Le Hamas

(Fiche historique et synthétique, établie par J.-F. Niort en juillet 2003 + Compléments et mise à jour)

Accéder à la Fiche de suivi pour l'actualité de ce mouvement jusqu'à fin avril 2004

Puis la Fiche de suivi commune avec le Jihad islamique et les autres groupes radicaux armés à partir de mai 2004

Et la même Fiche de suivi 2005

 

Ce mouvement s'appelle en réalité le Mouvement de la résistance islamique, traduction de l'arabe Harakat Al Mouqawama Al Islamiyya, dont l'acronyme forme le mot Hamas (qui signifie "enthousiasme", ou encore "ardeur", "zèle", "exaltation" en arabe). Il a été créé en 1987, peu après le déclenchement de la première intifada (cf. mon Rappel chronologique sur le conflit israëlo-palestinien), par les Frères Musulmans, organisation islamiste d'origine égyptienne, présente dans les villes de Palestine depuis les années 1930. (cf. dans le dossier "Islam et politique", la page Lexique terminologique qui contient des informations sur ce mouvement)

Le siège du Hamas est à Gaza, "fief" de son co-fondateur et père spirituel, le cheikh Ahmed Yassine. Ce dernier, né en 1937, est en partie paralysé depuis l'âge de 12 ans suite à un grave accident et est quasiment aveugle (voir une photo récente). Il a néanmoins suivi des études religieuses en Egypte, puis de retour à Gaza créé dès 1973 un Centre islamique, qui sera impliqué dans des actions "subversives", anti-israëliennes. Condamné une première fois en 1984 à 13 ans de prison, il sera libéré l'année suivante dans le cadre d'un accord d'échange de prisonniers. Condamné à nouveau en 1989 à la prison à vie cette fois-ci, par une cour de justice militaire israëlienne, il sera libéré en 1997 pour calmer le roi Hussein de Jordanie, outré que les services secrets israëliens aient tentés la même année de perpétrer en Jordanie un assassinat contre Khaled Mecha'al, un autre leader (politique celui-là) du Hamas. Après un séjour à l'étranger, le Cheikh Yassine regagne Gaza en 1998, où il est assigné à résidence en octobre de la même année, durant deux mois. Car le Hamas est doté d'un autre centre, situé en Jordanie précisément, que dirigent Ibrahim Gosheh et surtout justement Khaled Mecha'al, principal représentant du Hamas pour l'extérieur.

A Gaza, le cheikh Yassine, âgé et très malade [N.B. : il a finalement été tué par une attaque israëlienne en mars 2004], est entouré d'une direction politique, autour du docteur Abdelaziz Al Rantissi, qui a miraculeusement échappé à une tentative de "liquidation ciblée" par l'armée israëlienne le 10 juin dernier (cf. dans la chronique du mois de juin à cette date) [N.B. : une autre tentative a réussi en avril 2004], de Mahmoud Al Zahar, de Ismaïl Haniyé et de Ismaïl Abou Chanab (tué tout récemment, le 21 août 2003).

Dopé par son rôle central lors de la première Intifada, et profitant de l'éloignement de Palestine et la désorganisation des cadres et des structures du Fatah et de l'OLP, affaiblis par l'attaque israëlienne au Liban (1982), Le Hamas a connu une époque "faste" sur le plan politique et international, puisqu'il a été l'interlocuteur privilégié du gouvernement israëlien et américain entre 1988 et 1991, à l'époque où Washington encourage encore l'expansion des mouvements islamiques (y compris d'ailleurs Al Qaïda en Afghanistan et ailleurs) pour contrer l'influence du bloc soviétique dans les pays arabes et musulmans... Le gouvernement israëlien espérait ainsi que les Palestiniens se détourneraient de l'OLP et de Yasser Arafat... Mais le vent va tourner après l'effondrement de l'URSS en 1991, et c'est alors le Fatah et l'OLP qui vont redevenir les interlocuteurs principaux dans le cadre d'un effort réel de règlement du Conflit israëlo-palestinien.

Lors et après les Accords d'Oslo (1993), le Fatah et l'OLP deviennent en effet les interlocuteurs privilégiés de l'Etat israëlien et des Etats-Unis, et le Hamas, opposé à ces accords (et sans doute dépité d'avoir perdu le leadership politique), se radicalise. Il se dote d'une branche armée, intitulée Brigades Ezzedine Al Qassam, du nom d'un héros de l'indépendance palestinienne en 1948, co-fondée et dirigée par Yehia Ayache. Cette branche armée mènera d'ailleurs une série d'attentats-suicide anti-israëliens en 1996, certes en représailles à l'assassinat de Ayache, mais qui contribueront à faire échouer l'application des Accords d'Oslo et à radicaliser les rapports israëlo-palestinien, juste au moment où l'Autorité palestinienne se mettait en place (premières élections). L'élection de Benjamin Nétanyahou comme Premier ministre signe la fin de la période d'accalmie entre les deux pays (voir dans le Rappel chronologique sur le Conflit), et dope l'activité militaire et "terroriste" des mouvements radicaux palestiniens...

