Conflit israëlo-palestinien. Suite de la Chronique débutée en sept 2002, et mensuelle depuis janvier 2003.
Chronique juillet 2003
¤ 1er juillet : nouvelle rencontre Sharon-Abbas à Jérusalem (au siège de la Présidence du Conseil, lieu symbolique), jugée "très positive" des deux côtés. Quatre commissions chargées d'appliquer la feuille de route et de règler les contentieux ont été constituées. Le Premier ministre is. envisage la libération des prisonniers "administratifs" pal., mais refuse de rendre sa liberté de mouvement à Y. Arafat, toujours cerné par les chars de Tsahal dans son Q.G. de Ramallah (la muqata). M. Abbas prédit un retrait de l'armée is. vers les limites d'avant sept 2000 d'ici un mois et demi.
Par ailleurs, un Pal. a été tué alors qu'il s'attaquait à un barrage is. en Cisjordanie. D'autre part les visites touristiques ont repris sur l'esplanade des Mosquées (le Mont du Temple pour les Is.), ce qui a suscité de violentes critiques du côté pal. (c'est sur ce lieu, après une visite de A. Sharon, que débuta la "seconde intifada" en sept 2000).
Aux Etats-Unis, il semble que la CIA envisage une aide de 300 millions de dollars à l'AP.
¤ 2 juillet : Le retrait prévu par Tsahal de la ville de Béthléem a bien eu lieu. Les forces de sécurité palestiniennes, absentes depuis novembre 2002, sont revenues dans l'après-midi prendre position. Mais l'armée is., prudente et méfiante, continue à encercler la région...
¤ 3 juillet : Les Brigades des Martyrs d'Al Aqsa ont menacé de rompre la trève (hudna) de trois mois proclamée par les principales organisations palestiniennes et à laquelle elles se sont ralliées lundi 30 juin, suite à la mort d'un de leur membre dans un accrochage nocturne avec l'armée is. dans la zone de Kalkilya (nord de la Cisjordanie). Dans la matinée, Tsahal à de nouveau établit des barrages sur un axe routier principal de la Bande de Gaza, suite à des tirs de roquettes sur le territoire is., tirs qualifiés d'actes de sabotage (de la Trève et de la Feuille de route) par Mahmoud Abbas. Ces barrages ont occassionnés des heurts entre soldats is. et Pal. qui ont fait trois blessés parmi eux. Enfin, 8 détenus "administratifs" pal. auraient été libérés, de même qu'un chef de la police de la bande de Gaza détenu par l'armée is. depuis mai dernier. (cf. supra le 1er juillet sur cette question).
¤ Vendredi 4 juillet : Les services de sécurité pal. ont arrêté la veille 4 auteurs présumés de tirs de roquettes contre une colonie is. dans la sud de la Bande de Gaza ; et 7 autres personnes ce jour, également accusées d'avoir enfreint la trève (hudna) en tirant des roquettes contre la ville is. de Sdérot. Une centaine de leurs partisans ont manifesté, tirant en l'air et exigeant leur libération immédiate. D'autre part, Jamal Abou Samhadana, le chef des "Comités de la résistance populaire", qui regroupent divers groupes activistes (y compris les branches armées des principaux mouvement radicaux pal., dont toutes les cellules locales n'obéissent pas pas forcément aux directives de leur Centre, et encore moins de leur direction "politique" - ceci étant particulièrement vrai pour les brigades des Martyrs d'Al Aqsa, qui s'arrogent une large autonomie vis-à-vis de leur mouvement d'origine, le Fatah - cf. supra le 30 juin notamment), a conditionné son respect de la trève à la libération d'activistes arrêtés et detenus par Is. Mais de son côté, Tsahal a arrêté 12 pal. activistes du Fatah recherchés en Cisjordanie...
