Fiche de suivi commune Hamas et Jihad islamique
et autres groupes radicaux armés palestiniens
(Suivi commun justifié par la proximité et la collaboration de plus en plus étroite sur le terrain de ces groupes radicaux armés, y compris les Brigades des martyrs d'al Aqsa, liés au Fatah, et les Comités de résistance populaire, ainsi que d'autres groupes armés)
Année 2005
(accéder à la Fiche de suivi commune avril-décembre 2004)
¤ Janvier 2005 :
* 13 janvier : cinq Israéliens ont été tués dans l'attaque suicide menée par trois activistes palestiniens qui ont trouvé la mort au point de passage de Karni entre Israël et la bande de Gaza. Quatre Israéliens ont été blessés dont deux grièvement, a indiqué à l'AFP le Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge. Trois groupes armés palestiniens ont revendiqué l'attaque: les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah, les Brigades Ezzedine Al-Qassam (branche militaire du Hamas) et les Brigades Salaheddine (branche armée des Comités de résistance populaire, qui regroupent dans la bande de Gaza les principaux mouvements palestiniens). Un des dirigeants du Hamas, le principal mouvement islamiste, Hassan Youssef, a affirmé à l'AFP que l'attaque à Karni ne constituait pas "un message" adressé à M. Abbas mais un "acte d'autodéfense contre l'escalade de la violence israélienne et la politique d'assassinats et d'incursions". M. Abbas a condamné l'attaque de Karni en affirmant que "cette opération et celle de l'armée israélienne, qui a tué neuf Palestiniens la semaine dernière, ne contribuent pas au processus de paix". Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a gelé jusqu'à nouvel ordre les contacts avec les Palestiniens après une attaque meurtrière, ruinant les espoirs d'une relance rapide des négociations nés de l'élection de Mahmoud Abbas. Raanan Gissin, a pour sa part précisé que l'armée israélienne avait "les mains libres pour lancer des opérations car les responsables palestiniens, bien qu'ils disposent de 30.000 hommes armés dans la bande de Gaza, n'ont pas levé le petit doigt pour empêcher les terroristes d'agir et de tuer des Israéliens". La télévision publique a précisé que l'état-major a reçu "carte blanche" pour lancer une "vaste opération" dans la bande de Gaza contre les groupes armés et reprendre les opérations de "liquidations ciblées" contre des Palestiniens impliqués "dans le terrorisme". Israël avait déjà fermé jusqu'à nouvel ordre tous les passages frontaliers entre la bande de Gaza et l'extérieur. "Nous ne permettrons sous aucun prétexte que des Israéliens continuent à être tués et que le retrait de la bande de Gaza (prévu cette année) se fasse sous le feu", a ajouté M. Gissin. Il a précisé à l'AFP que M. Sharon et ses proches collaborateurs avaient transmis ce message à des responsables européens, britanniques, américains, ainsi qu'à M. Erakat.