Note sur les "attentats-suicides" et le "martyre" : même s'ils paraissent monnaie courante aujourd'hui (ceux de Al Qaïda, du Hamas et du Jihad islamique, ceux que le régime de Saddam Hussein, aux abois avant l'intervention des forces de la coalition américano-britanniques annonçait, etc...), il faut savoir que les attentats-suicide ne font pas partie de la culture musulmane traditionnelle sunnite, et même chiite. Le martyre y est limité au combattant mort sur le champ de bataille ou au fidèle tué lors d'une résistance non violente, ou éventuellement dans le cas de la légitime défense qui entraîne la mort d'une personne défendant sa famille, ses biens, ou son pays. Et encore, ce n'est pas automatique, car d'un strict point de vue islamique, seul Dieu (Allah) peut indentifier un martyr (Shahid). Les êtres humains ne peuvent donc jamais être sûr, ni affirmer péremptoirement, que tel ou tel personne est un martyr. Seule la pureté de l'intention le déterminera, mais sur un plan spirituel, qui échappe à l'entendement humain habituel. Par ailleurs, et en tout cas, le suicide est un très grave péché en Islam, et le meurtre de non-combattants (ou "civils") également, et surtout celui de femmes et d'enfants, car jamais le prophète Mahomet n'a porté ne serait-ce qu'un coup à une femme ou à un enfant. L'attaque-suicide est par contre connue de la culture nippone, a été employée comme arme ultime contre les forces armées des E.U. à la fin de la deuxième guerre mondiale, et c'est d'ailleurs le nom de "kamikaze" qui est universellement employé même pour désigner des attaques-suicides même perpétrées par des musulmans. Mais la culture tamoule connaît aussi ce type d'acte sacrificiel. En fait, l'élargissement de la notion islamique de martyre à l'auteur d'une attaque-suicide est tout récent. Il semble que la première attaque de ce type ait été provoquée par le mouvement radical chiite libanais Hezbollah en 1983, mais il y avait déjà eu des comportements de type "suicidaire" auparavant de la part de combattants chiites sur les champs de bataille et de mines lors de la guerre contre l'Irak (1980-1988). Cependant, même dans la culture chiite, contrairement à ce que l'on croit, ce type de comportement est l'exception, la notion de martyre y est beaucoup plus "pacifique". Cf. notamment en ce sens l'article de Navid Kermani, "Le martyre, une vertu chiite", reproduit dans le n° hors-série de Courrier international sur l'Islam, juin-juillet-août 2003, p.16. Cf. aussi un rapport américain beaucoup plus général sur l'histoire des attentats-suicide. Depuis les années 1990, cependant et malheureusement, les attaques-suicides et leur légitimation comme actes de martyre religieux se sont répandus, y compris dans des mouvements islamistes radicaux d'obédience sunnites, tels que le Hamas ou Al Qaïda, mais aussi du côté d'une branche armée liée au Fatah, pourtant d'obédience laïque et marxiste, les Brigades des Martyrs d'Al Aqsa (cf. infra), et même du côté du régime irakien de Saddam Hussein, qui récompensait, jusqu'à la guerre récente, de plusieurs milliers de dollars (eh oui !) les familles de "martyrs" palestiniens kamikazes dans la bande de Gaza, et qui faisait défiler quelques jours avant l'intervention de la Coalition des dizaines de candidats au suicide l'abdomen entouré de dynamite dans les avenues de Bagdad : un comble pour un régime laïque, qui interdisait sous peine de mort aux chiites irakiens de célébrer la prière commune du vendredi ! Mais depuis quelques temps le régime baathiste utilisait de plus en plus la rhétorique religieuse à des fins de légitimation politique, interne et externe. Voir d'ailleurs tout récemment le message de S.H. diffusé le 29 juillet quelques jours après la mort de ses deux fils, et qui se permet d'affirmer que "Nous remercions Dieu qui nous a honoré de leur martyre" (en lire davantage dans la Chronique de la guerre et de l'après-guerre en Irak, à cette date). (fin de la note). [En lire plus sur la Fiche L'Islam contre le terrorisme]

Depuis la seconde Intifada (fin septembre 2000), le Hamas ne joue pas un rôle prédominant dans la lutte au profit du Fatah et notamment d'une organisation armée proche de lui, les Brigades des Martyrs d'Al Aqsa, mais s'est encore plus radicalisé, à la fois par ses nombreux attentats-suicides anti-israëliens, et par son attachement à des positions politiques radicales (récupération de toute la Palestine, "du Fleuve (Jourdain) à la Mer (Méditerranée)", au nom du fait que toute cette terre est musulmane et sacrée - Jérusalem est en effet le troisième lieu saint de l'islam après la Mecque et Médine), alors que l'OLP et le Fatah ont évolué, ôtant de leurs chartes la référence à la destruction de l'Etat d'Israël (cf. dans le Rappel chronologique, à l'année 1996). Récemment, le Hamas s'est d'ailleurs fortement opposé à la "Feuille de route" (v. aussi dans la page "Repères" sur ce texte), le plan international de paix (cf. le 4 juin dans la Chronique de juin et les 2, 8 et 22 mai dans la Chronique de mai 2003).

