Dossier "Bush II"
Etabli par Jean-François NIORT
Chercheur au centre d'analyse géopolitique et internationale de l'Université des Antilles et de la Guyane
(en novembre 2004 + Compléments jusqu'à fin 2005)
(Accédez à la Fiche de suivi 2006)
voir aussi le texte de ma conférence du 19 novembre 2004 :
"Bush 2 et l'après-Arafat : perspectives pour le Proche-Orient"
et celui de la communication du 14 novembre 2003, intitulé :
A qui profite le "choc des civilisations" ?
¤ Consultez les résultats électoraux et politiques de l'élection présidentielle de novembre 2004
¤ Le président réélu annonce un remaniement de son cabinet (5 novembre) (lire), qui conduit au départ des ministres suivants : John Ashcroft (ministre de la Justice) et Don Evans (Commerce), deux proches du président, le 9 novembre (lire), puis, le 15 novembre, le secrétaire d'Etat Colin Powell, la secrétaire à l'Agriculture Ann Veneman et ses collègues à l'Energie Spencer Abraham et à l'Education Rod Paige (lire)
* Alberto Gonzales, un proche de G.W. Bush, promoteur du statut des prisonniers de Guantanamo, a remplacé Ashcroft dès le lendemain de sa démission (lire). Condoleeza Rice a remplacé Colin Powell le 16 novembre (en lire plus)... Nomination confirmée en janvier 2005 par le Sénat (lire)
* Les 3 et 4 décembre, on apprend à la fois le maintien de Donald Rumsfeld et le départ du secrétaire à la Santé et aux affaires sociales, Tommy Thompson (en lire plus).
* Ce remaniement exprime une volonté d'approfondissement de la politique suivie par G. W. Bush, à la fois ultra-libérale en matière économique, fondamentaliste chrétienne en matière de moeurs, néo-conservatrice et cocardière en matière de politique étrangère... En lire plus sur la page A qui profite le "choc des civilisations" ? et voir le compte-rendu de son discours d'investiture le 21 janvier, où le président prévient que les Etats-Unis vont plus que jamais répandre la liberté dans le monde (accéder)
* Complément : le nouveau président a prêté serment le 20 janvier 2005 en promettant de défendre et de répandre la liberté dans le monde, non sans se faire conspuer par des manifestants (en lire plus)
Adde : lire les articles de Guillaume Parmentier ("Georges W. Bush : le croisé de la démocratie") et de Alexis Débat ("La Maison-Blanche face au défi iranien") dans le n° 107 (printemps 2005) de la revue Politique internationale... Analyses qui montrent bien la dimension très instrumentalisée et donc précaire et variable des grands leitmotiv de l'administration "Bush I" (la lutte contre le terrorisme et l'axe du mal) et "Bush II" (la croisade pour la liberté et la démocratie dans le monde), qui sont, d'une part, subordonnés à la realpolitik et à l'intérêt géo-éco-politique états-unien dans le monde (ce qui explique que l'administration Bush soutienne des régimes fort peu démocratiques, tel que l'Arabie saoudite ou le Pakistan - sans parler de l'Amérique latine, "chasse gardée" états-unienne), et d'autre part subordonnés à des considérations de politique intérieure, ou plus précisément à des tactiques électoralistes conçues et orchestrées par le conseiller Karl Rove, l'éminence grise de G.W. Bush, afin de faire réélire, puis, dorénavant, de maintenir la popularité du président actuel... et plus largement d'ancrer dans la durée la domination hégémonique du parti républicain sur la vie politique (et donc économique) états-unienne...
¤ L'Union européenne veut recoller les morceaux
avec le président Bush mais l'attend sur le Proche-Orient... (lire)(voir
aussi "Bush
2 et l'après-Arafat : perspectives pour le Proche-Orient"),
et regrette le départ de Colin Powell (lire).
¤ Reprise en main de la CIA : le conflit opposant la CIA et le président des États-Unis a commencé à dégénérer, il y a un an, avec la plainte déposée par le directeur de l'Agence contre la Maison-Blanche pour révélation illégale de l'identité d'un agent. George W. Bush a réussi à nommer un de ses hommes à la tête de la CIA, Porter J. Goss, et a attendu l'annonce de sa victoire électorale pour donner le signal de la reprise en main. En une dizaine de jours, M. Goss a licencié plus de 90 cadres réfractaires à la ligne néo-conservatrice. Il a particulièrement repris en main la direction des opérations qu'il entend développer. De plus, le Congrès a voté début décembre une profonde réforme de cette organisation (en lire plus).
Compléments:
¤ Février 2005 : Le
président Bush a nommé l'ambassadeur américain en Irak,
John Negroponte, au nouveau poste de directeur
du Renseignement national (DNI), profitant de l'annonce pour mettre en garde
l'Iran et la Syrie contre toute déstabilisation du Proche-Orient lire-.
¤ Mars 2005 : Karen
Hughes est devenue la confidente du gouverneur Bush, puis sa conseillère
en communication à la Maison-Blanche. Issue d’une famille d’officiers
supérieurs d’extrême droite, elle a conçu les campagnes
d’intoxication pour justifier les attaques de l’Afghanistan, puis
de l’Irak. Aujourd’hui, elle prend en charge le secteur «
Propagande » du département d’État, dirigé
par Condoleeza Rice.
¤ Avril 2005 :
* George W. Bush nomme le néo-conservateur John Bolton, pour devenir l'ambassadeur américain à l'Onu (en lire plus).
