Chronique de la guerre et de l'après-guerre en Irak
(du 20 mars au 31 juillet 2003)
Cette chronique fait suite à la chronologie sur l'Irak (depuis la conquête Arabe au VIIe siècle jusqu'au début de l'intervention militaire des Etats-Unis en mars 2003) offerte sur ce dossier "Guerre en Irak". Cette chronique de la guerre et de l'après-guerre en Irak est sélective et donc partielle ; elle reste à comparer et à compléter avec des chroniques plus complètes, notamment la chronologie donnée sur le site du Monde diplomatique (www.monde-diplomatique.fr) et surtout celle donnée depuis 1991 sur le site de l'ONU (www.un.org/french)
¤ 20 mars 2003 : début de la Guerre, l'intervention des Etats-Unis est baptisée "Liberté pour l'Irak".
¤ 25 mars : le Gvt Bush réclame au Congrès une rallonge budgétaire militaire de 74 milliards de dollars...
¤ 27 mars : les bombardements font rage, avec une moyenne de 1500 raids aériens par jour... Le Congrès des E.U. recommande à la population le jeûne et la prière pour attirer la "protection divine" sur leur armée.
¤ 28 mars : le Gvt des E.U. décide de l'envoi de 120.000 h supplémentaires dans le Golfe. Le Conseil de sécurité de l'ONU vote à l'unanimité la reprise du programme "Pétrole contre nourriture" (cf. dans ma chronologie sur l'Irak). Mais le Gvt Irakien va refuser ce programme, qui implique que 25% des sommes du compte sous séquestre soit reversées au Koweit à titre de compensation pour les dommages de guerre subis lors de son invasion en 1990.
¤ 31 mars : l'un des bombardements les plus massifs sur Bagdad depuis le début de la Guerre. Près de Najaf, des GI's ont tiré sur un véhicule, tuant 7 femmes et enfants irakiens...
¤ 1er avril : 13e jour de guerre. Un message de Saddam Hussein lu à la télévision par un général appelle au Jihad contre "l'agression" des forces (américano-britanniques) de la Coalition.
¤ 2 avril : irruption spectaculaire (et filmée) de commandos de marines dans l'hôpital, déserté par les soldats irakiens, où se trouve Jessica Lynch, dont le gvt des E.U. fait une héroïne. Mais quelques médias occidentaux éventeront la manipulation après avoir enquêté sur place fin avril.
¤ 3 avril : la population de Najaf, capitale du chiisme irakien, s'oppose à l'investissement de la vieille ville, dans laquelle se trouve la mosquée d'Ali, par les soldats britanniques, avec une telle ferveur religieuse, une telle fermeté que les soldats font demi-tour...
¤ 4 avril : prise de l'aéroport de Bagdad.
¤ 5 avril : début de la "bataille de Bagdad". A Bassorah et Karbala, des chars de la Coalition, aidés par la population, abattent les statues de S.H.
¤ 7 avril : alors que Bassorah est quasiment aux mains des forces britanniques, un missile visant S.H. tombe sur le quartier de Bagdad "Al Mansour", faisant des dizaines de morts civiles.
* Rencontre Blair-Bush à Belfast. Un sondage aux E.U. revèle que 85% des pers. interrogées estiment que la "reconstruction" de l'Irak sera plus difficile que sa "conquête".
¤ 8 avril : un char américain tire sur l'hotêl "Palestine", où sont regroupés les journalistes, tuant deux caméramen.
¤ 9 avril : Bagdad est tombée presqu'entièrement aux mains des forces de la Coalition, et le régime de S.H. semble s'être écroulé. Mais les scènes de pillages, notamment des bâtiments publics, se multiplient à Bagdad, où des combats sporadiques se poursuivent entre forces de la Coalition et "Fedayyins"... Mise à bas, lors d'une mise en scène orchestrée, de la nouvelle statue de S.H. devant l'hôtel Palestine (où sont regroupés les médias internationaux).