¤ Samedi 5 juillet : 7e jours de trève... qui reste sanglant : un Pal. a en effet été tué et un autre blessé par l'explosion d'une charge explosive abandonnée par l'armée is. à Khan Younès (sud de la B. de Gaza).
¤ 6 juillet : Nouvelle rencontre Mofaz-Dahlan, qualifiée de "positive" par la ministre is. des Affaires étrangères, alors que le Cabinet Sharon à donné son feu vert, malgré l'hostilité des ministres d'extrème-droite, au principe d'une libération de 350 détenus pal. à partir d'une sélection établie par le Shin Beth (services secrets intérieurs). La plupart des divers mouvements pal. ont pris acte de ce "pas dans la bonne direction", mais ont réclamé des libérations sur une plus grand échelle. 3000 mille personnes ont manifesté à Gaza en ce sens. De leur côté, les "Comités de la résistance populaire" ont déclaré se rallier à la trève, aux mêmes conditions que celles que le Hamas, le Jihad islamique, et les Brigades des martyrs d'Al Aqsa avaient posé : cessation des raids is. ; gel de la colonisation ; libération de tous les prisonniers pal., ainsi que la levée du siège de la Mukata, le siège de Y. Arafat à Ramallah...
¤ 7 juillet : Deux rencontres is.-pal. se sont tenues ce jour : l'une entre Yossef (dit Tommy) Lapid et AbdelKrim Abou Salah, les ministres de la Justice des deux gvts ; l'autre entre Sylvan Shalom et Nabil Amr. La première rencontre, à laquelle assistait également le ministre pal. chargé des prisonniers pal., Hisham Abdel Razzaq, a évoqué le problème des libérations de prisonniers pal., que l'AP souhaiterait plus massives, afin d'imposer sa légitimité face aux organisations radicales ; la deuxième rencontre s'est tenue dans le cadre de la Commission (l'une des quatre instituées lors de la rencontre Sharon-Abbas le 1er juillet dernier - cf. supra) chargée de lutter contre l'incitation à la violence des deux côtés.
Cependant, sur le terrain, un chef local du Jihad islamique a été capturé à Jénine, de même que la mère d'un activiste des Brigades des martyrs d'Al Aqsa. Du coup, l'un des principaux dirigeants de ce mouvement, Mohammed Al Hindi, dénonce une "violation de la trève" par Is.
Mais le ministre is. du tourisme (Benny Elon, ex.-dte), a affirmé à la radio que "les organisations terroristes n'ont autoproclamé la trève que pour s'épargner d'être démantelées conformément aux dispositions de la Feuille de route", déclaration qui confirme la radicale hostilité des mouvements nationalistes is. au processus actuel de trève. Selon les services du renseignement militaire is., en effet, les Brigades Ezzedine Al Qassam mettraient à profit la trève pour augmenter la production de roquettes artisanales... Néanmoins, tous les médias is. s'accordent à reconnaître une baisse considérables du nombre des alertes relatives à des attentats anti-is., passés de 58 par jour en moyenne à 28 par jour avant la trève...
¤ 8 juillet : nouvel attentat-suicide contre une maison is. au nord de Tel Aviv (Kfar Yabetz) : une is. tuée. Revendiquée par une cellule locale du Jihad islamique, qui reproche à Is. la non-libération de tous les prisonniers pal. Mais la direction générale du mouvement, par la voix de Mohammed Al Hindi, se dit toujours liée par la Trève. Mais de son côté, Shaoul Mofaz (ministre is. de la Défense) a affirmé que Is. "poursuit son action" contre les infrastructures du Jihad islamique, tout en restant "déterminé à poursuivre la processus de paix". Confronté à des critiques internes au Fatah, M. Abbas annule la rencontre qu'il devait avoir avec A. Sharon le lendemain.
