Chronologie politique islamique
¤ v. 570 ap. JC : naissance du Prophète Muhammad (fils d'Abdullah, du clan des Hashim) à La Mecque (Makka).
¤ v.609-610 : Muhammad reçoit la première révélation du Coran (Qur'an = récitation de la parole divine), transmis par l'archange Gabriel (Gibril), et devient Prophète (nabi).
¤ 613 : le Prophète devient Messager (rasul), chargé de délivrer aux hommes le message coranique et de leur transmettre une nouvelle "loi" (à l'instar, selon le Coran, de Noé, Abraham, Moïse et Jésus).
¤ 622 : année de l'"Emigration" (hijra) du Prophète et des musulmans, persécutés à La Mecque, vers Yathrib, qui deviendra Médine (Madinat al Nabi). Début du calendrier islamique.
¤ 624 : bataille et victoire de Badr, entre Musulmans et Quoraychites de La Mecque.
¤ 625 : bataille et défaite de Ohod.
¤ 627 : bataille dite du Fossé.
¤ 628 : traité de paix de Hudaybiyya.
¤ 629 : bataille de Khaybar, puis prise (pacifique) de La Mecque par les Musulmans.
¤ 630 : bataille de Hunayn.
¤ 632 : mort du Prophète. Son ami fidèle et disciple Abou Bakr devient Calife, "lieutenant" ou "successeur" du Prophète (Khalifat al Nabi). Toute l'Arabie est islamisée. Abou Bakr fait procéder au premier recueil des sourates du Coran en un livre unique. 'Ali fait de même.
¤ 634-644 : califat de 'Umar ibn Al Kattab (Omar). Premières conquètes étrangères (Syrie, Perse, etc..)
¤ 637 : bataille et victoire (sur les Perses) de Qadissiyya, qui ouvre aux Musulmans les portes de l'Irak, puis de la Perse (Al Fars) et du Khorasan (646).
¤ 638 : les troupes du calife 'Umar prennent Jérusalem (Al Quds).
¤ 644-656 : califat de 'Uthman. Publication de la version officielle du Coran (652), qui restera jusqu'à nos jours la version de référence (la "vulgate uthmanienne").
¤ 656-661 : califat de 'Ali, cousin et genre du prophète (époux de Fatima). Révolte l'année suivante des partisans d'Aïsha, épouse préférée du Prophète, d'une part (bataille du Chameau), et de ceux du gouverneur de Syrie, Mu'awiyyah, d'autre part (bataille de Siffin). Apparition des Kharijites, qui rejettent ces trois partis et font sécession. La capitale du Califat d'Ali transférée à Koufa (Irak).
¤ 661 : assassinat de 'Ali par des Kharijites. Mu'awiyyah récupère le califat. Début de la dynastie Ommeyyade (du nom d'un aïeul de Mu'awiyyah). La capitale est transférée à Damas. Le califat va se transformer en monarchie héréditaire.
¤ 680 : mort de Husayn (Hussein), deuxième fils de 'Ali, à la bataille de Karbala (Irak), contre les troupes du fils de Mu'awiyyah, Yazid 1er. Débuts du chiisme (de shi'at 'Ali = Parti d'Ali), qui se caractérise par la fidélité à la descendance du Prophète, seule habilitée à diriger la communauté musulmane, tant sur le plan politique que religieux (notion d'Imamat). Différentiation donc d'avec les "sunnites", fidèles à la sunna, la tradition du Prophète, et ne réservant pas le califat à sa seule descendance. Cf. sur ces différences un article très clair d'Henri Tincq.
¤ 711 : l'Empire Ommeyyade s'étend de l'Afrique du Nord à l'Indus. Les Musulmans (Arabes et Berbères) passent le détroit de Gibraltar (Djebel al Tarik) et vont conquérir une grande partie de la péninsule Ibérique.
¤ 718 et 732 (ou 733) : les Musulmans stoppent leur avance en Europe (défaites devant Constantinople et à Poitiers).
¤ 750 : Révolte en Iran : une armée de cent mille hommes, commandée par Abu Muslim, écrase celle du calife Marwan, dont toute la famille est exécutée sauf Abd al Shams, qui s'enfuira et parviendra à fonder un emirat omeyyade indépendant en Andalousie (Cordoue, en 756). Avènement de la dynastie abbasside, car Abu Muslim intronise comme nouveau Calife un certain Al Saffah, descendant d'un demi-oncle et Compagnon du Prophète, Al-Abbas.