¤ 10 avril : Kirkouk est tombé aux mains des peshmergas kurdes soutenus par les forces spéciales américaines. Un chef religieux chiite, le cheikh Abdul Majid Al Khoï, qui rentrait d'exil à Londres, est assassiné en pleine mosquée d'Ali à Najaf, sans doute par des membres de la faction Al sadr (cf. infra) et à cause de ses "accointances" avec les Occidentaux... A Bagdad, le seul bâtiment public à être protégé des pillages par les soldats de la Coalition est le ministère du pétrole... qui a d'ailleurs reçu la visite d'agents américains quelques jours auparavant, emportant de nombreux documents techniques (les E.U. ne sont plus présents sur le marché pétrolier du pays depuis 1972). Par contre, plusieurs hôpitaux n'échappent pas aux pillages, sous les yeux des soldats américains... de même que la Banque centrale irakienne.
¤ 11 avril : Mossoul est tombée aux mains des forces américaines et kurdes pratiquement sans combats. Les pillages se poursuivent notamment à Bagdad, toujours sous l'oeil des Marines.
¤ 12 avril : on apprend que des centaines de milliers de soldats de la "quatrième armée du monde" ont déserté sans combattre et se sont vêtus en civils dès les premiers bombardements. Des officiers supérieurs ont arraché leurs galons et les ont suivis (ou leur ont donné l'exemple). Cf. sur ce point les articles du Monde des 8 et 18 avril 2003.
¤ 14 avril : Tikrit, fief de S.H. et de son clan, est tombée sans combats. Premières patrouilles de police américano-irakiennes à Bagdad
¤ 15 avril : fussillade à Mossoul : les soldats américains tirent sur une foule : 10 morts et 60 blessés. Un commandant militaire irakien s'est rendu aux forces de la Coalition près de la frontière syrienne, avec ses 16.000 h. A Nassiryah, les délégués du Congrès national irakien, oragnisation d'opposition "libérale" basée à Londres, les représentants kurdes (cf. infra) et des chefs tribaux, proclament, sous la présidence de J. Gardner, général à la retraite proche de Donald Rumsfeld et nommé administrateur provisoire en Irak, leur volonté d'édifier un Irak "libre et démocratique". Dans la même ville, au même moment, 20.000 chiites encadrés par les militants de l'ASRII (cf. infra) scandent "non à S.H., non aux E.U." Des dépots de bus, ainsi que le musée de Bagdad sont pillés.
¤ 16 avril : Ahmed Chalabi, leader du Congrès national irakien, arrivé en Irak (qu'il a quitté en 1958) il y a une semaine, s'installe à Bagdad, où est arrêté Abou Abbas, chef du Front de libération de la Palestine.
¤ 18 avril : à l'occasion de la prière du vendredi, que les chiites peuvent célébrer officiellement depuis peu, des dizaines de milliers de fidèles chiites se sont rendus dans les mosquées, et plus particulièrement celle du quartier nord-est de Bagdad, connu sous le nom de "Saddam city", (à forte dominante chiite - 2 millions, d'hab.), mais rebaptisé pour l'occasion "Sadr city", du nom d'un ayatollah assassiné par le régime de S.H. en 1999 et dont le jeune fils, Muqtada Al Sadr, bien que portant pas le titre d'ayatollah, s'impose comme le leader incontesté. En écho à d'autres villes, les imams ont réclamé le départ des forces de la Coalition et l'imposition des "lois islamiques".
* De gros contrats concernant la "reconstruction" de l'Irak sont attribués à des compagnies américaines, dont l'entreprise de BTP Bechtel, faisant suite à un premier groupe de contrat attribués en mars et sans appel d'offres à la compagnie Halliburton, entreprise présidée jusqu'en 2000 par l'actuel vice-président des E.U., Dick Cheney...
¤ 21 avril : Arrivée de l'administrateur civil américain J. Gardner à Bagdad. L'ayatollah Baqer Al Hakim, chef de l'ASRII (cf. infra), appelle les fidèles chiites à revendiquer un régime politique garantissant la liberté, l'indépendance et la justice pour tous les Irakiens "sous le règne de l'islam".
¤ 22-24 avril : grand pèlerinage chiite à Karbala commémorant le 40e jour du martyr de l'imam Hussein, fils du calife Ali (lui-même cousin et gendre du prophète Mahomet - cf. ma chronologie politique islamique, à la date de 680 ap. J.C.). C'est la première fois depuis 30 ans qu'il peut se tenir librement, et il a rassemblé des centaines de milliers de fervents fidèles, dans une ville totalement évacuée par les forces de la Coalition. Quelques milliers de manifestants ont scandé des solgans anti-américains.