¤ 9 juillet : M. Abbas a mis sa démission en balance la veille face aux critiques internes au Fatah, lui reprochant trop de concessions à Is. sans contrepartie tangibles, notamment sur la question de la libération des prisonniers pal. D'ailleurs, John Wolf, de retour, demande au gvt is. de libérer davantage de prisonniers afin de renforcer la position du gvt Abbas dans l'opinion pal. D'autre part, alors qu'une délégation égyptienne est arrivée dans la région pour préserver la Trève, menacée par des violences de ces derniers jours, le Hamas et le Jihad islamique réaffirment leur respect de la Trève, mais déclarent "s'impatienter" (cf. le rappel de leurs conditions supra le 6 juillet)... Précisément, un activiste du Fatah a été tué, et sa femme grièvement blessée, par des tirs de soldats is. venus procéder à une arrestation en Cisjordanie..
¤ 10 juillet : nouvelle rencontre Dahlan-Mofaz. Peu après, A. Sharon déclarait publiquement à Jérusalem : "notre vraie victoire (sur le terrorisme), ce sera la paix". Mais pendant la rencontre, Tsahal a annoncé avoir neutralisé deux commandos armés pal. s'étant inflitré dans le sud d'Is. Du côté pal., Nabil Chaath a annoncé que M. Abbas avait été conforté dans son poste de Premier ministre et que l'incident de la veille était oublié au sein du Fatah et de l'AP. L'émissaire des Etats-Unis, John Wolf, a demandé quant à lui au gvt is. de démanteler 7 barrages routiers militaires is. en Cisjordanie, jugeant qu'ils n'étaient pas essentiels à la sécurité de l'Etat d'Is.
¤ Samedi 12 juillet : Is. accentue brusquement sa pression sur Yasser Arafat, accusé de saboter les efforts de son Premier ministre M. Abbas, avec lequel en effet une nouvelle crise semble avoir éclaté le 8 juillet dernier (une délégation égyptienne est à nouveau arrivée dans la région pour tenter de dénouer les tensions internes au Fatah). Des diplomates is. envisagent son arrestation et son expulsion des Territoires pal. Mais le Président de l'AP se défend contre les accusations is., et contre-attaque en affirmant que A. Sharon tente de semer la division dans le camp pal. pour ne pas avoir à appliquer les obligations d'Is. contenues dans la Feuille de route. De son côté, le gvt syrien annonce qu'il est prêt à reprendre les pourparlers de paix définitive avec Is. menés sous l'égide des Etats-Unis mais qui s'étaient interrompus en 2000 à cause d'un différent sur le statut du plateau du Golan, conquis en 1967.
¤ 13 juillet : le Hamas et le Jihad islamique, dans un communiqué conjoint, ont menacé l'A.P. de rompre la trève si cette dernière tente de les désarmer. De son côté, le gvt is. se s'estime pas "engagé" par cette trève et continue à exiger, de même que les Etats-Unis, non seulement le désarmement mais le démantèlement complets des groupes radicaux pal. A. Sharon en visite en Europe, presse l'U.E. de boycotter le Président de l'A.P., alors que Sylvan Shalom qualifié les rapports actuels entre l'U.E. et l'Etat d'Is. de "lune de miel"... Mais cela n'a pas empêché Igor Ivanov de venir rendre visite à Yasser Arafat dans son Q.G. de Ramallah.
¤ 14 juillet : Londres a opposé un refus à la demande de boycott de Y. Arafat par A. Sharon, notamment au motif qu'il s'agit d'un président "démocratiquement élu". Un membre de la délégation is. a de son côté affirmé que le gvt is. ne cèdera ni sur la question des prisonniers pal. (dont 350 seulement sur 6000 sont jugés "libérables"), ni sur celle de la "clotûre de sécurité", dont la construction, jugée vitale pour la sécurité de l'Etat d'Is., sera poursuivie. Cf. dans le dossier "Repères" sur cette question.