La capitale est transférée à Koufa (ou Hashimiyya), puis en 762 dans la ville nouvelle de Baghdad, construite sur la rive ouest du Tigre, sur les ordres du calife Al-Mansur, frère et successeur d'Al Saffah, par cent mille architectes, ingénieurs, artisans et ouvriers, et qui va devenir l'une des villes les plus célèbres du monde.
¤ 750-836 : apogée de la dynastie abbasside, avec particulièrement les célèbres califes Al Mansur (764-775), Harun Al Rashid (786-809) et Al Ma'mun (813-833), ainsi que leurs Vizirs (chefs du gouvernement impérial).
Epanouissement de la civilisation de l'Islam classique :
* Développement philosophique, théologique, juridique, mais aussi artistique, littéraire et scientifique, notamment en astronomie et en mathématiques, avec surtout la géométrie et l'algèbre (Al Jabr - fondée par Al Khuwarizmi au IXe siècle), qui se poursuit jusqu'au XIIIe siècle. Fondation d'une école de médecine (765) et d'une fabrique de papier (800) à Baghdad. Le Calife Ma'mun institue la "Maison de la sagesse", sorte de "CNRS" de l'Empire.
* Apparition des quatres grandes "écoles" religieuses-juridiques du sunnisme (madhâhib al-fiqh), avec l'imam Abou Hanifa (mort en 767) ; l'imam Malik ibn Anas (mort en 795) ; l'imam Al Shafi'i (mort en 820) et l'imam Ahmad ibn Hanbal (mort en 855). Ces quatres "écoles" existent toujours en droit musulman sunnite.
* Par contre, sur le plan politique, la tendance monarchique et despotique infligée au Califat par les Ommeyyades s'accentue : "Ombre de Dieu (Allah) sur la Terre", le Calife tend à ressembler aux monarques orientaux traditionnels. Un rideau le sépare de l'assistance, afin de souligner sa sacralité. Répressions régulières contre les Chiites (ou "Alides") et les Kharijistes (not. en Afrique du nord). Despotisme récurrent, successions souvent difficiles, marquées par des conflits fratricides (par ex. entre les deux fils d'Haroun), éliminations de dynasties de vizirs devenant trop puissants (Barmécides). Même si les premiers califes se montreront de grands et puissants monarques, le pouvoir politique abbasside restera d'ailleurs le point faible de la civilisation musulmane classique, et ne tardera pas à décliner (cf. infra).
¤ 756-1031 : dynastie Ommeyyade d'Espagne, fondée par le dernier survivant de la famille des anciens califes, Abd Al Shams (cf. supra), et non soumise au pouvoir abbasside : institution de l'émirat de Cordoue.
¤ 836 : début du déclin du pouvoir abbasside, notamment au profit de l'amir al umarra, sorte de Maire du Palais, et du chef des mercenaires Turcs (qui portera le titre de Sultan à partir de 843), qui deviennent de plus en plus puissants au sein de l'Etat impérial. Transfert de la capitale à Samarra par Al Mu'tasim (833-842), successeur de Al Ma'mun.
¤ 865 : Baghdad redevient la capitale de l'Empire abbasside.
¤ 868 : Ibn Touloun fonde une dynastie en Egypte, et construit au Caire la mosquée qui porte son nom.
¤ 878 : disparition mystérieuse de l'imam Mehdi, le "12e imam" et successeur du prophète Mahomet selon les Chiites (en tout cas les chiites majoritaires, dits "duodécimains"), pour lesquels le "retour" de cette figure emblématique marquera l'avènement de la Fin des temps et du Jugement dernier.
¤ 910 : les Fatimides chiites instaurent un Califat au Maghreb, concurrençant le califat abbasside de Baghdad.
¤ 929 : l'émirat de Cordoue est transformé en califat par Abd Al Rahman III.
¤ 945 : entrée des Iraniens Buyides à Baghdad. Le califat abbasside, dont le pouvoir politique était déjà réduit par l'apparition et la concurrence des califats rivaux Fatimide (910) et Ommeyyade (929), n'est plus qu'un titre honorifique.
