·       Le contexte international, et sécuritaire (attentats) sera sans doute déterminant par son influence sur l’OP. Et attention aussi au problème crucial de l’eau, not. l’affaire du détournement des eaux de la rivière Hasbani par le Liban (déclaré « casus belli » par Sharon mi-sept. 2002).

·       A noter également le succès de l’idée de « séparation unilatérale » (le mur de séparation est déjà en construction), tant à gauche qu’à droite, dans la classe politique [36] et l’OP is. (60% y seraient favorables). Est-ce un gage d’apaisement ou non du Conflit (par la réduction des attentats que ce mur de protection pourrait entraîner) ?

2)     La perspective de renouvellement politique en Palestine

·       Dvpmt de la contestation en Palestine, aussi bien vis-à-vis des mouvements radicaux terroristes que vis-à-vis de Y. Arafat lui-même. Pétitions pour l’arrêt du terrorisme, et pour le renouvellement politique dans la presse [37] . Création d’une « Initiative nationale palestinienne », lancée en juillet 2002 par plusieurs hommes politiques et intellectuels [38] , appelant à la formation d’un nux Gvt, « d’urgence nationale », la tenue d’élection démocratiques et de réformes contre corruption et désordre généralisé. Article critique récent de Nabil Amr (cf. supra) dans le journal officiel de l’AP (Al Hayat Al Jadida, 5/9/02) regrettant l’échec de Camp David (juillet 2000) et critiquant Arafat et le Gvt (réclamant le création d’un poste de Premier ministre et la réforme de la Loi fondamentale)….

·       Les choses se sont précipitées en sept. 2002, où le gvt formé en juin a dû démissionner face aux virulentes critiques qui lui ont été adressées au sein et en dehors du CLP.

·       La situation éco. de la Pal. est catastrophique, notamment du fait du bouclage des Territoires par Tsahal. La situation financière est aussi grave, tant du fait d’Is. (qui n’a versé que 30 millions de dollars sur les 700 dûs pour prélêvement de taxes pour le compte de l’AP) que des pays arabes (qui ne versent au total – à cause de certains d’entre eux – que 20 millions par mois sur les 50 promis à l’AP) [39] .

·       Mais pbl. du choix du futur leader palestinien. Arafat reste le plus populaire (35% dans les sondages en mai 2002). Contesté par Is., qui le considère comme un « terroriste » (blocus de son QG au printemps 2002, puis à nouveau fin juin et tout récemment, le 19/2/02), ainsi que  les USA et la GB (mais le gvt Bush a assoupli sa position depuis août-sept., comme on l’a rappelé plus haut), mais soutenu par le G8 au Canada (juin 2002) et tout récemment par le Conseil de sécurité (résolution 1435)..

·       Montée de Marwan Barghouti (19%), de plus en plus populaire depuis début seconde Intifada, son leadership sur les Tanzim et encore plus avec son procès actuel (cf. supra), et qui ne semble pas opposé à la cessation des combats (cf. supra).

·       Nabil Amr (cf. supra) dispose également d’un potentiel de leadership… et apparaît comme le moins mal accepté par le gvt is., partisan d’une nouvelle génération de dirigeants pal. prêts à des réformes démocratiques et condamnant totalement toute politique terroriste…

·       On parle aussi de Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen pour le poste de Premier ministre réclamé par le groupe de Nabil Amr… mais ce choix ne semble guère satisfaire les gvts is. et us. [40]

·       En tout cas le Gvt is. fait tout pour éliminer politiquement Arafat, et soutient donc, au moins objectivement, l’action des réformateurs pal.de tous bords. Les négociations inter-pal. d’avant le 22 juillet dernier ont d’ailleurs été menées sans Arafat (cf. supra) [41] .