¤ 24 avril : alors que la production pétrolière redémarre en Irak sous le contrôle des compagnies américaines, Washington met en garde Téhéran contre "l'inflitration" des milices armées de l'ASRII en Irak, connues sous le nom des brigades Badr, dont le chef est le n° 2 de l'ASRII, Abdul Aziz Al Hakim, rentré d'Iran le 16 avril, frère cadet du dirigeant du mouvement, l'ayatollah Baqer Al Hakim, qui lui est encore en exil à Téhéran à cette date - cf. infra son retour en Irak le 10 mai), mais aussi d'éléments "incontrôlés" par l'ASRII, issus des pasdarans iraniens (gardiens de la Révolution). Téhéran rétorque immédiatement en accusant les marines de tenter de s'inflitrer en Iran. Un accord entre l'Iran et les E.U. à Genève peu avant la guerre avait prévu que ces milices très entraînées, fortes d'au moins 10.000 h., ne pourraient rentrer d'Iran chez elles que si elles étaient désarmées.
¤ 25 avril : Tarek Aziz, ministre des Affaires étrangères du régime de S.H., s'est rendu aux forces américaines. Le Conseil de sécurité de l'ONU vote à l'unanimité la poursuite du programme "Pétrole contre nourriture", décidée le 28 mars dernier (cf. supra), jusqu'au 3 juin, avec des pouvoirs exceptionnels accordés à Kofi Annan pour le faire fonctionner étant donné la disparition du gvt irakien (qui en avait d'ailleurs refusé le rétablissement en mars). (résolution 1476).
¤ 27-28 avril : les deux grandes forces politico-religieuse chiites, les factions Al Sadr et Al Hakim, haussent le ton face à la "présence étrangère" en Irak. Le n° 2 de l'ASRII (cf. infra), Abdul Aziz Al Hakim, arrivé à Bagdad, a avertit que toute solution politique imposée à l'Irak menacerait la stabilité du pays. Néanmoins, à la différence de la faction Al Sadr, qui refuse tout contact avec les forces de la Coalition, l'ASRII serait prête à collaborer avec J. Gardner à condition que le futur gvt provisoire de l'Irak soit élu démocratiquement... la preuve, l'ASRII s'est jointe à la réunion convoquée par J. Gardner, réunissant plus de 250 "opposants", dont le Congrès national irakiens et les mouvements kurdes (cf. infra).
De son côté, le président Bush déclare que les E.U. resteront "un ami fidèle" des Irakiens, mais veilleront à ce que le nouveau régime "protège les droits de tous".
¤ 29-30 avril : troubles sérieux à Falloujah, grande ville (600.000 hab.) située 60 km à l'ouest de Bagdad, dans une région sunnite : des marines ont tiré sur une foule scandant des slogans favorables à S.H. : 13 morts dont 6 enfants et 45 blessés. Nouveaux morts le lendemain, où des dignitaires religieux exhortent les soldats de la Coalition à quitter la ville. Le 1er mai, 7 marines seront blessés par une grenade.
¤ 30 avril : lancement d'un Conseil consultatif de l'industrie pétrolière en Irak, présidé par l'ancien patron de la compagnie américaine Shell, Philip Caroll.
¤ 1er mai : à Najaf, nouveau rassemblement de masse des fidèles chiite, cette fois pour commémorer la mort du Prophète Mahomet. Les dignitaires religieux s'abstiennent de déclarations "politiques". De leur côté, quelques centaines de communistes manifestent à Bagdad pour célébrer la fête du travail...
¤ 1er-2 mai : le président Bush proclame la fin des combats en Irak, et la "mission accomplie" des E.U. dans l'opération "Liberté pour l'Irak", qui doit maintenant être "reconstruit". Il nomme à cette fin un nouvel administrateur en chef pour diriger la reconstruction de l'Irak, en la personne de Paul Bremer, diplomate du département d'Etat, alors que le général Gardner est plutôt un proche du département de la Défense... P. Bremer prendra ses fonctions officiellement le 6 mai.
"L'après-guerre"...
