Liban (et Syrie) : crise actuelle

(Chronique depuis avril 2005)

 

Avril 2005

Après l'assassinat du premier ministre Rafic Hariri le 14 février 2005 et la révolte de l'opposition libanaise contre l'occupation syrienne (en lire plus), la pression internationale (qui s'était déjà exercée par la résolution 1559 du Conseil de sécurité de septembre 2004 (voir Bloc-notes 2004, aux 2-3 septembre et 19-20 octobre), l'émissaire de l'Onu Terje Roed-Larsen a vérifié de visu le 6 avril la fermeture du QG des renseignements militaires syriens à Beyrouth, avant une inspection formelle par les Nations unies d'un retrait total des soldats et agents de Damas du Liban d'ici au 30 avril... L'émissaire de l'Onu est chargé d'obtenir la mise en application de la résolution 1559, appelant à un retrait militaire syrien du Liban et au désarmement des milices libanaises (Hezbollah) et non libanaises (palestiniennes). Le Hezbollah refuse de désarmer et propose de transformer ses "troupes" en forces libanaises de réserve... (lire une analyse des forces politiques en présence, par www.proche-orient.info).

De plus, le Conseil de sécurité de l'Onu a décidé, à l'unanimité (le 7 avril, résolution 1595), d'ouvrir (à nouveau, car elle avait déjà pris cette décision en février - commission Fitzgerald, refusée par les autorités libanaises) une enquête internationale sur l'assassinat d'Hariri et a donné un délai de 3 mois à une commission pour aboutir à une conclusion...

De son côté, ébranlé par la révolte de l'opposition libanaise, par la pression internationale, et par des rivalités internes, le régime syrien de Bachar el Hassad est de plus en plus menacé ...(en lire plus), y compris par Washington (lire).

Après la démission d'Omar Karamé, qui a échoué à constituer un nouveau gvt, le 13 avril, le nouveau Premier ministre libanais, Nagib Miqati, désigné par le président Lahoud, a formé le 19 avril un nouveau gouvernement, composé de 14 ministres non candidats aux élections législatives, prévues avant le 31 mai (en lire plus et voir plus bas). Le 27 avril, alors que toute présence syrienne semble avoir disparue du Liban selon la presse, le cabinet Miqati a obtenu la confiance du Parlement et confirmé la tenue des élections dans les délais (mai-juin prochains)(en lire plus et voir plus bas).

Juin 2005

* Mois qui débute par l'assassinat en plein Beyrouth (le 2 juin) du journaliste d'origine palestinienne Samir Kacir, journaliste à AnNahar, le journal le plus en pointe du combat pour l'indépendance nationale libanaise, et co-fondateur de l'une des plus importantes formations d'opposition, l'Alliance démocratique. Ce décès risque de provoquer un divorce politique entre l'Alliance démocratique, qui promeut le général Aoun, et l'autre grande formation d'opposition, le parti socialiste du Druze Walid Joumblatt (en lire plus sur ce dernier), qui sont en concurrence pour les élections législatives en cours pour renouveler le Parlement (qui compte 128 sièges), notamment dans la région du Mont Liban. Un divorce qui renforcerait sans doute à la fois le Hezbollah et les libanais pro-syriens, et qui risque de doper le confessionnalisme politique, alors que le mouvement national né après l'assassinat d'Hariri laissait espérer un dépassement progressif des clivages confessionnels. Le système politique issu du "pacte national" de 1943 risque donc d'absorber le mouvement national à son profit, et par conséquent se perpétuer... Ce qui n'est pas forcément de bon augure pour le pays (lire sur cette question des extraits de l'article d'A. Basbous dans Le Figaro). En tout cas la liste Hezbollah-Amal a raflé tous les sièges (23) dans les deux circonscriptions du Sud-Liban (6 juin).

Côté syrien, la démission du vice-président Khaddam le 7 juin (en lire plus) et le remplacement du chef des services de renseignements syriens par le beau-frère de Bachar Al Hassad est le signe d'un regroupement de la direction du régime autour de l'actuel leader, qui se débarrasse ainsi de la vieille garde (les fidèles de son père), mais se coupe encore plus du soutien sunnite (Khaddam est sunnite) et s'isole donc de plus en plus, campé au milieu d'un "ilot" alaouite familial (les proches de Bachar) hyper minoritaire au sein du pays.

* Le 12 juin, le général Michel Aoun créé la surprise, au troisième tour des élections législatives en raflant la quasi-totalité des sièges dans les régions chrétiennes du Mont-Liban, alors que son rival druze Walid Joumblatt confirmait sa suprématie dans les régions mixtes (en lire plus).. Quelques jours plus tard, le 17, Michel Aoun a accusé Saad Hariri, son rival dans la dernière étape des législatives prévue le 19 au Liban nord, d'acheter des voix (en lire plus).