·       Mais une première difficulté réside dans les divisions de la classe politique et intellectuelle arabe entre les partisans de la lutte armée, ou au moins de l’intifada, et ceux de la résistance pacifique et des négociations avec Is. avec l’aide de la Cté internationale. Clivage qui traverse le Fatah lui-même (Hussein Sheikh, Kamel Al Sharfy versus Nabil Amr, le général Al Yahyah, et Mohammed Dhalan ?). Ainsi les élections réclamées de tous côtés ne sont pas forcément un gage de paix et de reprise des négociations, elles sont l’occasion pour des groupes politiquement minoritaires d’accentuer leur représentation pol. et leur main-mise sur les postes-clés administratifs et militaires (not. les Tanzim de Barghouti et le Hamas, qui avait jusque là boycotté les élections) [42] . Il y a quelques heures, Abou Mazen a reçu des menaces de mort, et le domicile de Nabil Amr a été visé par des tirs d’armes à feu [43]

·       Une autre difficulté  réside dans l’antagonisme Gaza (population pauvre, issue des Camps de réfugiés, mais aussi d’origine égyptienne assez ancienne (XIXe) et de mœurs plus « doux » = plaine côtière) contre Cisjordanie (population plus à l’aise, mais de mœurs plus « rude » = montagnes) + dialectes différents.

·       Ces tensions sont symbolisées par affrontement larvé entre Djibril Radjoub, chef des services de la sécurité préventive en Cisjordanie, et Mohammed Dahlan, son homologue dans la Bande de Gaza et leurs entourages [44] , deux prétendants à un futur poste de ministre de la Défense ou chef d’état-major [45] ….

·       On s’accorde à penser que le futur chef de l’AP devra, comme Arafat, avoir des origines « mixtes » dans ces deux régions [46] . Mais aucun candidat potentiel n’a cet avantage pour le moment… Et Arafat peut se permettre ironiquement (lors de la réunion du CLP le 9/9/02) d’annoncer qu’il est prêt à laisser sa place, ce qui lui « permettrait de se reposer »…

·       François Massoulié écrivait en 1993 que « le trop lourd passé [terroriste] de « Abou Ammar » [surnom de Y. Arafat] fait penser à beaucoup, et jusque parmi ses partisans, que le jour où des négociations sérieuses s’engageront, Arafat devra s’effacer. Mais le jour où l’Etat de Palestine n’aura plus besoin de cet homme, symbole de sa lutte et de son exil, est peut-être encore lointain » [47] … Presque 10 ans plus tard, cette analyse et cette incertitude sont toujours d’actualité [48]  !

·       Arafat a d’ailleurs décrété des élections législatives (pour le 20 janvier 2003) et cédé devant le CLP (démission de son Gvt le 11/9) pour durer (apparaissant ainsi comme un véritable démocrate – ce qui est rare dans le monde arabe) [49] … Vient de recevoir le soutien de manifestations de masse en Pal. suite à l’investissement de la Muqata par Tsahal… Même de celui du Hamas ( !) [50] … Et continue à bénéficier d’un soutien international important, comme en témoigne les protestations internationales qui ont suivies le siège de la Muqata (Egypte, Arabie Saoudite, GB, Russie, France, Suède, Grèce, Turquie) [51] et le tout récent vote de la résolution 1435 du Conseil de sécurité…

·       Mais le Gvt is., y compris ses membres travaillistes (Ben Eleizer et Sh. Perès), veut absolument son départ (et continue à le traiter de caution du terrorisme pal. et de « criminel international ») [52] . C’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’investissement de la Muqata [53] . Et s’il ne l’obtient pas, il risque de ne pas autoriser des élections si proches (janvier 2003), qui tourneraient sans doute encore à l’avantage d’Arafat [54] . Une course contre la montre a été engagée avec l’investissement de la Muqata le 19 sept….. Arafat s’en sortira-t-il encore une fois ?

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Compléments : sur la mort de Yasser Arafat en novembre 2004, l'évolution de l'Autorité palestinienne et la crise politique du Fatah, les goupes radicaux, l'évolution politique en Israël, voir sur les Chroniques et les Fiches thématiques et de suivi concernées, ainsi que ma communication du 19 novembre 2004 intitulée "Bush 2 et l'après-Arafat : perspectives pour le Proche-Orient"...(accéder au plan détaillé)



[1] .  C’est en référence au lieu de départ de cette seconde intifada que ce mouvement est né ou en tout cas a pris cette appellation (« martyrs d’Al Aqsa »).

[2] .  Les Brigades Ezzedine Al Qassam ont cependant affirmé que cet homme était l’un de leurs membres.

[3] .  Processus qui associait le Hamas jusqu’à la mort d’un de ses chefs à Gaza, le 22/7/02. V. dans le Haaretz du 28/7/02.

