Sources ouvertes - Numéro 133 (18 septembre 2003 - Réseau Voltaire).
Attentats-suicides
Le Congressional Research Service (CRS), bras documentaire du Congrés états-unien, a réalisé une étude générale sur les attentats-suicides, le type d'organisation susceptible de les réaliser et l'importance stratégique croissante de telles attaques contre les États-Unis.
Les premières attaques-suicides datent de la fin du XIXème siècle, avec l'apparition de la dynamite. Le CRS estime qu'avec le perfectionnement des explosifs et détonateurs, les attentats-suicides ont cédé la place, au cours du XXème siècle, à des bombes commandées à distance ou à retardement, n'impliquant pas la perte d'un membre de l'organisation. La réapparition des attentats-suicides est estimée à 1983, date de deux attaques à Beyrouth par camion piégé, l'une contre un baraquement états-unien ayant entrainé la mort de 241 soldats, l'autre contre des installations françaises se soldant par 58 morts et 15 blessés.
Le CRS remarque que si les attentats-suicides sont réalisés par des organisations, celles-ci ne peuvent pas se maintenir et recruter si elle n'ont pas l'approbation d'une large partie de la population.
Une des conclusions auquelles parvient le CRS est que, historiquement, les attaques-suicides sont menées par des organisations séculaires autant que religieuses. Le CRS cite le PKK, dont les attaques-suicides font appel aux concepts de sentiment national et de sacrifice et non à des motivations religieuses. Les Tigres Tamouls, crédités par le CRS de plus de la moitié de tous les attentats-suicides commis sur la planète ces vingt dernières années, ne se réfèrent pas à une inspiration mystique, mais à l'usage du sacrifice comme acte politique.