¤ 969-970 : Les Fatimides conquièrent l'Egypte et fondent la ville nouvelle du Caire, dont ils font la capitale de leur califat, et la mosquée-université d'Al Azhar, qui existe toujours et est l'une des plus prestigieuses du monde musulman.
¤ 1055 : domination des Turcs Seldjoukides à Baghdad (Toghroul Beg). Le califat abbasside est maitenu, toutjours aussi honorifique, mais conservant un puissant potentiel symbolique. D'ailleurs les Seldjoudikes redonnent à Baghdad une partie de son ancien prestige et de son rayonnement politique.
¤ 1095-99 : Première Croisade, premier choc avec l'Occident conquérant. Fondation du royaume Franc de Jérusalem (1100) par le frère de Godefroy de Bouillon, Baudoin.
¤ 1169-71 : Saladin (Salah al Din Yusuf, d'origine Turco-Kurde) prend le pouvoir en Egypte (et le garde jusqu'en 1193). Al Adid, le dernier calife Fatimide, s'éteint à l'age de 20 ans. Sans s'arroger le titre de sultan (ce sont les chroniqueurs arabes qui le nommeront ainsi), Saladin se contente en effet du titre de "Malik" (roi). Unifiant l'Egypte et la Syrie (entre la mort du sultan Nour ed Din Mahmoud en 1174, et celle de son fils As-Saleh en 1181), il fonde la dynastie Ayyubide, qui va contrôler le Proche-Orient, le Hedjaz arabe (où se trouvent La Mecque et Médine), l'Afrique du nord et la Mésopotamie jusqu'au milieu du XIIIe siècle. Il restaure le sunnisme dans la région.
¤ 1175-1176 : Saladin échappe de peu à deux tentatives de meurtres perpétrées par des membres de la secte des Assassins, et assiège Massiaf, la plus redoutable de leurs forteresses en Syrie, avant de renoncer brusquement et de ménager par la suite la puissante confrérie.
¤ 1183 : déjà maître de Damas, Saladin entre à Alep. L'Egypte et la Syrie formant désormais un seul royaume, les Francs d'Orient sont entourés par un Etat puissant. Mais Saladin ne recherche pas l'affrontement à tout prix, et conclut une trève de 4 ans avec les Occidentaux (1185), trève qui ne sera néanmoins pas respectée par Guy de Lusignan et surtout Renaud de Châtillon, qui, aidés des templiers et des Hospitaliers, font pression sur Raymond de Tripoli, menacé d'excommunication, pour qu'il dénonce son alliance avec Saladin.
¤ 1187 : bataille de Hittin (près de Tibériade) : Saladin, champion de l'unité musulmane, et de la "Guerre sainte" (Jihad), vainc les Latins coalisés et s'empare de Jérusalem (sans combats, sans pillage et le jour même où les Musulmans fêtent le voyage nocture du Prophète à Jérusalem), ce qui provoque la Troisième Croisade (1189-1191), qui n'aboutit qu'à la prise de Chypre et Saint-Jean d'Acre (par les rois d'Angleterre et de France Philippe Auguste, en 1191). En 1192, un traité de paix (négocié avec Richad Coeur de lion) laisse aux Croisés une bande côtière, de Tyr à Jaffa, mais avec droit d'aller en pèlerinage à Jérusalem. Saladin, conserve la Syrie et la Palestine intérieures.
¤ 1193 : mort de Saladin. Son royaume est morcelé entre trois de ses fils, mais est reconstitué en 1202 par son frère cadet, Al-Adel, habile politique et bon administrateur, qui négocie la paix avec les "Francs".
¤ 1202-1204 : Quatrième croisade, qui s'arrête à Constantinople, pillée, et qui devient capitale de l'Empire latin (et non bysantin) d'Orient (jusqu'en 1261).
¤ 1217-1221 : Cinquième croisade : prise de Damiette en Egypte (1218-1219), mort du sultan Al-Adel au Caire. Son fils et successeur en Egypte, Al-Kamel, affaibli par des complots de succession, propose de céder Jérusalem aux Croisés. Ceux-ci refusent, mais leur armée s'embourbe dans les rives du Nil en crue, et ils négocient leur départ contre la restitution de Damiette.
¤ 1218 : début des incursions mongoles en terre d'Islam, avec poussée jusqu'à l'Iran. La mort de Gengis Khan met fin provisoirement à la menace. Mais les Turcs Khawarazmiens, chassés par les conquêtes mongoles, vont s'attaquer aux dynasties Seldjoukides.