[4] .  Il visait notamment (ainsi qu’un autre dirigeant, le Dr. Kamel Al Sharfy, de Jabaliya, député au CLP) le ministre de l’Intérieur Al Yahyah, qui a négocié avec Ben Eleizer et s’est récemment opposé à la poursuite de l’Intifada (cf. infra).

[5] .  Cf. F. Massoulié, Les conflits du Proche-Orient, Casterman-Giunti, 1993, p.103

[6] .   AFP du 19/9/02. Il a fait 5 morts (plus le kamikase) et 66 blessés. En représailles, Tsahal a d’ailleurs investi la bande de Gaza dans la nuit du 23 au 24 septembre, dynamité plusieurs maisons et tué Yassine Nassar, un activiste du Hamas (ainsi qu’un membre des Brigades des martyrs d’Al Aqsa). 7 pal. ont été tués au total lors de cette « incursion » (AFP du 24/9/02 à Gaza). Sharon avait annoncé dans la journée de lundi que Tsahal n’avait pas achevé sa mission dans la bande de Gaza, et que « le jour venu, nous devrons frapper le Hamas et le Jihad islamique » (idem). Le « jour venu » : cad après le départ d’Arafat … ? (ce qui expliquerait le relatif ménagement de ces groupes pourtant extrémistes par le Gvt d’Is. qui concentre ses accusations et son activité militaire sur Arafat dont le QG, centre de l’AP, a été cette année au moins pour la troisième fois encerclé - et même maintenant investi).

[7] .  Cf. Haaretz du 28/7/02 déjà cité, « L’art de liquider une initiative ». Ces négociations, menées par les Tanzim et les services secrets britanniques ainsi que l’équipe de Javier Solana (Haut commissaires européen aux Affaires extérieures et Représentant de l’UE au P.-O.), avaient séduits des membres du Hamas, et même le Cheikh Yassine semble-t-il, surtout après le plan de paix saoudien du printemps 2002 (ce pays est le principal financeur du Hamas).

[8] .   La Paix Maintenant révèle en juin 2002 que le Gvt Sharon a créé 44 nouveaux « avant-postes » (sites de colonie) en Cisjordanie depuis février 2001. Sous Netanyahou (1996- 1999), 42 sites avaient été  implantés. Sous Barak (1999-2001), aucun. Pourtant, la position de  Ben Eleizer, chef Parti travailliste et ministre de la Défense, est aujourd’hui plus ambiguë et hypocrite (Communiqué de La Paix Maintenant du 29 juin 2002)… Tout récemment, des dizaines d’avants-postes illégaux viennent de voir le jour sur les hauteurs de Cisjordanie…

[9] .  Cf. celui du 19/9/02 à Tel Aviv, où Tsahal attaque immédiatement le Q.G. de Ramallah à la mitrailleuse lourde…

[10] .   Il vient de s’opposer au siège de la Muqata dans un récent éditorial, ce qui a déclenché la colère de Benyamin Netanyahou (cf. Yediyot Aharonot du 26/6/02).

[11] .   Dans Haaretz du 7/9/02.

[12] .   Mouvement ancien : c’est à son initiative qu’une manifestation de masse (400.000 personnes) avait réclamé contre le massacre de Sabra et Chatila et contre Sharon et le Likoud en 1982…

[13] .   Editorial de la rédaction du journal du 22/9/02 : « Un siège sans rime ni raison ».

[14] .   Haaretz du 20/9/02, « Un pays tenu en laisse », par Yoel Marcus, qui estime que la participation (maintes fois remise en question par Sh. Perès ces derniers mois) des Travaillistes du Gvt d’Union nationale « fait pitié », puisque ce parti est conduit à soutenir « ce à quoi il adhère le moins ».

[15] .   Parue sur une page entière dans le quotidien Al Quds du 19 juin 2002.

[16] .   Le groupe de Nabil Amr s’est « allié » à celui de la « jeune garde » du Fatah (Djibril Radjoub) et à celui de Marwan Barghouti pour faire « tomber » le gvt formé par Arafat de juin 2002.

[17] .    Mais il est perçu comme un personnage manipulé par Mohammed Dahlan, proche d’Arafat (cf. infra).

[18] .   Boston Globe, 18/9/02.