* 15-16 janvier : après le discours d'investiture de Mahmoud Abbas appelant à un cessez-le-feu, les activites armés de Gaza les plus radicaux haussent le ton et menacent le nouveau président palestinien : "Nous le (Abbas) combattrons ne serait-ce que s'il songe à briser notre résistance et à aider (le Premier ministre israélien Ariel) Sharon", a affirmé Abou Hafsa, un chef de la branche armée du Hamas qui se terre dans une maison de Gaza. . "La lutte ne cessera jamais", affirme Abou Hafsa, la trentaine, au chômage, qui a rallié à 14 ans les Brigades Ezzedine Al-Qassam. Les militants critiquent durement les attaques de M. Abbas contre les tirs de roquettes qu'ils considèrent comme l'une des armes les plus efficaces de la résistance. Durant sa campagne électorale, M. Abbas, considéré comme un modéré, a en effet plusieurs fois dénoncé les tirs de roquettes des activistes de Gaza contre le territoire israélien qui, selon lui, contribuent à attiser les violences. Ils mettent d'ailleurs à l'actif de ces tirs, la plus grande victoire, selon eux, de la lutte palestinienne: le plan de retrait israélien de Gaza prévu pour 2005. "Ce sera notre plus grande victoire, et elle ne sera pas la dernière. Elle a renforcé notre ambition de libérer d'autres secteurs", dit Abou Hafsa. Israël est parvenu à endiguer les attaques suicide mais semble impuissant à stopper les tirs de roquettes, au moyen desquels les activistes s'exposent moins que dans une attaque où ils ont peu de chance de s'en sortir vivants. "Ceux qui veulent la liberté doivent faire des sacrifices. L'Algérie, l'Egypte et le Vietnam n'ont pas été libérés par la négociation mais par les armes", dit un membre des Brigades Abou al-Rich (relevant du Fatah), en sirotant son café sur le front de mer délabré de Gaza. Il doit à un tireur embusqué israélien d'avoir perdu un oeil, à l'âge de 10 ans, sur le chemin de l'école. "Nous lançons quotidiennement des attaques au mortier et à la roquette contre les colonies (de Gaza) et Israël et nous planifions des attaques au moment où je vous parle", dit-il, considérant comme prématurée l'éventualité d'un cessez-le-feu. Les groupes armés se sont multipliés au cours de l'Intifada et il sera très difficile de les convaincre de déposer les armes bien que le Hamas et les Brigades Abou al-Rich, en 2003, aient accepté une trêve de sept semaines négociée par M. Abbas. "Le Hamas ne songe pas sérieusement aujourd'hui à un cessez-le-feu, en revanche nous n'hésiterons pas à accepter une trêve, si cela est dans l'intérêt des Palestiniens", dit Abou Hafsa qui considère M. Abbas comme "pro-israélien". Pour ces combattants, la résistance est un mode de vie. Abou Hafsa dit combattre en premier lieu pour l'islam et, en second lieu, pour la Palestine. Si la paix devait survenir, il irait, dit-il, poursuivre sa guerre en Afghanistan.
En ce qui concerne le cessez-le-feu [Hudna] que M. Abbas est venu négocier le 19 janvier dans la bande de Gaza, "Cette question (d'un cessez-le-feu) ne devrait être soulevée avec l'ennemi israélien que lorsqu'il aura mis fin à ses agressions. Le peuple palestinien pourra alors examiner ses choix et décider si c'est de son intérêt", avait indiqué auparavant le porte parole du Hamas Sami Abou Zahri. Il faut ajouter que les radicaux du Hamas et du Jihad n'ont pas vraiment intérêt - de leur point de vue stratégique - à accepter un cessez-le-feu. En effet, soit le cycle de la violence se poursuit, et légitime la poursuite de l'action armée ; soit le retrait israélien se fait unilatéralement par manque de dialogue entre les gouvernements israélien et palestiniens, et le Hams et le Jihad pourront revendiquer ce retrait comme leur victoire (et légitimer encore une fois leur action armée). Et l'attentat du 18 au Gouh Katif et la poursuite des tirs de roquettes malgré leur condamnation par M. Abbas illustre cette stratégie ! Le nouveau président palestinien paraît donc en position de faiblesse dans cette négociation - même si les Brigades des martyrs d'al Aqsa auraient accepté son invitation de rejoindre les rangs des services de sécurité palestiniens - renonçant ainsi aux attentats... ? (à voir sur le terrain, car ce mouvement est en fait constitué d'une nébuleuse de petits groupes plus ou moins indépendants, et devenus très liés aux autres groupes armés dans la bande de Gaza !)
La solution résiderait plutôt dans le refus d'A. Sharon de laisser le Hamas et le Jihad profiter du retrait, et dès lors coordonner officiellement ce dernier avec l'Autorité palestinienne...