Dans les territoires pal., un responsable de l'AP a affirmé que Y. Arafat et M. Abbas ont "définitivement réglé leur différent" sur les négociations avec Is. (cf. supra le 9 juillet)
¤ 15 juillet : A. Sharon déclare devant des membres de la communauté juive en G.B. que le Hamas est le pire ennemi d'Is. faisant référence non seulement aux activités "militaires" de ce mouvement (et de sa branche armée les Brigades Ezzedine Al Qassam), mais à sa popularité, spécialement dans la bande de Gaza, en raison de la mise en place d'un solide réseau de services sociaux et médicaux au profit de la population. Le Premier ministre is. invite les pays de l'U.E. à mettre sur pied un réseau similaire en Palestine afin de saper la popularité du mouvement radical palestinien...
La Syrie aurait retiré quelques troupes de différentes localités au Liban, dont Baalbek, exécutant ainsi des obligations qu'elle avait contracté lors de l'accord de Taïf en 1989, et qui devaient entrer en vigueur dès 1992. Signe d'une volonté de reprise des négociations de paix avec l'Etat d'Is. (cf. supra le 12 juillet), mais le ministre is. des Affaires étrangères a déclaré (le 18 juillet) que les conditions préalables que la Syrie pose à cette reprise son "inacceptables".
¤ 16 juillet : malgré le maintien et même le durcissement récent de son boycott par Is., soutenu par les E.U., le président de l'AP a donné son feu vert à M. Abbas pour se rendre à Washington, où un communiqué officiel à fait part de la "hâte" avec laquelle le Premier ministre pal. était attendu là-bas. Le Gvt is. a par ailleurs expulsé par erreur un militant pacifiste iralandais qu'elle avait pris pour un ancien activiste de l'IRA spécialiste en explosifs.
¤ 17 juillet : la Fédération internationale des droits de l'homme demande à l'U.E. de suspendre son accord de coopération avec l'Etat d'Is. en raison des arrestations et détentions arbitraires et sans jugement effectués sur les Pal., et même dénonçant des cas de torture.
¤ Vendredi 18 juillet : alors qu'une nouvelle rencontre Sharon-Abbas est annoncée pour les prochains jours, avant leur départ respectif pour Washington, devant le Congrès des E.U., T. Blair a estimé qu'une victoire totale contre le terrorisme n'est pas possible sans une paix entre Israéliens et Palestiniens. "C'est là que le poison (du terrorisme) incube", a-t-il affirmé. Par ailleurs, de vives tensions opposeraient les membres du Fatah aux activistes du Hamas et du Jihad islamique, violemment opposés à toute paix avec Is., dans le camp de réfugiés de Ain el Eloué au sud Liban.
¤ Samedi 19 juillet : le gouverneur de Jénine, accusé de corruption et de collaboration avec Is., a été enlevé par une cellule locale des Brigades des martyrs d'Al Aqsa (dirigée par Zacharia Moussaoui), puis relâché sur l'intervention personnelle de Y. Arafat, qui a montré ainsi toute l'autorité dont il jouit encore dans la région. Lors d'un reportage diffusé par TF1, le jeune chef local déclare qu'il ne cessera le combat que lorsque le Président de l'AP le lui ordonnera personnellement, mais seulement une fois son Q.G. de Ramallah libéré...
¤ 20 juillet : nouvelle rencontre Sharon-Abbas
(à Jérusalem), jugée à la fois "tendue"
et "utile" par le ministre pal. de l'Information, Nabil Amr, notamment
en ce qui concerne les perspectives de libération des prisonniers pal.
Mais le Premier ministre pal. a exigé la levée du blocu du Q.G.
de Y. Arafat à Ramallah. Le président pal. a d'ailleurs
signé un décret interdisant "l'incitation à
la violence" et "la violation des accords conclus par l'Organisation
de libération de la Palestine" (OLP), décret semblable à
celui signé en 1998 par le président palestinien, avant le déclenchement
de l'Intifada en septembre 2000 et l'effondrement du processus de paix, et conforme
à la Feuille de route,
qui stipule un arrêt "des violences, du terrorisme et de l'incitation"
à la violence. De son côté, A. Sharon continue d'exiger
le "démantèlement et le désarmement des organisations
terroristes" par les services de sécurité palestiniens, tout
en relevant "des efforts réels (de l'Autorité palestinienne)
pour lutter contre la violence et l'incitation à la violence", selon
la radio publique israélienne.
