Le Jihad islamique (palestinien)

(Fiche synthétique - novembre 2003 + Fiche de suivi infra)

 

* Le Jihad (se prononce "djihad" en Arabe) islamique est une organisation intégriste et islamiste radicale d'inspiration pro-iranienne et plus particulièrement khomeyniste qui apparaît en 1980 en Palestine. Ses principaux fondateurs sont les cheikhs Abdelaziz Odeh, Sayed Barak, Ramadan Abdallah Chalah et surtout Fathi Chaqaqi. Ce dernier ancre le mouvement dans une opposition de plus en plus radicale au Fatah de Yasser Arafat, et l'aligne sur les thèses iraniennes, ce qui le rapproche du Hezbollah libanais, et en fait la premiere organisation islamiste palestinienne pratiquant la lutte armée pour libérer toute la Palestine (et donc "détruire" l'Etat d'Israël), inspirant le Hamas palestinien, qui, bien que contrôlé par les Frères musulmans sunnites hostiles au chiisme politique iranien, adopte finalement (surtout à partir des années 1990) le même projet et les mêmes méthodes terroristes, notamment les attentats-suicide commis par des "martyrs", de même que les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, groupes terroristes liés au Fatah. Le Jihad islamique sera très actif pendant la première Intifada (1987-1993), notamment par sa branche militaire, les Saraya Al Quds (Les Bataillons ou Brigades de Jérusalem), rejette les Accords d'Oslo et tout processus de Paix, et participe à la militarisation de la seconde Intifada (depuis fin sept. 2000).

* Bien que ses assises populaires soient modestes (voir un sondage récent de fin sept. 2003 auprès de Palestiniens), le Jihad islamique bénéficie d'un soutien logistique et financier à la fois iranien et syrien (soutien en diminution cependant à cause de la pression américaine sur la région, comme l'indique la fermeture de la représentation du Hamas et du Jihad islamique à Damas en mai 2003, ce qui n'a pas empêché Israël de bombarder un camp d'entraînement du Jihad dans la nuit du 4 au 5 octobre 2003 près de Damas) et la popularité des attentats-suicide dans l'opinion palestinienne (voir le même sondage) lui assure une certaine notoriété et "respectabilité".

* Fathi Chaqaqi a été assassiné en 1995 par le Mossad (services secrets israëliens) à Malte, et a été remplacé par Ramadan Abdallah Chalah, (connu aussi sous son nom de guerre Rachad Kassem), qui réside à Damas, mais est efficacement relayé sur le terrain palestinien, dans la bande Gaza, par son lieutenant Abdallah Chami. Mohammad Al Hindi est également un chef politique et porte-parole du mouvement.

(source : Dictionnaire mondial de l'islamisme)

N.B. Le Jihad islamique palestinien n'a aucun lien connu avec ses homonymes étrangers, notamment le Jihad islamique égyptien.

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Fiche de suivi :

 

¤ Le 25 décembre 2003, un chef militaire du Jihad, Mokled Hamid, accusé de planifier un méga-attentat dans la bande de Gaza, a été tué dans un nouveau raid aérien israélien à Gaza (voir Chronique de la semaine 22-28 décembre).

* Lire une analyse de la tactique des attentats dans le cadre des objectifs politiques du Hamas et du Jihad islamique sur la base d'un rapport palestinien (Haaretz, 8 janvier 2004, par Arnon Regular)

¤ 30 janvier 2004 : l'armée israëlienne a arrêté à Jénine (nord de la Cisjordanie) un important chef politique du Jihad islamique, Sharif Tahaynah, 38 ans, recherché depuis le déclenchement de l'Intifada.

¤ 2 février 2004 : quatre Palestiniens, dont un responsable local du mouvement Jihad islamique, ont été tués à l'aube durant un raid militaire israélien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Parmi les Palestiniens tués figurent Yasser Abuleish, 26 ans, chef de la branche militaire locale du Jihad islamique, ainsi que son frère Hussein, 38 ans. Ils ont été tués lorsque les troupes israéliennes ont donné l'assaut de leur maison, alors qu'ils refusaient de se rendre. Les deux autres victimes sont un civil identifié sous le nom de Majdi al-Khatib, 32 ans, et un homme de 36 ans, Baha Joudah, qui était armé.

¤ 7-8 février : Aziz Chami, 37 ans, un chef des brigades al-Qods, la branche militaire du Jihad islamique, a été grièvement blessé samedi matin au centre-ville de Gaza, lorsque sa voiture a été atteinte par un missile tiré à partir d'un hélicoptère d'assaut israélien. Il a succombé à ses blessures peu après avoir été transporté à l'hôpital Chifa de la ville. Aziz Chami était le cousin d'Abdallah Chami, un dirigeant politique du Jihad islamique. Ce raid a aussi tué un enfant palestinien de 12 ans, Tarek al-Soussi, et blessé neuf autres Palestiniens, dont des enfants de deux et dix ans, selon l'hôpital. Avant la mort de Chami, Mohammed al-Hindi, un responsable du Jihad islamique (voir Fiche synthétique) avait promis, dans une déclaration à l'AFP, que "ce nouveau crime israélien sera vengé, et tous les groupes armés palestiniens poursuivront leur résistance". Les Brigades Al-Qods ont pour leur part "promis une riposte douloureuse au coeur de l'entité sioniste". Quelques 3.000 personnes brandissant des drapeaux du Jihad, ont participé aux obsèques d'Aziz Chami. "Nous ferons payer un prix élevé pour notre sang versé et la riposte sera à Tel-Aviv", a proclamé un dirigeant du Jihad islamique, Abdallah al-Chami haranguant la foule, aux funérailles de son cousin. Il a promis que la "résistance et le Jihad (guerre sainte) se poursuivraient jusqu'à la fin de l'occupation de toutes les terres de Palestine", c'est à dire jusqu'à la disparition de l'Etat d'Israël.

¤ 28 février : Mahmoud Jouda, 30 ans, un haut responsable des brigades Al-Qods, a été tué lors d'un raid isra¨lien au nord de la ville de Gaza : un l'hélicoptère a tiré trois missiles contre le véhicule dans lequel il se trouvait en compagnie d'un autre membre du Jihad islamique, Amine al-Dahdouh et du cousin de ce dernier. Dix personnes ont été blessées dans le raid, dont un enfant de six ans grièvement atteint, selon des sources médicales. Le véhicule a été totalement détruit, selon des témoins. Le Jihad islamique, a évidemment réagi en avertissant que le raid israélien ne servira qu'à le renforcer davantage dans sa lutte contre l'occupation israélienne...

Voir la suite dans la Fiche de suivi commune Hamas-Jihad islamique