¤ 1228-1229 : Sixième Croisade. Le sultan Al Kamel cède sans combats à Frédéric II de Hohenstaufen Jérusalem pour dix ans. L'Empereur germanique ne cache pas son admiration pour la civilisation musulmane, est entouré de conseillers Arabes, et devient l'allié d'Al Kamel, qui se rend maître de la Syrie (laissée par son père Al-Adel à son frère cadet Al Maozzam et passée à son fils An-Nasser en 1227).
¤ 1239 : A l'issue de la trève de dix ans, et après la mort d'Al-Kamel (1238), An-Nasser reprend Jérusalem, mais ne l'occupe pas (et la proposera même quelques années plus tard aux Francs, en 1243).
¤ 1244 : Jérusalem est prise par une armée Turque Khawarazmienne, qui est néanmoins écrasée quelques mois plus tard par une coalition de princes ayyubides.
¤ 1248-1250 : Septième Croisade, vainement empêchée par l'empereur Frédéric II, dirigée par Louis IX (qui tente de s'allier aux Mongols), aboutit à la prise de Damiette, descend vers Le Caire, alors que le sultan Ayyoub, fils d'Al-Kamel, qui s'était porté à sa rencontre, décède de la tuberculose. Les Croisés prennent Mansourah, mais y sont battus le même jours par les redoutables esclaves-soldats Mamelouks. Louis IX, fait prisonnier, négocie son retrait d'Egypte avec le fils et successeur d'Ayyoub, Touranshah, pour un million de dinars.
¤ 1250 : quelques semaines plus tard, la caste militaire des Turcs Mamelouks, notamment conduite par un brillant officier, Baïbars, et mécontente d'être écartée des postes de dirigeants malgré sa victoire sur les Francs, prend le pouvoir en Egypte en assassinant Touranshah. Elle place à la tête du sultanat une femme, Chajarat ad Dorr ("l'Arbre aux joyaux"), l'épouse préférée du défunt sultant Ayyoub, d'origine servile et arménienne, qui règne quelque temps mais épouse un chef mamelouk, Aïbek, et lui confère le titre de Sultan.
¤ 1251 : la menace Franque s'écarte, le péril mongol s'annonce : après des années de querelles successorales, les armées tatars sont à nouveau réunies sous l'autorité de trois frères, petits-fils de Gengis Khan : Mongka, qui règne en souverain sur tout l'Empire à Karakorum (en Mongolie) ; Koubilaï, qui règne à Pékin, et Houlagou, installé en Perse, et qui s'apprête à conquérir l'Irak avec d'innombrables cavaliers.
¤ 1258 : prise et saccage de Baghdad par les Mongols de Houlagou Khan. Des dizaines de milliers d'habitants sont massacrés, dont le 37e calife abbasside Al Musta'sim, ce qui provoque une profonde commotion dans l'ensemble du monde arabo-turco-musulman. Sentiment d'écroulement de l'Islam, d'apocalypse civilisationnel et religieux. Mais le redressement mamelouk va intervenir promptement : les sultans Quoutouz puis Baybars vont stopper les Mongols (qui vont s'islamiser et s'implanter définitivement en Perse) et casser la puissance des dernières seigneuries Franques d'Orient (cf. infra).
¤ 1260 : le Mamelouk Baybars prend le pouvoir, et fait du dernier descendant des califes abbassides, qui s'était refugié auprès de lui après la chute de Baghdad, le nouveau Calife. Il restaure le Califat (période dite du Califat abbasside d'Egypte), mais toujours seulement dans sa dimension honorifique et spirituelle. Cet acte éminemment symbolique contribue au prestige de la dynastie des sultans mamelouks d'Egypte, qui règne souverainement sur la Syrie et le Hedjaz jusqu'au XVIe siècle (cf. infra).
¤ 1268 : les troupes de Baybars prennent Antioche en 4 jours, alors que la cité avait résisté à toutes les attaques depuis 170 ans !
¤ 1270 : la Huitième Croisade, conduite à nouveau par Louis IX (qui décède), échoue devant Tunis.