Le cheikh Yassine et la direction politique du Hamas se posent ainsi en principaux adversaires politiques du Fatah et de Yasser Arafat, qui a accepté de négocier en 1993, et vient cette année de concéder à l'aile modérée de son parti (le cabinet Abbas - cf. infra) le champ libre à la négociation avec Israël sur la base de la Feuille de route. Mais cela n'empêche toutefois pas le Hamas de continuer à exiger, de concert avec Mahmoud Abbas d'ailleurs, la cessation de l'encerclement du Q.G. du Président de l'Autorité palestinienne à Ramallah, dans lequel en effet, le leader historique de l'OLP, entièrement boycotté sur le plan politique par les gouvernements israëlien et américain, est toujours bloqué (Q.G. qui, rappelons-le, avait été carrément bombardé et presque entièrement détruit en septembre 2002 - cf. la Chronique depuis le 9 sept. 2002 - il a fallu une résolution du Conseil de sécurité (n° 1435 du 24 sept.) pour arrêter les chars de Tsahal !)...

Bénéficiant, notamment grâce à l'ampleur mondiale du mouvement des Frères musulmans, de connexions et de réseaux variés (surtout en Jordanie, mais aussi en Syrie, en Arabie Saoudite, et même en Iran, mais ces trois derniers pays ont considérablement diminué leur soutien depuis que la pression américaine s'intensifie dans la région, Damas, par ex., ayant fait fermer les représentations du Hamas et du Jihad islamique en Syrie en mai 2003), le Hamas conserve cependant une certaine indépendance et représente la facette islamique du nationalisme palestinien incarné de l'autre côté par le Fatah et l'OLP, qui sont eux de tradition plus laïque et marxiste. Le Hamas reste d'ailleurs relativement populaire dans l'opinion publique palestinienne (il jouirait de 30% d'opinions favorables), et très populaire dans la ville (et dans une moindre mesure la bande) de Gaza, où il a su mettre en place un solide réseau de soins médicaux et de services sociaux. Cf. sur ce point la position de Ariel Sharon déclarant le 15 juillet dernier (cf. la Chronique de Juillet) que le Hamas est "le pire ennemi d'Israël", à la fois en raison de ses attentats-suicides et de cette présence et implantation sur le terrain..

Pourtant, le Hamas a été longtemps et bizarrement épargné, notamment dans le cours de l'opération "Rempart" déclenchée par l'armée israëlienne en mars 2000, qui avait laissé de côté la Bande de Gaza (il est vrai que le Hamas joue un rôle moins important dans la Seconde Intifada que dans la Première). De plus, c'est le gouvernement israëlien lui-même qui a contribué à renforcer le Hamas entre 1987 et 1992, lors de la première intifada. Hosni Moubarak vient de révéler, dans une interview, qu'un jour Yitshak Rabin lui aurait avoué que ce choix politique avait été l'une des plus grandes fautes d'Israël dans ce Conflit... (Le Figaro, 13-14 septembre 2003, p.3).

Mais la situation a certes évolué et le Hamas, qui a revendiqué de nombreux et sanglants attentats-suicides en Israël, a été depuis durement frappé par la répression israëlienne, perdant de nombreux cadres, tués lors de raids de l'armée israëlienne en Cisjordanie et à Gaza, notamment Salah Shehadah, l’un des dirigeants du Hamas à Gaza, tué avec sa famille dans sa maison par une bombe d’une tonne (17 morts) le 22 juillet 2002. Voir aussi tout récemment la mort du n° 1 des Brigades Ezzedine Al Qassam en Cisjordanie, Abdallah Kawasmeh (le 21 juin 2003), et l'attaque manquée contre Abdelaziz Al Rantissi (qui n'a été que blessé), le 10 juin 2003 [N.B. Mais finalement tué en avril 2004 - cf. supra] ... (cf. dans les Chroniques correspondantes pour des détails), ainsi que Ismail Abou Chanab le 21 août (voir plus haut).