* 21 juin : alors que l'alliance (tactique ?) du général Aoun avec les partis pro-syrien se précise, Georges Hawi, ancien secrétaire général du PC libanais, et anti-syrien notoire, est tué dans un attentat.

* Les 27-28 juin, le nouveau Parlement libanais, fort d'une majorité hostile à la tutelle de Damas, s'est paradoxalement donné pour président Nabih Berri, un des symboles de l'ère syrienne (en lire plus).

* Le 30 juin, le chef de l'Etat Emile Lahoud a chargé Fouad Siniora, ancien ministre des Finances et proche du dirigeant assassiné Rafic Hariri, de former un nouveau gouvernement (en lire plus)

Septembre 2005

* Mi-septembre : le Premier ministre Fouad Siniora, qui effectuait sa première visite en Egypte depuis sa nomination en juin (voir ci-dessus), a refusé d'accompagner le président Emile Lahoud au sommet de l'ONU (voir dans le Bloc-notes géopolitique), et a estimé que la stabilité du Liban ne pouvait être préservée si la lumière sur l'assassinat de Rafic Hariri, en février au coeur de Beyrouth (voir plus haut, au mois d'avril), n'est pas faite. "La stabilité ne peut être réalisée tant que la vérité n'est pas connue", a indiqué le chef du gouvernement, après une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak. Il a indiqué avoir dit à M. Moubarak que "le Liban et les Libanais sont déterminés à découvrir la vérité, qui a planifié cela et qui l'a exécuté". De plus, sur recommandation de la Commission d'enquête de l'Onu dans l'assassinat de Rafic Hariri (voir plus haut, au mois d'avril), quatre officiers de haut rang proches du président Lahoud ont été arrêtés, sous le soupçon d'avoir participé aux préparatifs de l'attentat.

* 26 septembre : alors que le ton est monté d'un cran entre le président Lahoud et Fouad Siniora depuis le sommet de l'ONU, l'attentat contre la journaliste libanaise antisyrienne May Chidiac alimente la psychose des attaques (12 assassinats de personnalités anti-syriennes depuis février 2005, aucun suspect arrêté), alors que les services de sécurité semblent complètement désorganisés, surtout après l'arrestation de quatre de leurs principaux chefs (voir plus haut), le tout avant la publication dans moins d'un mois des conclusions de l'enquête de l'Onu sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. (en lire plus)

Octobre 2005

* 12 octobre : l'ancien homme fort de la Syrie au Liban, Ghazi Kanaan, récemment interrogé par la commission de l'Onu sur l'assassinat de Rafic Hariri, s'est suicidé dans son bureau à Damas (en lire plus).

* En Syrie, pour la première fois, des partis et des personnalités arabes et kurdes d'obédiences politiques diverses viennent de se retrouver autour d'une plate-forme commune, dont l'appellation - « Déclaration de Damas pour le changement national démocratique » - annonce la couleur : l'objectif de la vingtaine de formations et personnalités signataires est le changement de régime par les voies « pacifiques et démocratiques », dans le but d'instaurer un « Etat de droit ». Les autorités les ayant empêchés d'annoncer leur alliance dans une conférence de presse, les signataires ont diffusé l'information, dimanche 16 octobre, sur un site Internet.

* 22 octobre : Au lendemain de la publication du rapport Mehlis sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri qui l'accuse, la Syrie a rejeté ses conclusions tout en se disant prête à coopérer avec la communauté internationale sur ce dossier. De son côté, le gouvernement libanais de Fouad Siniora a affirmé que le rapport accablant plusieurs responsables des services de sécurité libanais et syriens, était "à la hauteur des espérances des Libanais"....

* 30 octobre : A la veille d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu, la Syrie a lancé une offensive diplomatique et annoncé la création de sa propre commission d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri pour éviter des sanctions et la comparution de suspects syriens devant la justice internationale (en lire plus), ce qui n'a pas empêché le Conseil de sécurité, le lendemain 31 octobre, de la sommer de coopérer dans l'enquête internationale en cours (voir supra) à travers la résolution 1636, dont le texte a été toutefois attenué à la dernière minute (en lire plus).

 

Décembre 2005

* Le 12 décembre, assassinat de Gébrane Toueni, le directeur général du quotidien An Nahar, très engagé contre les ingérences syriennes, et patron du journaliste Samir Kassir (cf. supra 2 juin).

* Ce nouvel assassinat d'un opposant au gouvernement syrien se produit au moment où le magistrat allemand Detlev Melhis présente son rapport au Conseil de sécurité des Nations-Unies, après avoir annoncé sa démission à partir du 1er janvier 2006.