¤ 1271 : Baybars s'empare du "Krak des chevaliers" (Hosn Al Akrad), la plus puissante forteresse franque de la région. Dans les années qui suivent et jusqu'à sa mort (1277), il repousse toutes les tentatives d'incursion franques et surtout mongoles (menées par Abaga, fils et successeur de Houlagou) en Syrie. Mais Baybars accorde une trève aux derniers Francs d'Orient (domaines d'Acre, Haïfa, Saïda, Tyr et Beyrouth).
¤ 1283 : la trève est prolongée par le nouveau sultan Mamelouk, Qalaoun, mais ne s'applique pas à Tripoli, ni aux Hospitaliers, qui se sont alliés avec les Mongols : leur forteresse de Marqab est prise en 1285. Tripoli tombera en 1289, après 180 ans de domination Franque.
¤ 1285-1291 : le mongol Arghun, fils d'Abaga, propose au Pape catholique et au roi de France Philippe IV Le Bel une alliance contre les Mamelouks, afin de prendre leur royaume en tenaille, par l'est et l'ouest.
¤ 1291 : Prise d'Acre par le Sultan Mamelouk d'Egypte Khalil, fils de Qalaoun, le même jour et la même heure que les Francs avaient conquis la ville cent ans auparavant. La cité est entièrement rasée. Les Croisés quittent leurs dernières cités (Saïda, Beyrouth, Tyr). Fin des Etats Francs (ou "Croisés") du Proche-Orient.
C'est la fin du premier choc "colonial" avec l'Occident... Mais la rhéthorique du Jihad, de la guerre de libération contre les envahisseurs Croisés restera profondément ancrée dans la mentalité orientale, et rejaillira d'ailleurs brutalement lors du second choc colonial avec l'Occident, aux XIXe siècle, puis prospèrera au XXe siècle (notamment chez Nasser), et jusqu'aux années 1990, particulièrement avec le discours d'Oussama Ben Laden, reprenant la même discours que Saladin...avant que Saddam Hussein ne lui emboîte le pas !
¤ 1299 : début de la dynastie turque Ottomane.
¤ 1393 : Baghdad est à nouveau prise et pillée par les Mongols de Timur Lang.
¤ 1458 : les Turcs Ottomans, dirigés par le sultan Mehmed II, prennent Constantinople, rebaptisée Istambul.
¤ 1492 : chute de Grenade, dernier émirat de l'Andalousie musulmane.
¤ 1517 : le Sultan ottoman Selim 1er conquiert l'Egypte, et enmène le calife abbaside d'Egypte (Al Mutawwakill III ou Al Mustamsik Billah) prisonnier à Istanbul. Selon certaines traditions, il se serait fait céder ce titre par son prisonnier et se serait autoproclamé "Calife des Croyants".
¤ XVIe-XXe siècles: l'Empire Ottoman s'étend du Maghreb à la Perse, y compris l'Arabie du Hedjaz (dont La Mecque et Médine). Apogée sous Soliman (Süleyman 1er) dit le Magnifique ou "Le Législateur" (Al Kanunî) (1520-1566), qui conquiert la Hongrie et met le siège devant Vienne (1529).
¤ 1543 : Süleyman 1er permet au calife abbasside de revenir en Egypte, sans son titre bien entendu... La lignée califale abbasside tombe dès lors dans l'oubli... au profit des sultans ottomans, au faîte de leur puissance (cf. infra).
¤ XVIIIe-XIXe siècle : les Arabes de la tribu Ibn Saoud, hanbalites wahhabites du Nedj, combattent la puissance ottomane et tentent de s'en libérer (ils y parviennent en 1902). Les sultans ottomans portent le titre de Calife (et s'octroient ses pouvoirs) à partir de la fin du XVIIIe siècle (sous Abdul Hamid 1er, 1774-1789).
¤ 1805-1848 : règne de Mehmet (Mohammed) Ali en
Egypte, qui se fait garantir son domaine par le Calife ottoman. Il engage ce
pays dans un profond processus de modernisation. Il lance notamment la première
imprimerie et le premier journal imprimé en pays musulman (1828). Conquête
de la Crète, de l’Arabie et du Soudan (fondation de Khartoum),
puis, en 1832, de la Syrie et de la Palestine par son fils, Ibrahim
Pacha. Mais une intervention britannique chasse Mehmet Ali de Syrie
en 1841.
¤ 1860 : Révolte des Druzes au Liban
et intervention française.