* Par ailleurs, le Hamas a diffusé récemment un document encourageant : bien qu'il présente le retrait de Gaza comme une victoire contre l'occupant, il propose également la création d'une direction palestinienne conjointe avec les autres organisations dont le Fatah, et, pour la première fois depuis sa création, le mouvement radical reconnaît officiellement les frontières de juin 1967 comme frontières d'un futur Etat palestinien et s'aligne, de facto, sur la position et la terminologie du Fatah. (en lire plus)
* De plus, trois groupes armés palestiniens, les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, le FPLP et le FDLP, se sont déclarés prêts samedi 22 janvier à un cessez-le feu [Hudna] conditionnel avec Israël, dont les termes restent encore à négocier, à l'issue d'entretiens à Gaza avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (voir plus haut), qui poursuit ses négociations avec le Hamas et le Jihad islamique.
* Le 28 janvier, la commission électorale centrale palestinienne a annoncé que le Hamas est sorti grand vainqueur des élections municipales partielles organisées jeudi 27 janvier dans dix villes de la bande de Gaza, en remportant 77 des 118 sièges de conseillers municipaux (en lire plus).
* 31 janvier : Des groupes, dont la branche armée du puissant mouvement Hamas ont exigé que l'armée israélienne cesse ses opérations, après la mort d'une écolière palestinienne de 10 ans tuée selon des sources palestiniennes et l'Onu par des soldats israéliens à Rafah dans la bande de Gaza. "Huit groupes armés reprendront les attaques contre l'ennemi sioniste s'il poursuit ces agressions contre les Palestiniens", a déclaré à l'AFP un porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. Dans un communiqué commun publié ensuite à Gaza, ces groupes, dont les Brigades Ezzedine Al-Qassam, les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah, et les Brigades Abou Ali Moustapha du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), soulignent qu'"aucune trêve ne peut réussir si l'ennemi ne s'engage pas clairement à cesser ses agressions et à libérer les détenus". Le Jihad islamique n'est pas signataire du texte dans lequel les groupes armés affirment qu'ils "ne permettraient pas à l'ennemi sioniste de poursuivre ses agressions quotidiennes" et promettent une "riposte dure". Le communiqué cite une liste "d'agressions et de violations israéliennes". Le décès de l'écolière palestinienne a été suivi de tirs d'obus de mortier par le Hamas sur une colonie juive du sud de la bande de Gaza qui n'a pas fait de victime. Plus généralement, il semblerait que le Hamas se soit entendu avec le Hezbollah libanais pour ne pas cesser le combat contre Israël....
¤ Février 2005
* 8 février : sommet Abbas-Sharon de Charm el Cheikh en Egypte (voir Chonique février 2005) : le président de l'AP annonce une "trêve", obtenue des groupes palestiniens armés...
* 12 février : Le principal mouvement islamiste
palestinien, le Hamas, a annoncé
qu'il maintiendrait "l'accalmie" [une trêve, la Hudna en droit
musulman classique] autrement dit qu'il s'abstiendrait d'attaques anti-israéliennes,
après une rencontre avec le président de l'Autorité palestinienne
Mahmoud Abbas. "Le Hamas va continuer à préserver l'accalmie"
a déclaré à l'AFP un haut représentant du mouvement,
Ismaïl Haniyé, à l'issue de
la rencontre. Il affirmé avoir obtenu de la part du "frère
Abbas" une "confirmation qu'Israël s'est engagé à
stopper ces agressions, y compris les incursions, les destructions de maisons
et les assassinats" ciblés d'activistes palestiniens. Il a souligné
toutefois que la position du Hamas en faveur du respect de la trêve était
provisoire et a fait porté à l'avance à Israël la
"responsabilité de toute violation" du cessez-le-feu.
¤ Mars 2005
* L'acceptation (relative, fin février) de la trêve [hudna] annoncée par Mahmoud Abbas au sommet de Charm el cheikh (du 8 février) et l'abandon de la politique de boycott des élections palestiniennes, suite au succès électoral aux élections municipales de Gaza en janvier (en lire plus), marque-t-elle un changement de tactique et de stratégie du Hamas ? (lire quelques éléments de réflexion sur ce thème)
¤ Mai 2005
* Nouvelle vague d'élections municipales, nouvelle
victoire du Hamas, tel à Qualqiliya
(45.000 habitants), dont les 15 sièges ont été ravis au
Fatah, désormais absent de cette ville. (v. infra, en décembre).