¤ 4 mai : les services de l'action humanitaire de l'ONU s'installent dans le sud de l'Irak et y dénonçent immédiatement une "crise chronique et structurelle grave".
¤ 5 mai : le général Gardner nomme autour de lui un "conseil" chargé de préparer un Congrès national qui devra élire un gouvernement de transition en juin prochain. Composé à l'origine de 5 membres :
- les Kurdes Massoud Barzani (Parti démocratique du Kurdistan) et Jalal Talabani (Union patriotique du Kurdistan)
- le chiite (laïque) Ahmed Chalabi, leader du Congrès national irakien, principale force d'opposition "extérieure" au régime de S.H. du côté "occidental" (la principale force d'opposition extérieure du côté "oriental" étant l'ASRII, basée à Téhéran - cf. infra).
- Lyad Allaoui, représentant de l'Entente nationale irakienne
- un représentant de l'Assemblée (ou Conseil) suprême de la révolution islamique en Irak (ASRII), Abdoul Aziz Al Hakim, frère du dirigeant de ce mouvement et chef de ses milices armées (les Brigades Al Badr). Ce mouvement a en effet accepté de collaboré avec J. Gardner suite aux concessions de ce dernier sur l'élection du futur gvt provisoire irakien.
* Ils sont rejoints le 8 mai par deux autres :
- un représentant du parti chiite traditionnel Al Da'wa, créé en 1956 (favorable au multipartisme et à une décentralisation poussée mais émule de la république iranienne)
- un représentant du Parti national démocratique irakien, parti sunnite arabe créé dans les années 1960 (Nassim Kamal Chaderchi).
* Quant aux autres forces politiques notables (plus de 70 nouveau partis seraient nés ou réapparus), il faut mentionner :
- le Parti communiste irakien (créé en 1934 et sévèrement réprimé par le régime de S.H.), dirigé par Hamid Majid Moussa, et qui serait en plein renouveau. Il est le premier parti politique à avoir fait paraître son journal, Tariq Al Sha'ab, dès la fin avril.
- le Mouvement libéral démocratique, né en 1996 et qui regroupe des intellectuels et professions libérales, ainsi notamment qu'une organisation de défense des droits de l'Homme.
- le Mouvement islamique de l'Irak, fondé le 15 mars, dirigé par Hamid Al Moktar, écrivain, d'obédience chiite libérale.
(cf. la présentation du Monde diplomatique des "Principaux partis d'opposition irakiens", et infra les 12-13 juillet pour la composition du nouveau Conseil de gvt transitoire).
¤ 9 mai : le président G. Bush annonce un vaste plan de paix et de développement économique pour le Proche-Orient, et propose la création d'un zone de libre-échange avec les E.U. dans cette région d'ici 2013.
¤ 10 mai : le dirigeant de l'Assemblée (ou Conseil) de la révolution islamique en Irak (ASRII), l'ayatollah Mohammed Baqer Al Hakim, rentre d'exil (de Téhéran, où il résidait depuis 1982) et déclare à Bassorah, devant 10.000 sympatisants que l'avenir de l'Irak "appartient à l'Islam", appelant de ses voeux une "république islamique".
¤ 12 mai : l'administrateur civil P. Bremer, du Département d'Etat, succède au général Jay Gardner, proche de D. Rumsfeld. Bremer va progressivement réduire le "Conseil des 7" à un rôle inférieur et très secondaire, mais lui adjoindra 23 nouveau membres. Il va également abandonner le projet de la tenue cet été d'un Congrès national pour l'élection d'un nouveau gouvernement, ce qui va susciter la colère de la plupart des partis politiques en Irak.
¤ 14 mai : certains quartiers de Bagdad sont toujours livrés au pillage de bandes armées...
¤ 15 mai : le Conseil des 7 réagit vivement à la réduction de pouvoir qui lui est imposé par P. Bremer...
¤ 16 mai : P. Bremer interdit l'accès à la (nouvelle) fonction publique irakienne à tous les anciens membres du parti Baath... alors qu'un imam chiite radical de Bagdad, Mohammed Al Fartoussi, menace du pire, lors de son prêche de la prière du vendredi, "les femmes pècheresses, les vendeurs d'alcool et les cinémas".