¤ 1876 : l'opposition libérale obtient l'abdiquation du sultan ottoman AbdulAziz. Mais l'endettement de l'Empire et l'ingérence occidentale se poursuivent sous son successeur, Abdulhamid II. Ce dernier réactive cependant son titre de Calife, lors de sa politique panislamique de lutte contre l'influence occidentale.
¤ 1908 : les "Jeunes Turcs" prennent le pouvoir. Ils contraignent le sultan AbdulHamid II à restaurer la constitution, puis à abdiquer (1909). Début de l'ascension politique de Mustapha Kémal
¤ 1913 : Réunion à Paris d’un Congrès Arabe réclamant l’union de tous les Arabes contre la tyrannie turque. Développement du nationalisme arabe, tant vis-à-vis des Turcs que des occidentaux colonialistes
¤ 1915 : un corps expéditionnaire britannique débarque au Chatt Al Arab et remonte la Mésopotamie, puis la conquiert sur les Ottomans. Début de la domination britannique sur l'Irak (cf. infra et ma chronologie sur l'Irak).
¤ 1916-1917 : le chérif de La Mecque Husayn ibn 'Ali, représentant de la dynastie hachémite, descendants du clan du Prophète Muhammad (cf. supra) et chérifs de La Mecque depuis le Xe siècle, se révolte avec le soutien des Britanniques contre la puissance ottomane. Il publie un Manifeste en dix points (en juin 1916) contestant la suprématie religieuse du sultan-calife ottoman sur les Lieux saints. Cette révolte porte un coup très dur à l'Empire ottoman, alors en pleine guerre. Husayn devient "roi du Hedjaz" en 1917.
¤ 1918 : Fin de la Première guerre mondiale. L'Empire ottoman s'effondre ; les Alliés débarquent en Turquie. Au Proche-Orient, l'émir Fayçal, fils et représentant du roi Husayn du Hedjaz, entre à Damas, la tête des troupes arabes et aux côtés des Britanniques (1er octobre).
¤ 1920 : Le Traité de Sèvres (1920) impose à l'Empire ottoman des conditions écrasantes et humiliantes. L'émir Fayçal se fait proclamer roi de Syrie-Palestine et Transjordanie par le Congrès Syrien. Mais la puissance coloniale française, forte des accords Sykes-Picot (1916) et de la Conférence de San-Remo (mai), occupe Damas (juillet) et contraint Fayçal à un exil humiliant (août). Montée de l'amertume contre l'Occident dans le monde arabe, surtout après la découverte, en 1919, de la Déclaration Balfour (1917) sur l'instauration d'un "Foyer national juif" en Palestine, confirmée par la conférence de San-Remo.
¤ 1921 : Fayçal est placé par la puissance britannique sur le trône d'Irak (royaume qui reste sous mandat Britannique jusqu'en 1930). Son frère Abdallah est fait roi de Transjordanie (émirat placé sous protectorat britannique l'année suivante, érigé en royaume en 1946, puis en royaume de Jordanie à partir de 1949, dont les souverains sont depuis de même lignée, et donc d'ascendance hachémite). Cette "éviction" des héritiers Hachémites du Hedjaz permettra à Abd al Aziz ibn Saoud (cf. infra) d'étendre son royaume du Nadj à celui du Hedjaz après avoir évincé Husayn.
¤ 1922 : le Sultanat, et le Califat dans sa dimension "politique", sont abolis par la Grand Assemblée nationale turque. Instauration d'une monarchie constitutionnelle en Egypte, avec le roi Fouad 1er (qui règne sous la domination britannique jusqu'en 1936, date de l'indépendance officielle de l'Egypte).
¤ 1923 : la République Turque est proclamée.
¤ 1924 : le Califat (réduit depuis 1922 aux affaires spirituelles) est aboli. L'Assemblée nationale turque en assume les prérogatives (de même que celle du sultanat). Fin du royaume hachémite du Hedjaz (1917-1924) (cf. infra).
¤ 1926-1932 : Création avec l'appui Britannique du royaume d'Arabie Saoudite, qui comprend les Lieux saints (et l'éphémère royaume) du Hedjaz, conquis par Abd al Aziz III ibn Saoud, qui évince le roi Husayn (ce dernier s'exile dès 1924 en Transjordanie, et y décède en 1931).
(à suivre et à compléter...)