* Le 15 décembre, nouvelle résolution (1644) sommant la Syrie de respecter la souveraineté du Liban et prenant acte de la demande du gouvernement libanais de création d'un Tribunal international étendant son enquête à l'ensemble des attentats contre des personnalités libanaises antisyriennes...(voir suite en janvier 2006 infra).

* Le mois se termine par un coup de tonnerre sur la scène politique syrienne. Dans un entretien, le 30 décembre, avec la chaîne satellitaire arabe Al-Arabiya, l'ancien bras droit de Hafez el Hassad, ancien vice-président et ancien ministre des affaires étrangères, Abdel Halim Khaddam a dressé un sévère réquisitoire de la politique de son pays envers le Liban. Il y a confirmé implicitement l'implication de certains services syriens et libanais dans l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri et reproché au président Bachar Al-Assad une succession de fautes commises dans la gestion des affaires libanaises, via le chef des services de renseignements militaires syriens, Rostom Ghazalé. Il a accusé le président libanais, Emile Lahoud, "le cercle présidentiel" et l'ancien chef de la Sûreté générale libanaise Jamil Al-Sayed d'avoir eux aussi menacé Rafic Hariri et conduit la Syrie dans "un piège" (voir le dossier dans LeMonde.fr). Le lendemain, le parlement syrien vote à l'unanimité une résolution demandant la mise en accusation du vice-président démissionnaire pour "haute trahison" (ce qui sera fait par la Justice syrienne le lendemain...).

Janvier 2006

* Les 18-19 janvier, une visite exceptionnelle du président iranien Ahmadinejad en Syrie et au Liban, apportant un soutien de poids aux pro-syriens, spécialement le Hezbollah et Amal, les deux partis chiites proches de Damas et minoritaires au gouvernement, et qui boycottent depuis le 12 décembre le Conseil des ministres pour protester notamment contre la demande de constitution d'un "tribunal à caractère international" susceptible selon eux d'accroître les ingérences occidentales et les pressions sur la Syrie. (En lire plus).

* 26-27 janvier : nouvelle impulsion de l'ONU vers la création d'un Tribunal international (cf. supra) (En lire plus), alors que Saad Hariri poursuit son voyage aux Etats-Unis et est reçu par le Président Bush (En lire plus)

Avril 2006

* Pour la première fois, le juge belge Serge Brammertz, qui préside la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, a rencontré, mardi 25 avril à Damas, le président syrien Bachar Al-Assad. Une rencontre séparée a également eu lieu avec le vice-président syrien Farouk Al-Chareh. Le magistrat s'est fixé pour règle de s'abstenir de tout commentaire et d'empêcher toute "fuite". Son prédécesseur, l'Allemand Detlev Mehlis, qui avait constaté des "preuves convergentes" d'une implication de hauts responsables des services de sécurité syriens et libanais dans l'assassinat, s'était plaint de l'"insuffisance" de la coopération syrienne à l'enquête, malgré les exigences de l'ONU. Damas, qui clame son innocence, accusait M. Mehlis d'avoir politisé l'enquête. M. Mehlis n'avait pu interroger que cinq officiers supérieurs syriens au siège de l'ONU à Vienne. Dès le début de 2006, Damas a lâché du lest et fait savoir que M. Brammertz pourrait rencontrer le président, étant entendu qu'il s'agirait d'un "entretien et non d'un interrogatoire". M. Al-Assad avait néanmoins déclaré que M. Brammertz pourrait poser toutes les questions qu'il souhaite poser. Le Conseil de sécurité de l'ONU ayant donné son accord, un tribunal "à caractère international" devra juger les présumés coupables de l'assassinat une fois l'enquête arrivée à son terme.

Mai 2006

* 18 mai : l'ONU vote la résolution 1680 : le Conseil de sécurité appelle Damas à établir des relations diplomatiques formelles avec le Liban et à délimiter leur frontière commune. La Syrie rétorque en dénonçant l'"ingérence franco-américaine" au Liban.