¤ Aout 2005
* L'accalmie qui s'est poursuivie jusqu'à la fin de retrait de Gaza
a été brutalement remise en cause dans le camp de réfugiés
de Tulkarem (nord de la Cisjordanie) où l'armée israélienne
a tué le 24 aout cinq activistes palestiniens, dont un cadre du groupe
radical Jihad islamique.
"Les terroristes palestiniens ont été tués mercredi
soir dans le camp de Tulkarem lors d'une tentative d'arrestation", a affirmé
à la radio militaire le colonel Roni Numa, responsable de l'opération,
indiquant qu'il ne s'agissait pas d'une "opération de liquidation
ciblée". "Les soldats ont ouvert le feu après que ces
terroristes eurent tiré dans leur direction", a-t-il dit, en indiquant
que les "membres de cette cellule terroriste préparaient des attentats
suicides" et "étaient financés par le Hezbollah",
une milice chiite libanaise.
Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a condamné "fermement ce
crime" dans un communiqué. "Cette politique des Israéliens
détruit le processus de paix et le cessez-le-feu", a-t-il dit, en
allusion à une trêve des attaques anti-israéliennes respectée
par les groupes armés palestiniens.
De son côté, la branche armée du Jihad islamique, les Brigades
Al-Qods, a menacé, dans un communiqué publié à Gaza,
d'une "riposte rapide et importante" à l'intérieur d'Israël.
* Précisément, un kamikaze s'est fait exploser le 28 août
à l'entrée de la gare routière à Beersheva, dans
le premier attentat suicide en Israël depuis l'évacuation des colonies
juives de la bande de Gaza. Les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, liées
au Fatah, et les Brigades Al Qods du Jihad islamique ont revendiqué l'attentat...
¤ Septembre 2005 :
* Après le retrait de Gaza, les violences ont repris vers la fin du mois (voir Chronique septembre 2005). Après la mort de plusieurs activistes du Hamas dans la bande de Gaza, trois activistes, un chef des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, Samer Al-Saadi, et deux membres du Jihad islamique, ont été tués lors d'incursions de l'armée israélienne dans la région de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, le 29 septembre. Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé que ces trois Palestiniens étaient impliqués dans des attaques anti-israéliennes et qu'ils avaient été tués "lors d'échanges de tirs". Après la mort de Saadi, l'un des principaux chefs des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa en Cisjordanie, Zakaria Al-Zoubeidi (voir la Fiche de suivi précédente, au mois de septembre 2004) a annoncé que son groupe rompait la trêve dans les attaques anti-israéliennes observée tant bien que mal par les groupes armés palestiniens depuis janvier (voir supra, février 2005). "Nous ne sommes plus tenus par la trêve et ne la respecterons plus après l'assassinat par Israël de l'un de nos chefs, Samer Al-Saadi", a déclaré à l'AFP M. Zoubeidi, l'un des hommes les plus recherchés par Israël. "Ce crime ne passera pas sans punition et nous allons y riposter", a-t-il ajouté.
¤ Octobre 2005 :
* Trois Palestiniensont été tués le 2
octobre à Gaza au cours d'une série d'affrontements armés
entre des militants du Hamas et des
forces de l'Autorité
palestinienne qui tentaient d'appliquer l'interdiction d'arborer des armes
en public (cf. Chronique
septembre 2005). Ces échanges de tirs ont fait 47 blessés.