Tout récemment, le mouvement, de même que le Jihad islamique, a accepté le principe d'une trève (hudna en arabe), le 29 juin dernier (cf. dans les Chroniques du Conflit de juin et juillet), qui révèle un certain assouplissement des positions politiques du Hamas (et l'effet de coups sévères portés à ses structures et à ses cadres par la répression israëlienne) mais qui reste très fragile, notamment si le gouvernement israëlien persiste à ne pas vouloir libérer les prisonniers appartenant à ce mouvement qu'il détient... (cf. encore dans la Chronique de juillet l'échec sur ce point de la rencontre Abbas-Sharon de Jérusalem le 20 juillet 2003, et les menaces du Hamas en ce sens).

La sincérité de cette trève du côté du Hamas est d'ailleurs problématique. Ne s'agit-il, ainsi que l'affirment les Faucons israëliens (et Américains), qui exigent le démantèlement de ses structures auprès du gouvernement Abbas, que d'une mesure dilatoire destinée avant tout à refaire ses stocks d'armes et reformer ses équipes ? Le Hamas, mouvement devenu de plus en plus radical, a-t-il vraiment intérêt à un apaisement du Conflit, qui ne pourrait que jouer en faveur du gouvernement palestinien actuel, aux mains du Fatah et de sa branche modérée depuis la nomination du cabinet Abbas en mars 2003 (cf. les 1er, 7-10 et 19 mars dans la Chronique de mars 2003) ? Ou au contraire son intérêt politique n'est-il pas une radicalisation nouvelle du Conflit, dans laquelle il espère toujours retrouver le leadership qu'il a exercé lors de la Première Intifada, et qui l'a rendu incontournable pour tout règlement politique du Conflit dans les années 1988-1991 ? Mais si c'est le cas, ne voit-il pas que l'environnement politique et géopolitique mondial a profondément changé, non seulement depuis 1991 (chute du Bloc soviétique), mais encore plus brutalement depuis les attentats du 11 septembre, qui ont conduits les Etats-Unis à "entrer en guerre" contre le "terrorisme" ? Ne sait-il pas d'autre part que les Palestiniens sont en majorité de plus en plus hostiles aux attentats-suicides et à la surenchère radicale ? Mais ne voit-on pas cependant que les Services de sécurité palestiniens hésitent à démanteler les structures, ne serait-ce que militaires, du Hamas, comme l'exigent Tel-Aviv et Washington, au risque de déclencher une "guerre civile" (cf. le 21 juin, dans la Chronique de juin 2003), ce qui témoigne peut-être de la puissance actuelle du Hamas face à l'Autorité palestinienne, puissance dont la conscience conduira peut-être finalement ses dirigeants à prolonger la trève et à tenter leur chance sur le terrain proprement politique dans le cadre d'élections générales qui devront avoir lieu dans les Territoires palestiniens en application de la Feuille de route, et qui permettraient peut-être au Hamas de disputer le Pouvoir au Fatah au sein de l'Autorité palestinienne, et même au sein du futur Etat souverain que promet de réaliser ce plan de paix international ? (Ce qui constituerait un paradoxe pour un mouvement ayant toujours refusé les Accords d'Oslo...).

L'avenir répondra sans doute à ces questions... Et la disparition prochaine probable de son chef spirituel, très malade [N.B. Finalement assassiné en mars 2004 - cf. supra], risque de compliquer encore la situation, ou tout au moins de rendre encore plus imprévisible l'évolution politique du Hamas.

(Lire la suite sur la Fiche de suivi)

[N.B. Accéder à la Fiche spéciale sur la victoire du Hamas aux élections de janvier 2006,

ainsi qu'à la conférence du 10 février 2006 "Faut-il avoir peur du Hamas ?" ]

 

Complément analytique (2003-2004) :

* Lire l'analyse de Svi Bar'el dans le quotidien israëlien Haaretz (10 déc. 2003) selon laquelle c'est la politique actuelle d'A. Sharon, basée sur le principe "Pas de négociation sans arrêt des attentats terroristes" qui renforce le Hamas (et le Jihad islamique) en leur donnant une tribune et en forçant l'A.P. à négocier officiellement avec eux.

* Lire également une analyse de la tactique des attentats dans le cadre des objectifs politiques du Hamas et du Jihad islamique sur la base d'un rapport palestinien (Haaretz, 8 janvier 2004, par Arnon Regular), et une analyse critique du soutien que Y. Arafat y apporterait... Voir aussi l'importance politique croissante du mouvement radical sur l'avenir de l'Autorité palestinienne évoquée dans le dossier Crise de l'Autorité palestinienne.

* Enfin à propos de la dénonciation du "culte de la mort" des organisations extrémistes par l'éditorialiste palestinien de Hasan Al Batal, stigmatisant la manipulation et la pression psychologique exercée par ces organisations sur les kamikazes et rendant hommage au courage de leurs familles qui refusent de voir leurs enfants mourrir ainsi (en lire plus)

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Lien avec la page sur le Jihad islamique

Lien avec la page L'Islam contre le terrorisme

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