Mort d'un activiste pal., Rami Houbeizi, membre des Brigades al-Qods,
branche armée du mouvement radical Jihad islamique, lors d'un accrochage
avec les soldats is. à l'est de la ville de Jénine.
¤ 21 juillet : M. Abbas, de passage au Caire avant de s'envoler à Amman puis à Washington, a réitéré sa demande de libération de "tous les prisonniers" pal. à Is. "Nous allons montrer aux Américains ce qui se passe et comment le processus de paix se retrouve gelé (du fait d'Israël)", a déclaré à l'AFP le président du Conseil législatif (Parlement) Ahmed Qoreï qui doit accompagner M. Abbas à Washington. Selon lui, Israël a "mis des conditions inacceptables" à la mise en oeuvre de la Feuille de route, le plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005. Les Pal. n'ont en effet obtenu ni libération en masse de prisonniers, ni levée du siège du Président Y. Arafat, ni celle du blocus des localités palestiniennes, ni un calendrier de retrait de l'armée israélienne de zones réoccupées... Le Hamas et le Jihad islamique, responsables de la plupart des attentats anti-israéliens, et dont le Gvt is. ne veut libérer aucun prisonniers issus de leurs rangs, ont prévenu qu'en un tel cas ils mettraient fin à la trêve.
¤ 22 juillet : Une rencontre sur la question des prisonniers
entre le chef du Shin Beth (service israélien de sécurité
intérieure) Avi Dichter et le ministre palestinien en charge des
prisonniers, Hicham Abdel Razeq s'est soldée par un échec,
a indiqué ce dernier à l'AFP. "La rencontre n'a donné
aucun résultat, du fait notamment que la partie israélienne a
refusé de discuter avec nous de liste des libérables", a
précisé le ministre après une entrevue de plusieurs heures,
au barrage d'Erez, à l'entrée de la bande de Gaza. Il a estimé
que dans ces conditions, une "nouvelle rencontre était inutile",
mettant en garde contre les "conséquences politiques" de cet
échec.
* Par ailleurs, le dossier des colonies sauvages, semble, par contre, avancer quelque peu : A. Sharon a réaffirmé son intention de démanteler les colonies sauvages en assurant devant la Knesset que son gouvernement "aura l'autorité nécessaire" pour démanteler les "colonies non autorisées". "D'un côté, la question des colonies non autorisées est une question israélienne interne, mais de l'autre, c'est une question internationale très sensible", a-t-il reconnu. Le Premier ministre is. s'était engagé le 4 juin, lors du sommet d'Aqaba (Jordanie) (cf. dans la Chronique de juin) en présence du président américain George W. Bush, à évacuer les colonies sauvages. Mais depuis, seulement huit d'entre elles, dont une seule habitée, ont été démantelées alors que les colons créaient une dizaine de nouveaux points de peuplement sauvages. Selon la presse israélienne, l'émissaire américain John Wolf se serait plaint de cette situation et demandé qu'Israël accélère le démantèlement de ces colonies. Le ministre de l'Intérieur israélien, Avraham Poraz, a pour sa part annoncé mardi la suppression des avantages budgétaires dont bénéficiaient les colonies de Cisjordanie et de la bande de Gaza. De plus, selon un sondage, 90% des colons is. seraient prêts à partir si le Gvt le leur demandait. La résistance farouche n'est donc que l'apanage des extrêmistes, proches des ultra-orthodoxes (qui ne représentent pourtant que 10% de la société is.) et de l'extrême-droite is. (cf. liens à venir avec les dossiers "Colonisation israëlienne" et "Faucons et extrémistes" dans la page "Repères")... De plus, 71% des sondés estiment qu'un accord avec les Pal. devra finalement être trouvé. (Accéder au détail du sondage) Une lueur d'espoir pour la Feuille de route et plus généralement pour le retour définitif de la paix dans la région...