* D'autre part, Paul Wolfowitz, l'idéologue néo-conservateur ancien n° 2 du Pentagone, va succéder à James Wolfensohn, nommé envoyé spécial du Quartette pour Gaza (voir Chronique avril 2005). Le nouveau numéro 2 du Pentagone (le n° 1 restant le milliardaire Donald Rumsfeld, voir plus haut) sera Gordon R. England, qui n'est pas un idéologue comme son prédécesseur, mais un homme d'affaires. Il a restructuré et redressé General Dynamics, victime du désarmement du début des années 90, et en a fait le 4e fournisseur des armées états-uniennes. Il devrait pousser les intérêts de la firme, à l'occasion de la prochaine guerre, au détriment de Raytheon et de Northrop Grumman.
* Le sommet Bush-Abdallah d'Arabie renforce les liens stratégiques et pétroliers après le refroidissement consécutif aux attentats du 11 septembre 2001 (en lire plus)
¤ En août 2005, le cabinet du vice-président Cheney met à l'étude un éventuel bombardement atomique sur l'Iran... Plus tard 1500 physiciens américains dénonceront une telle éventualité.
¤ Septembre 2005 :
* le 5 septembre, le président Bush a nommé John Roberts président de la Cour suprême, en remplacement de William Renquist décédé. John Roberts est le plus jeune des membres de la Cour, et n'y a été nommé qu'en juillet dernier. Son orientation politique et idéologique républicaine-conservatrice est avérée....
* Le même jour, on apprend que si l'organisme fédéral chargé des réponses humanitaires (Agence fédérale de gestion des crises, FEMA) a tant tardé à intervenir auprès des sinistrés du cyclone Katrina (du 29 août), c'est notamment parce qu'il a été fondu, après les attentats du 11 septembre, dans un organisme chargé de la lutte contre le terrorisme qui en a capté tous les fonds ! Mais c'est aussi parce qu'il était dirigé par un incompétent notoire, ami du président nommé par "copinage", et davantage intéressé par la couleur de ses chemises et son "look " que par le sort des victimes de la catastrophe... (un reportage édifiant diffusé sur les chaînes de télé us l'a révélé ensuite au grand jour, après la démission de l'intéressé).
¤ Octobre 2005
* Fin octobre, le président américain George W. Bush est contraint de reprendre l'initiative après la pire semaine depuis son arrivée à la Maison Blanche alors qu'un nouveau sondage montre que sa popularité continue de baisser (en lire plus), et du coup il nomme un conservateur faisant l'unanimité parmi les Républicains, Samuel Alito, à la Cour suprême, parachevant la "révolution conservatrice" au sein de cette instance juridictionnelle cruciale dans le système politique (en lire plus).
Un malheur n'arrivant jamais seul, Sylvio Berlusconi, de passage aux Etats-Unis, et très critiqué actuellement dans son pays, a cherché à se désolidariser et à se dédouaner de la guerre en Irak en proclamant dans une conférence de presse tenue seul qu'il avait tenté dès le début d'en dissuader le président américain. Le gouvernement italien est d'ailleurs sur la sellette pour un nouveau "mensonge d'Etat", après ceux de Georges Bush-Colin Powell et de Tony Blair-Alasdair Campbell sur les ADM : le dossier monté par les services secrets italiens pour la CIA et selon lequel l'Irak se fournissait en uranium auprès du Niger serait en effet un faux grossier...
¤ Novembre 2005
* Alors que l'opposition démocrate au Sénat, profitant de l'affaiblissement politique et populaire sans précédent du président Bush, a réussi un coup de force en exigeant une enquête sur la propagande et les éventuelles manipulations de la Maison-Blanche en faveur de l'entrée en guerre contre l'Irak (qui coûte par ailleurs au pays plus de 2 milliards de dollars par semaine) (en lire plus), le Washington Post révèle que la CIA ferait détenir (et torturer) plusieurs activistes importants d'Al Qaïda dans des prisons étrangères tenues secrètes et sans aucun respect des droits de l'homme... Interrogé sur ces informations, l'ancien président américain Jimmy Carter a accusé l'administration du président George W. Bush de saper les références morales sur lesquelles se fonde la politique étrangère des Etats-Unis depuis des décennies (en lire plus). On apprend, le 4 novembre, que la CIA aurait utilisé un avion "anonyme" pour transporter (directement depuis l'Afghanistan) les activistes islamistes évoqués plus haut, au mépris de toutes les règles de droit international. La Pologne, le Danemark et la Roumanie semblent avoir été des destinations privilégiées... (mais les vols secrets ont semble-t-il commencé sous Clinton, d'après l'ancien chef de la cellule anti-Ben Laden de la CIA, Michael Scheuer)
* Les ennuis continuent pour le président Bush, présent, le même jour, au Sommet des Amériques, et confronté non seulement à des réticences politiques face à son projet de marché unique américain, mais d'importantes manifestations populaires de rejet, menées par le président vénézuélien Hugo Chavez et l'ancien champion de football Diego Maradona, qui a traité Georges Bush d'"ordure humaine"... (en lire plus)
* Lawrence B. Wilkerson, ancien directeur de cabinet du secrétaire d’État Colin Powell, a suscité une vive polémique en révélant, lors d’une conférence publique, la manière peu démocratique dont le clan Bush (et spécialement le "team" Cheney-Rumsfeld) gouverne. Il revient sur les faits dans cet article initialement écrit pour le Los Angeles Times.
http://www.voltairenet.org/article130267.html
¤ Décembre 2005
* L'année se termine par une bonne nouvelle pour l'administration Bush : le taux de chômage aux Etats-Unis est passé en décembre sous la barre des 5%, avec deux millions d'emplois créés en 2005, de bons chiffres qui ont permis à l'administration du président George W. Bush de vanter sa gestion de l'économie
(Accédez à la Fiche de suivi 2006)
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¤ Consultez des références bibliographiques sur G.W. Bush et sa politique
¤ Georges Bush se convertit au judaïsme ? (le poisson d'avril de Proche-Orient.info)