[19] .  Au cours de l’année scolaire 2002-2003, ces programmes concerneront 60 établissements, 400 enseignants et plus de 4500 élèves des deux côtés.

[20] .   Cf. dans Haaretz du 13/6/02, où est citée une sélection de ces échanges « électroniques » 

[21] .   Encarts parus dans les quotidiens Haaretz, Al Quds et Al Ayyam le 8/8/02.

[22] .   Cf. dans Haaretz du 3/9/02

[23] .   Fondé par des survivants du ghetto de Varsovie en 1949.

[24] .   Cf. dans Haaretz du 6/7/02.

[25] .  On oublie souvent qu’il y a 300 à 400.000 visiteurs is. par an en Egypte, contre 30 à 40.000 dans l’autre sens, des centaines de sociétés égyptiennes sont implantées en Is., ainsi que des dizaines de milliers de travailleurs égyptiens, et dans l’autre sens des centaines d’investisseurs ou d’experts is. en Egypte. Quant à la Jordanie, elle est liée avec Is. par des « centaines de projets de coopération économique » (cf. Dr. M. Mosaad, « Un militantisme arabe pour la Paix », texte du 5/7/02, paru dans la revue de presse de La Paix Maintenant, et sur le site de l’auteur, http://www.mideastweb.org/arabpeace.htm.

[26] .  Enquête de juillet 2002 à l’initiative de Shalom Archav, menée par une commission d’universitaires sur 3200 foyers. Le mouvement pacifiste en a profité pour mettre sur pied une commission d’indemnisation pour tous les Colons qui accepteraient dès maintenant de se réinstaller à l’intérieur de la Ligne verte (frontières de 1967).

[27] .  Sondage publié dans Maariv du 13/9/02.

[28] .  Des alertes à la malnutrition des enfants pal. ont été lancées récemment par des ONG et des enquêtes pour l’US Aid, l’Agence américaine pour le développement international (Le Point du 16/8/02). A Gaza not., totalement bouclée, 1 enfant sur trois en souffrirait… Et il faut rajouter la souffrance « psychologique » liée aux bombardements, aux arrestations et à la présence militaire massive de Tsahal, et à la présence de centaines de photos représentants des victimes (not. femmes, enfants et vieillards) de Tsahal dans les médias pal. (voir not. D. Rubinstein dans Haaretz du 2/9/02).

[29] .   Cf. dans Haaretz du 28 juillet 2002, « L’art de liquider une initiative », par Hanah Kim.

[30] .   Dépêche AFP du 14/9/02.

[31] .   Jeanie Mamo, porte-parole de la Maison Blanche, déclare le 22/9 que cette opération « ne contribue pas à réduire le terrorisme ou à promouvoir les réformes palestiniennes »…

[32] .   V. Akiva Eldar, « Le meurtre parfait », dans Haaretz du 23/9/02.

[33] .   AFP du 24/9/02 (Yéhuda Lancry, représentant d’Is. à l’ONU).

[34] .   Ce dernier est partisan d’une séparation unilatérale « défensive » immédiate (cf. infra).

[35] .   Chiffres issus du sondage paru dans Maariv du 13/9/02 précité. Sharon bénéficierait d’une cote de popularité encore forte à 70% (Editorial de Elisabeth Shemla sur son site www. proche-orient.info du 23/9/02).

[36] .   Cf. not. le mouvement « Sortir en vainqueur » (Latzet begadol), animé par le député travailliste Haim Ramon, candidat au poste de Premier ministre, et celui du Likoud Michael Eitan, et des mouvements Colons. Mais la différence réside dans le fait que ces derniers ne veulent pas envisager le démantèlement des Colonies. Le mouvement est donc divisé sur les modalités de cette « séparation unilatérale »…  Deux partis ont officiellement intégré la séparation unilatérale dans leur programme pol. : Le Choix démocratique, de Roman Bronfman, et Shinoui de Yossef Lapid. (cf. Lili Galili, dans Haaretz du 17/6/02).

[37] .  Not. dans le cadre de la Coalition is.-pal. pour la Paix précitée, mais aussi de la seule initative palestinienne (cf. supra).