¤ 23 juillet : Alors que l'ensemble des médias pal. ont récemment diminué, sur ordre du gvt de M. Abbas, leurs messages anti-is., la télévision pal. a commencé diffusé son premier clip pacifiste, trois fois par jour, sous-titré en hébreu... On y voit des enfants chanter pour la paix... Encore une lueur d'espoir...
¤ 24 juillet : A Washington, Sylvan Shalom, devançant
les points de friction que ne va pas manquer de lever M. Abbas attendu
dans la capitale fédérale le lendemain, a posé à
C. Powell une fin de non-recevoir à la question d'une libération
plus massive des prisonniers pal. et celle d'un gel de la construction
de la "Clotûre de sécurité" (cf. dans la
page "Repères"
à son propos).
* Mais
voici encore une note d'espoir : Mohamed
Dahlan, ministre palestinien chargé de la sécurité,
sera l'invité d'honneur à Tel-Aviv de la Convention annuelle du Centre israélien
du Management , le rendez-vous annuel des principaux décideurs
économiques et politiques d'Israël, qui se tiendra en septembre prochain. "
les derniers développements politiques créent de réelles occasions pour le monde
des affaires et il est temps de reparler du nouveau Moyen-Orient ", aexpliqué
son président, en annonçant que M. Dahlan prononcera un discours
sur " la coopération régionale dans le cadre des nouveaux accords entre Israël
et les Palestiniens "...
¤ 25-26 juillet : rencontre Abbas-Bush à Washington : face aux critiques du Premier ministre pal. à propos des prisonniers pal. et du "mur", et après l'avoir salué pour sa "vision" et son "courage", le président américain concède que la "clotûre de sécurité" est un "problème" dans le processus actuel de paix : "difficile de développer la confiance entre Pal. et Is. avec un mur serpentant au milieu de la Cisjordanie", a-t-il affirmé, avant de répéter que la colonisation is. devait "cesser". Il a par contre salué les efforts du Gvt is. sur d'autres plans, tel que la levée de trois importants barrages militaires en Cisjordanie et la restitution prévue de deux nouvelles localités à l'AP prochainement, et appuyé la position de ce gvt sur la question des prisonniers, en expliquant notamment que des libérations de pal. radicaux pourraient faire "dérailler" le processus de paix... : "Personne ne veut laisser un meurtrier de sang-froid sortir de prison et cela contribuerait à faire dérailler le processus" de paix, a dit M. Bush.
* Réaction de l'AP à propos du "Mur" : "Il faut traduire les paroles (de M. Bush) en actes et appliquer la Feuille de route. Israël défie la communauté internationale en poursuivant les travaux de construction de ce mur", a déclaré Nabil Abou Roudeina, proche conseiller du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat.
* Réaction is. : un haut responsable a réagit en présentant la défense habituelle du gvt is. à propos de cette fameuse "Clotûre", indiquant qu'elle n'avait été édifiée que pour des raisons de sécurité : "Il est dommage que le président Bush n'ait pas employé le terme correct de clôture de sécurité. Cette clôture est une nécessité et non un choix. M. Sharon expliquera cela au président Bush lorsqu'il le verra (mardi) - une rencontre est en effet prévue le 29 juillet à Washington)", a-t-il poursuivi, soulignant que "le président Bush avait toujours mis en avant le droit d'Israël à se défendre".