Il s'agit des combats interpalestiniens les plus graves depuis le retrait israélien
de Gaza. Les affrontements ont commencé quand des officiers de police
de l'Autorité palestinienne ont tenté d'arrêter un taxi
qui transportait des membres du Hamas dans le quartier de Sheikh Ruwan, à
Gaza. L'un d'entre eux, fils d'Abdel Aziz Rantissi,
ancien leader du Hamas tué par une frappe aérienne israélienne,
a refusé de se rendre. La police a commencé à tirer sur
une
foule en colère qui s'était amassée autour d'eux, provoquant
ainsi un combat armé, rapporte le Hamas. Les échanges de tirs
se sont étendus à toute la ville de Gaza, et a impliqué
plusieurs dizaines de participants. Il semble que des militants du Hamas aient
tiré des grenades en direction d'un commissariat de l'Autorité
palestinienne. Le Hamas et l'AP concentrent des forces à Gaza en prévision
des combats à venir. Les tensions entre la police palestinienne et le
Hamas se sont aggravées ces derniers jours depuis l'annonce par l'AP
que désormais elle interdisait les parades armées. Plusieurs porte-parole
du Hamas ont déjà affirmé que le Hamas n'avait pas l'intention
d'obéir à cet ordre, et les dirigeants du groupe islamiste ont
accusé l'AP de tenter de détruire le Hamas. Le chef de la police
de l'Autorité palestinienne, A'alah Housni,
a annoncé la semaine dernière qu'il ne serait plus toléré
que des fusils soient portés en public par quiconque en dehors de la
police officielle de l'AP. "Le rôle des fusils dans les rues est
terminé. Ils doivent être mis de côté", a-t-il
déclaré.
Mohammed Nazal, l'un des plus hauts dirigeants
du mouvement, qui réside à Damas, a dit "qu'il existe un
courant au sein de l'AP qui tente d'éradiquer le Hamas et qui prépare
contre lui une attaque à grande échelle. Ils sont soutenus par
Washington et par Londres, et leurs mains sont couvertes de sang palestinien.
Le Hamas les affrontera, même au prix d'une guerre civile".
* le 12 octobre, les forces israéliennes ont arrêté à Hébron en Cisjordanie un important chef local du mouvement radical islamiste Hamas recherché depuis huit ans, a-t-on appris de source sécuritaire israélienne "Ibrahim Ghneimat, 48 ans, était recherché depuis huit ans et a été arrêté dans la nuit lors d'une opération conjointe de l'armée, de la police et du Shin Beth (service intérieur de sécurité) à Sourif" près de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, a précisé cette source. "Cet important chef du Hamas animait une cellule locale de ce mouvement et a été impliqué dans de nombreux attentats meurtriers anti-israéliens", a-t-elle encore dit. Il est notamment tenu pour responsable d'une attaque suicide à la bombe au café +A propos+ de Tel-Aviv le 21 mars 1997, qui a tué trois Israéliennes, l'enlèvement et le meurtre d'un soldat israélien le 9 septembre 1996, deux attaques à l'arme automatique en 1996 près de Hébron qui ont fait cinq tués Israéliens.
Un journaliste de l'AFP a ensuite constaté qu'un activiste du Hamas, Haitham Battat, s'est constitué prisonnier après des échanges de tirs avec les soldats israéliens venus l'arrêter. Des bulldozers de l'armée ont partiellement démoli la maison dans laquelle il s'était retranché. Les soldats ont ensuite fait venir la mère de Battat pour qu'elle appelle son fils à se rendre par haut-parleur. La Cour suprême d'Israël a interdit la semaine dernière à l'armée d'utiliser les civils palestiniens comme "boucliers humains" durant les opérations destinées à faire sortir les activistes recherchés de leurs caches.
La radio publique israélienne avait souligné la veille qu'en procédant à d'importants coups de filets d'activistes du Hamas, Israël affaiblit ce mouvement et l'empêche de faire campagne en vue des élections législatives palestiniennes du 25 janvier, ce qui conforterait indirectement M. Abbas....