[38] .  Not. le Dr. Haydar Abl Al Shafi, de Gaza, membre démissionnaire du CLP et qui a réfusé d’entrer dans le Gvt d’Arafat ; Dr. Mustapha Barghouti, de Ramallah, l’ingénieur Ibrahim Dakkak (Jérusalem-Est), avec le soutien de l'universitaire et écrivain Edward Saïd (prof. à l’université Columbia à N.Y.) et de Hisham Sharabi.

[39] .  Promesse faite lors du sommet de Beyrouth en mars 2002.

[40] .   Qui maintiennent une « étreinte étouffante » sur lui  (Haaretz du 23/9/02)

[41] .   Le processus mené par les Tanzim et qui associait le Hamas ne semble pas avoir été porté à la connaissance de Arafat, même si l’un de ses proches, Mohammed Dahlan, en était informé (cf. Haaretz du 28/7/02, « L’art de liquider une initiative », loc.cit.).

[42] .  Mais le Hamas reste divisé en interne entre partisans de cette voie politique et ceux de la poursuite radicale de la lutte armée (ibid.).

[43] .   Al Quds Al Arabi (Londres), du 26/9.02.

[44] .  Accusations à Gaza contre Radjoub de collusion avec services secrets US et GB, après sa reddition à Beitounia face à Tsahal, ce qui fit prendre plusieurs hauts responsables du Hamas présents. Après une déclaration de Mohammed Rashid, conseiller d’Arafat et proche de Dahlan, un membre du cabinet d’Arafat proche de Dahlan, Hassan Asfour, a été gravement agressé en mai 2002. Dahlan, Rashid et Hasfour, originaires de Gaza, sont depuis qq mois les conseillers les plus proches d’Arafat, et sont en permanence à Ramallah… et semblent prendre progressivement le contrôle de l’AP. : mission secrète de Dahlan au Caire avec retour en compagnie du chef des services de renseignements égyptiens ; négociations sur la levée du siège de l’église de Béthléem menées par Hasfour sur demande d’Arafat, etc…

[45] .  Djibril Radjoub vient toutefois d’être remplacé par le général Zuhair Manasra, opposé aux attentats suicides et partisan de la résistance civile non violente (Boston Globe du 18/9/02).

[46] .  Sa mère provient d’une grande famille de Jérusalem (les Abou-Saoud), et son père d’une grande famille de Gaza.

[47] .  F. Massoulié, op.cit., p.103.

[48] .  E. Shemla (éditorial précité) proclame un peu vite la « mort politique » d’Arafat suite à la démission gouvernementale du 11 septembre…

[49] .  Et laisse se développer une certaine liberté de la presse, comme en témoigne les campagnes d’août de la coalition is-pal. pour la paix et l’article très critiques de Nabil Amr précité.

[50] .   Ce mouvement vient d’annoncer une intensification de l’intifada « en réponse à ce qui se passe à Ramallah », de même que les Brigades des martyrs d’Al Aqsa, qui ont promis de nouveaux attentats-suicides (AFP du 22/9/02) et qui viennent de menacer de mort tous ceux  (ce sont ici les réformateurs pal., et spéc. Nabil Amr, qui sont visés) qui songent à remplacer Arafat (Al Quds Al Arabi du 26/9/02).

[51] .   AFP du 22/9/02.

[52] .   Expression de Dany Naveh, ministre sans portefeuille du Gvt Sharon, membre du Likoud (AFP du 24/9/02).

[53] .   Le chantage is.  - exil d’Arafat ou livraison des pal. recherchés et accusés de terrorisme par Is. - vise à atteindre ce but dans les deux cas :  départ direct ou départ différé consécutif à une décrédibilisation et même une mise sur la touche d’Arafat du  fait de la « trahison » que serait la livraison des pal. recherchés à Tsahal. Sh. Perès avait déclaré le 22/9 : « nous voulons qu’Arafat nous montre qu’il peut contrôler la situation [ce qui est pratiquement impossible pour lui, en tout cas en ce moment], ou qu’émerge une nouvelle direction palestinienne » (AFP du 22/9/02).

[54] .   Cette analyse est cependant discutable, malgré les récentes menaces adressées à Nabil Amr et Abou Mazen. Un soutien international et is. à ces réformateurs pacifistes leur garantiraient sans doute le succès. Reste à savoir comment réagirait l’OP pal. Mais le Gvt is. semble ne pas vouloir prendre le risque qu’elle renouvelle son soutien au vieux leader pal…