(Cf. la Fiche de suivi sur le thème de cette "Clotûre de sécurité" à partir du dossier "Repères")
* Quant au Hamas, l'un de ses dirigeants, Abdelaziz al-Rantissi, a affirmé à Gaza que "Les Etats-Unis réclament depuis longtemps l'arrêt de la colonisation, mais celle-ci s'intensifie, ils (les Etats-Unis) ne réagissent pas et rien ne se fera concernant le mur. Ces paroles (de Bush) ne sont que de la poudre aux yeux". Ce responsable du Hamas a violemment dénoncé par ailleurs les propos de M. Bush soutenant la position d'Israël qui se refuse à libérer les détenus palestiniens impliqués dans des violences qui ont fait des victimes israéliennes (cf. plus haut) : "C'est le summum de la haine à l'égard du peuple palestinien car (M. Bush) sait que les meurtriers sont les juifs qui ont chassé notre peuple de sa terre et tué nos fils"... (Cf. la fiche sur le Hamas)
Cependant, selon la radio publique is., A. Sharon soumettra dimanche, avant son départ pour Washington, à l'approbation de son cabinet une proposition pour la libération de 100 détenus, membres des mouvements islamistes Hamas et Jihad islamique non impliqués dans des violences ayant fait des victimes. Israël avait exclu jusqu'ici la libération de militants islamistes responsables d'attentats meurtriers contre Israël. Les 100 détenus islamistes s'ajouteront aux 350 détenus palestiniens dont le gouvernement israélien a déjà annoncé la libération prochaine. Israël, anticipant d'éventuelles pressions américaines, avait pris les devants et annoncé vendredi (25 juillet) la libération de "centaines" de détenus, le démantèlement de trois importants barrages militaires en Cisjordanie et le transfert aux Palestiniens de deux autres villes de Cisjordanie (voir plus haut), après celui de Bethléem, au début du mois... .
¤ 27 juillet : Le Gvt is. a lâché encore
un peu de lest avant le départ d'A. Sharon pour Washington
: outre les 100 prisonniers supplémentaires membres des mouvements islamistes
radicaux (cf. supra), l'armée is. a annoncé la levée d'une
dizaine (finalement) de barrages routiers en Cisjordanie et le démantèlement
d'une colonie sauvage rudimentaire près de Hébron (sud de la Cisjordanie),
alors que le nombre de Palestiniens autorisés à venir travailler
en Israël a été augmenté et porté à
28.000 (contre cependant plus de 100.000 avant la seconde Intifada, déclenchée
fin septembre 2000). Pour sa part, le ministre de la Justice Yossef Lapid
a envisagé pour la première fois une libération
dans l'avenir du chef du Fatah en Cisjordanie, Marwan Barghouthi, détenu
et actuellement en cours de jugement en Israël, "Si le processus
de paix se poursuit et si nous parvenons effectivement à la paix".
Capturé en avril 2002 par l'armée israélienne à
Ramallah (Cisjordanie), M. Barghouthi a été inculpé de
"meurtres, complicité de meurtre, tentatives de meurtre, appartenance
à une organisation terroriste, détention d'armes et d'explosifs",
chefs d'accusations pour lesquels il encourt la prison à vie.
Cf. sur cet homme sans doute le plus populaire actuellement en Palestine après
Y. Arafat et négociateur discret de la trève du 29 juin... supra
le 25 juin dans la Chronique
de juin.
Mais ces mesures ont été jugées insuffisantes par les
Palestiniens, en particulier par les mouvement radicaux du Jihad islamique et
du Hamas...
¤ 28 juillet : Ariel Sharon à Washington. Le Premier ministre is. est un habitué des lieux avec près d'une dizaine de visites depuis l'arrivée de George W. Bush au pouvoir début 2001. Mais il continue de lâcher du lest face la pression de Washington, car la veille, lors d'une escale à Londres, un responsable israélien accompagnant M. Sharon a annoncé la libération prochaine de 210 islamistes palestiniens (au lieu des 100 annoncés précédemment), 210 membres du Fatah du dirigeant Yasser Arafat et 120 détenus de droit commun...