* Le 16 octobre, après un atentat anti-israélien (3 morts) revendiqué par les brigades des martyrs d'Al Aqsa, c'est un chef local du Jihad islamique qui est tué en Cisjordanie (voir Chronique octobre)
* Fin octobre : après le regain de violance stoppé le 29 octobre suite à l'intervention de l'Autorité palestinenne (et des Etats-Unis à l'encontre du gouvernement israélien) (voir Chronique octobre), Ibrahim Abou al-Naja, chef d'un collectif rassemblant les groupes armés palestiniens, a fait état de discussions en cours entre l'Autorité palestinienne, les groupes armés et des dirigeants arabes visant à l'arrêt des tirs palestiniens sur le territoire israélien depuis la bande de Gaza. "Il y a des rencontres entre les groupes armés et l'Autorité palestinienne et des contacts entre le président Mahmoud Abbas et des dirigeants arabes pour parvenir à un accord en vue de stopper l'escalade, et les tirs de roquettes contre Israël à partir de la bande de Gaza", a-t-il dit. "Nous avons besoin d'une garantie internationale et d'une garantie qu'Israël ne violera pas cette accalmie", a-t-il ajouté faisant référence à l'accalmie observée par les groupes armés dans leurs attaques contre Israël depuis le début de l'année. Le mouvement radical islamiste palestinien Jihad islamique, cible principale des attaques israéliennes, a indiqué tenir l'arme au pied depuis samedi. "Depuis hier (samedi), le Jihad islamique n'a tiré aucune roquette" de Gaza sur Israël, a déclaré l'un de ses responsables, Mohammed Harzin. "Il y aura une réunion dans la soirée de l'ensemble des factions pour examiner la situation et les agressions israéliennes (...) Si l'accalmie se poursuit, nous en ferons de même", a-t-il déclaré, affirmant que son mouvement était toujours tenu par la trêve observée par les groupes armés.
¤ Novembre 2005
* 1er-2 novembre : la trève menacée : l'accalmie des deux derniers jours d'octobre (voir plus haut) n'aura été que fugace. Les groupes armés palestiniens ont en effet menacé Israël d'une vengeance sanglante après la multiplication des opérations de "liquidations ciblées" contre leurs activistes, le Hamas annonçant la fin de la trêve début 2006. "La trêve ne sera pas prolongée l'année prochaine (...) Ce calme n'a pas de sens du fait de la poursuite par Israël des "liquidations" d'activistes, a déclaré un responsable du mouvement islamiste Hamas, Moushir al-Masri. Il s'exprimait dans le camp de réfugiés de Jabaliya dans la bande de Gaza lors des funérailles d'un chef des Brigades Ezzedine al-Qassam, bras armé du Hamas, Fayez Abou al-Qaraa, tué le 1er novembre par un tir de missile israélien qui a aussi coûté la vie à un chef militaire des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa. "Face à l'escalade israélienne, personne ne doit rêver qu'il y aura une prochaine trêve" à l'expiration fin 2005 de l'accord sur une suspension des attaques convenu en mars au Caire entre les groupes armés et l'Autorité palestinienne (voir supra, janvier, février et mars 2005), ajouté M. Masri. Qaraa est le premier responsable du Hamas tué dans une opération israélienne contre des activistes palestiniens depuis un attentat suicide en Israël le 26 octobre (5 tués) revendiqué par le Jihad islamique jusqu'ici principalement visé par Israël. "Que la trêve aille au diable", ont affirmé dans un communiqué les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, après le raid qui a tué un de ses chefs militaires Hassan al-Madhoun. Elles ont ajouté avoir décrété "la mobilisation" dans leurs rangs. Les deux activistes tués se trouvaient dans le même véhicule touché de plein fouet par un missile tiré par un appareil israélien dans le camp de Jabaliya. L'armée israélienne a confirmé qu'elle visait Hassan al-Madhoun, accusé d'implication dans l'exécution et la planification d'attaques dans lesquelles 20 Israéliens ont été tués. Par ailleurs, un soldat israélien a été tué par des tirs lors d'une opération d'arrestations dans le nord de la Cisjordanie. Dans un communiqué, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ont affirmé avoir attaqué et tué le soldat. Ce décès porte à 4.874 le nombre de tués depuis le début de l'Intifada en septembre 2000 dans les violences israélo-palestiniennes, dont plus de trois quarts de Palestiniens.
