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Vendredi 16 Janvier 2004

Israël menace d'éliminer le chef spirituel du Hamas

JERUSALEM (AFP), le 16-01-2004
Israël a menacé ouvertement vendredi de relancer ses opérations d'élimination des dirigeants du mouvement radical palestinien Hamas, notamment son chef spirituel cheikh Ahmad Yassine, qui a démenti toute implication directe dans l'attentat suicide de mercredi.

Cheikh Yassine "est bon pour mourir. Il devrait se cacher profondément sous terre où il ne fera pas la différence entre la nuit et le jour", a affirmé le vice-ministre de la Défense Zeev Boïm, dans des déclarations à la radio militaire.

"Nous le trouverons et nous l'éliminerons", a-t-il ajouté.

D'après la radio, les responsables militaires israéliens estiment que cheikh Yassine a ordonné personnellement l' de mercredi, commis par une jeune Palestinienne qui a fait exploser la charge qu'elle portait à Erez, le principal point de passage entre la bande de Gaza et Israël, tuant quatre Israéliens.

Cheikh Yassine, un paralytique de 67 ans, a démenti toute implication directe dans cet attentat.

"Ils (les Israéliens) savent que cheikh Yassine n'a rien à voir avec l'action militaire mais ils cherchent un prétexte pour rassurer leur peuple et couvrir leur échec", a déclaré cheikh Yassine à des journalistes à Gaza.

"Les menaces de mort ne nous font pas peur car nous sommes en quête de martyre", a-t-il ajouté.

Interrogé par la radio militaire, le général de réserve Amos Gilad, proche conseiller du ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz, s'est refusé à préciser si cheikh Yassine constituait de nouveau une cible.

"Nous ne devons jamais annoncer à l'avance quelles sont nos intentions", a affirmé le général Gilad en qualifiant toutefois cheikh Yassine de "chef suprême du crime".

"Nous utiliserons tous les moyens nécessaires pour nous attaquer au terrorisme", a ajouté le général Gilad. Il a également attribué le calme relatif qui a prévalu à la fin de l'an dernier à la "liquidation partielle de la direction du Hamas".

L'Autorité palestinienne a mis en garde Israël contre une reprise des liquidations des chefs de mouvements radicaux. "Une reprise de la politique de liquidation ramènera la région à la case départ et conduira à une escalade", a déclaré à l'AFP Nabil Abou Roudeina, principal conseiller du dirigeant Yasser Arafat.

Avant l'attentat d'Erez, l'armée israélienne s'était abstenue depuis plus de trois mois de s'en pendre aux dirigeants politiques du Hamas. Mais les opérations visant les responsables militaires de l'organisation avaient repris le 30 décembre lorsque l'un d'eux avait échappé à un raid aérien dans la bande de Gaza.

La dernière tentative d'élimination d'un chef politique du Hamas remonte au 10 septembre lorsque Mahmoud Al-Zahar avait été blessé dans l'attaque de sa maison par l'aviation israélienne. Ce raid avait fait deux morts.

Cheikh Yassine avait été lui même la cible d'une telle tentative le 6 septembre. Il avait été légèrement blessé à la suite d'un raid aérien visant un bâtiment où il se trouvait avec d'autres dirigeants du Hamas à Gaza.








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