Quant à la fameuse et controversée "Clotûre de
sécurité", 5 pacifistes étrangers du Mouvement
International de Solidarité (ISM) qui manifestaient contre son érection
ont été blessés par des tirs israéliens dans le
nord de la Cisjordanie, et la cérémonie officielle qui devait
marquer jeudi l'inauguration du premier tronçon de ce mur a été
annulée, a annoncé le ministère is. de la Défense.
Enfin, le corps d'un soldat israélien disparu depuis une semaine a été
découvert près d'une localité arabe du nord d'Israël,
les soupçons des services de sécurité israéliens
se portant sur les groupes armés palestiniens ou des complices arabes
israéliens. Le communiqué officiel des autorités is. sur
la question ne semblait cependant pas vouloir en faire un prétexte à
une radicalisation éventuelle de la position is. à Washington...
¤ 29 juillet : Fermeté de A. Sharon face au
président Bush sur la question de la "Clotûre
de sécurité" : "La construction de la clôture
de sécurité continuera et tous les efforts seront faits pour minimiser
les conséquences sur la vie quotidienne de la population palestinienne",
a affirmé le Premier ministre is., indiquant qu'elle était considérée
par les Israéliens comme un moyen de se défendre contre les incursions
terroristes. "J'ai expliqué au président l'importance
de la clôture et le fait que cela apportera la sécurité
qui nous permettra d'arriver à la paix", a indiqué M.
Sharon. G.W. Bush espère qu'à terme, cette clotûre deviendra
"inutile". Réaction du côté pal. : "Les
déclarations de Sharon sont totalement négatives", a déclaré
le ministre de l'Information Nabil Amr. "Les positions (de Sharon)
constituent un grave obstacle à la mise en oeuvre de la Feuille de route,
a-t-il ajouté. Un haut responsable du Hamas),
Abdelaziz Rantissi, a affirmé à l'AFP que cela aurait "un
impact négatif sur la poursuite de la trêve" de trois mois
dans les attaques anti-israéliennes.
Par ailleurs le président Bush a confirmé A. Sharon dans sa position
hostile aux mouvements pal. radicaux, et demandé de nouveau à
l'AP de garantir une cessation durable des attentats en démantelant leur
infrastructures...
Pendant ce temps, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana et le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, de retour de Washington, ont réitéré, lors d'une entrevue à Cannes, leur "souci" de voir la mise en oeuvre de la "Feuille de route". Dans une déclaration sur le Proche-Orient rendue publique le 21 juillet, les chefs de la diplomatie européenne avaient déjà réitéré leur attachement à la "Feuille de route" pour résoudre le conflit israélo-palestinien. J. Solana était accompagné du nouvel émissaire de l'UE pour le Proche-Orient, le Belge Marc Otte. M. Abbas a émis le souhait que son homologue israélien revienne de Washington en ayant approuvé les mesures suivantes: "l'arrêt de la construction du mur, un gel complet des implantations de colonies israéliennes, le retrait israélien des territoires occupés depuis septembre 2000, la libération de prisonniers politiques palestiniens et la levée de l'encerclement de Yasser Arafat"...
¤ 30 juillet : Nouveau geste d'Is., peut-être pour
tenter d'adoucir la déception des Pal. vis-à-vis de la question
du "Mur" : la police israélienne a annoncé la suspension
des visites de non musulmans sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem,
troisième lieu saint de l'islam et premier site sacré du judaïsme,
qu'elle autorisait depuis plusieurs semaines en dépit des protestations
palestiniennes. Les autorités religieuses musulmanes se sont félicitées
de cette décision et ont laissé entendre qu'elle pourraient autoriser
à nouveau des visites de non musulmans si Israël levait de son côté
les restrictions à l'entrée de fidèles musulmans sur ce
site.
(à suivre)...