* Le 15 novembre, le chef local du Hamas de Naplouse a été tué par l'armée israélienne, et six activistes de ce mouvement arrêtés.
¤ Décembre 2005
* Le 5 décembre, un attentat-suicide revendiqué par le Jihad islamique à Nétanya fait 5 morts et 30 blessés. Le mouvement radical a également revendiqué l'attentat-suicide du 29 décembre à un barrage isarélien au sud de Tulkarem, bastion du mouvement. On peut noter que le Jihad islamique, responsable des cinq derniers attentats anti-israéliens, et de la plupart des tirs de roquettes sur le territoire israélien, cherche sans doute ainsi à augmenter sa visibilité et sa popularité (tout au moins auprès de la frange "dure" de l'électorat palestinien), et profiter ainsi d'un décollage électoral désiré mais qui se fait toujours attendre, à la différence du Hamas, son rival direct, dont la progression est croissante.
* Le Hamas a en effet remporté la dernière vague des élections municipales palestiniennes, obtenant haut la main les communes de Naplouse, Jénine et Al-Bireh, commune jumelle de Ramallah. Le Hamas joue (et gagne) à fond la carte du parti moral et intègre, aux mains propres, face à la corruption du Fatah et de l'Autorité palestinienne, mais aussi de la compétence et de l'efficacité. Ainsi en six mois la dette publique de Qualqiliya, obtenue en mai dernier (cf. supra), a été épongée, les rues pavées, les services publics de fourniture d'eau et d'électricité améliorés.... Au plan national, un sondage crédite d'ailleurs le Hamas de plus de 30% d'intention de vote pour les prochaines élections législatives, prévues le 25 janvier (cf. la Chronique de décembre).
* Par ailleurs, une trentaine d'activistes des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa ont occupé le 27 décembre à Beit Lahya les locaux de la préfecture du nord de la bande de Gaza, selon des sources sécuritaires. Les activistes entendent ainsi faire pression sur l'Autorité palestinienne pour être enrôlés dans ses services de sécurité, ont expliqué les sources. A Gaza-ville, un échange de tirs à éclaté entre des gardes du siège du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et des activistes du groupe réclamant leurs soldes, selon des témoins (voir Fiche de suivi concernée)
* A propos des tirs de roquettes du 28 décembre et du raid de représailles du 29, ainsi que de la création du no man'as land et de l'appel de Mahmoud Abbas à cesser les tirs contre israël (voir Chronique de décembre), le Jihad islamique, qui joue à fond la carte de la radicalité, a répondu, par la voix d'un de ses chefs, Khaled al Batsh, qu'"A ce jour, nous estimons que l'accalmie n'est nullement nécessaire, tout comme les discussions à cette fin". Certains comités de résistances populaires, ont également tiré des roquettes, "réponse légitime à la politique d'assassinats ciblés de nos dirigeants", selon le leader Jamal Abou Samhadanna. En revanche, le leader du Hamas a déclaré que son mouvement reste lié par la trève prévue par les Accords du Caire de décembre-2003-janvier 2004, à condition, du moins, que les élections aient lieu à la date prévue (du 25 janvier) et ne soient pas encore reportées une nouvelle fois (cf. Chronique juillet-août 2005) par l'Autorité palestinienne... Ce qui reste néanmoins une probabilité (voir Chronique de décembre).
* Enfin, à noter que le 28 décembre, suite à des roquettes tirées à partir du sud Liban sur le village de Kyriat Chmona, dans le nord d'Israël (une première depuis le retrait israélien de mai 2000), un raid aérien israélien à touché une base du FPLP-CG, mouvement radical armé palestinien (en lire plus sur ce dernier), au sud de Beyrouth (premier raid de ce genre depuis juin 2004).