Juin 2006

* 14 juin : Le magistrat belge Serge Brammertz, président de la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri, présente son « rapport d'étape » au Conseil de sécurité des Nations-Unies, quelque jours après l'avoir remis au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Un rapport « professionnel et technique » qui -pour le moment du moins - ne met pas en cause la Syrie, à la différence du rapport Mehlis (cf. supra)...(en lire plus)

Juillet-août 2006

Sur la guerre au Liban, et ses suites, v. la Chronique juillet et août puis septembre-décembre du Conflit israélo-palestinien. Lire également un article du politologue Ze'ev Sternhell sur l'inanité et l'inefficacité à terme et même la stupidité de cette "politique de puissance" israélo-états-unienne au Liban... Accéder aussi à un entretien-bilan accordé par le chef du Hezbollah à un journal libanais et relayé par le Réseau Voltaire

Septembre 2006

* Le 3, le général Michel Aoun a accusé le Premier ministre libanais Fouad Siniora de collusion avec Israël. « Ce gouvernement s’est allié avec l’étranger contre l’intérieur », a affirmé le chef du Bloc parlementaire du changement et de la réforme, qui a demandé la démission du Premier ministre. Devant le refus du chef du gouvernement, le général Aoun a affirmé qu’il « payerait le prix de son entêtement ». Représentant de la bourgeoisie chrétienne, Michel Aoun s’est allié au Hezbollah populaire et chiite en février 2006. Tandis que le président Émile Lahoud est considéré comme proche de ce bloc, le Premier ministre Fouad Siniora est accusé de proximité avec Israël. Ces accusations sont reprises par Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, une dizaine de jours plus tard.

* Le 5, alors que le rapport Brammetz implique la Syrie dans l'assassinat de Rafic Hariri, un haut responsable de la sécurité au Liban, le lieutenant-colonel Chéhadé, pilier de la lutte antiterroriste et de l'enquête sur l'assassinat de l'ex-premier ministre Rafic Hariri, est victime d'une tentative d'assassinat. Sans accuser explicitement Damas, le quotidien L'Orient-Le Jour évoque une "véritable déclaration de guerre" de la Syrie.

 

Novembre 2006

 

* Pour les suites de la guerre israélo-hezbollah de l'été, v. sur la Chronique du conflit israélo-palestinien

* En début de mois, Washington (à la suite du ministre israélien de la Défense) annonce détenir des preuves que les régimes syrien, iranien et le Hezbollah ont des plans précis de déstabilisation du gouvernement actuel de Fouad Siniora. Ils chercheraient à renverser le gouvernement actuel pour le remplacer par un gouvernement d'unité nationale. La proposition, qui rencontrerait l'assentiment de 70 % des Libanais, n'est d'ailleurs pas vraiment secrète, puisque Hassan Nasrallah l'a publiquement évoqué sur la chaîne de télévision du Hezbollah.

* Le 10, le gouvernement décide d'accepter la création d'un tribunal spécial au Liban chargé de juger les assassins de l'ex-1er ministre Rafic Hariri (v. supra). Cinq ministres chiites, appartenant aux mouvements prosyriens Hezbollah et Amal, présentent leur démission, aussitôt refusée par le premier ministre, Fouad Siniora. L'opposition réclame la formation d'un cabinet d'union nationale dans laquelle elle disposerait d'une minorité de blocage, et se déclare hostile à la création de ce tribunal pénal international. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, cela "n'affectera pas la détermination du gouvernement libanais à demander la constitution de ce tribunal". Le 12, un 6e ministre prosyrien donne sa démission, mais la création du tribunal est entérinée.

* Le 18, Hassan Nasrallah promet des semaines de manifestations (équivalent à la boycot politique) si le Hamas n'est pas réintégré à l'exécutif gouvernemental.

* Le 21, assassinat de Pierre Gemayel, fils de l'ancien président Amine Gemayel, chrétien maronite, membre de la majorité parlementaire antisyrienne. La Syrie est encore montrée du doigt (not. par Amine Gemayel, Walid Jumblatt, chef du parti druze, et Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire anti-syrienne), alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a entériné, quelques heures après l'assassinat, la création (acceptée par la majorité gouvernementale libanaise anti-syrienne - v. supra le 10 novembre) du Tribunal pénal international chargé de juger les responsables de l'assassinat de Rafic Hariri. Mais Damas dément être impliquée et dénonce l'assassinat, et le Hezbollah évoque un complot pour l'empêcher d'entamer les grosses manifestations promises par Hassan Nasrallah et d'accéder à la minorité de blocage qu'il revendique au sein du système politique...

* Le 24, jour des obsèques de Pierre Gemayel, le premier ministre Fouad Siniora appelle les six ministres chiites démissionnaires (v. supra, le 10 novembre) à réintégrer le gouvernement.

 

Décembre 2006

 

* La première semaine de ce mois est marquée par une manifestation considérable (100.000 manifestants) d'opposition au gouvernement Siniora à Beyrouth, menée par le Hezbollah, mais aussi le mouvement Amal et le parti du général Aoun. Plusieurs jours de "sitting"-blocages de deux places stratégiques de la capitale libanaise. Affrontements violents entre partisans et opposants au gouvernement Siniora.