¤ 19 mai : pour la première fois depuis de nombreuses années, les chiites peuvent célébrer l'anniversaire de la mort du Prophète Mahomet (seuls les sunnites en avaient la liberté sous le régime de S.H.)
¤ 22 mai : le Conseil de sécurité de l'ONU met fin aux sanctions imposées depuis 1990 à l'Irak (cf. ma chronologie de l'Irak à cette date). (Résolution 1483). Accéder au texte sur le site de l'ONU : www.un.org/french puis cliquer sur "Centre de nouvelles" puis "Dossier d'actualité Irak".
¤ 23 mai : le brésilien Sergio Veira de Mello, Haut commissaire aux droits de l'Homme, est nommé représentant spécial de l'ONU en Irak.
¤ 23-26 mai : après la dissolution de l'armée irakienne (360.000 h.) par P. Bremer et le refus d'indemniser les officiers supérieurs pour cause de "baathisme", une centaine d'entre eux manifeste et exigent le paiement de leur solde, le retour à l'ordre dans le pays et la formation rapide d'un gvt provisoire, sous peine de "prendre les armes".
¤ 1er juin : la décision de P. Bremer de réduire le futur conseil de gvt transitoire irakien, auquel il a déjà ôté la base élective (cf. supra le 12 mai), à un pouvoir seulement consultatif déclenche la colère de l'ensemble des mouvances politiques nationales. Sous leur pression de même que celle de l'ONU et de la communauté internationale, Bremer finira par céder (cf. infra le 7 juillet)..
¤ 4 juin : après plus de deux mois de recherches, et 300 sites visités, aucune arme de destruction massive (ADM) n'a été retrouvée par les forces de la Coalition. (cf. infra le 9 juillet).
¤ 7 juin : Abdoul Aziz Al Hakim, frère du chef de l'ASRII, déclare qu'il ne participera au nouveau conseil consultatif national nommé par P. Bremer que si de ce dernier sort un gvt élu à brève échéance.
¤ 11 juin : D. Rumsfeld parle de "plusieurs mois", pour éradiquer la résistance irakienne à la présence des forces de la Coalition dans l'ouest de l'Irak.
¤ 14 juin : P. Bremer annule l'élection municipale qui devait avoir lieu à Najaf, et qui était spontanément organisée par les partis locaux (tous chiites). L'Ayatollah Al Hakim, dont le candidat avait de bonnes chances d'être élu, ironise sur les "prétendus démocrates américains" qui "refusent aux Irakiens de droit d'élire leurs représentants".
¤ 15 juin : l'opération "Péninsule" lancée contre les "rebelles" du "triangle sunnite" (nord et ouest de Badgad, jusqu'à la frontière syrienne), a fait 113 victimes selon un bilan officiel, et 400 pers. ont été arrêtées. A Najaf, l'ASRII créé un "Comité de coordination" de six partis islamiques chiites et de six partis laïques chiites (mais qui ne comprend pas la faction Al Sadr), et pousse à des manifestations de protestations contre l'annulation des élections municipales.
¤ 20 juin : alors que les attaques contre les forces de la Coalition se poursuivent, d'anciens soldats de celle-ci révèlent dans un entretien donné à un quotidien anglais, The Evening Standard, qu'ils sont tiré sur des civils irakiens, achevé des blessés ou laissé des soldats irakiens agoniser. Ces déclarations font écho à celles de prisonniers irakiens civils et militaires qui avaient assuré à Amnesty international, en mai dernier, avoir été torturés par les soldats de la Coalition.
¤ 24 juin : réaction spontanée de la population d'un village au nord de Bassorah suite aux fouilles effectuées avec des chiens par les soldats britanniques à la recherche d'armes : 6 soldats tués, de même que 4 tués et 17 blessés parmi les villageois...
¤ 27 juin : l'ancien ministre de l'Information irakien, Mohammed Saïd al Sahhaf a été arrêté puis libéré. Il reconnaît que les informations qu'on lui transmettait, et sur lesquelles étaient fondées ses tonitruantes apparitions télévisées, étaient fausses
¤ 30 juin : 6 étudiants en théologie sont tués et 15 personnes blessées, dont l'imam, lors d'une explosion dans une mosquée de Falloujah, sous la pression populaire, l'armée des E.U. évacue la ville.. Nouvelle contre-attaque des forces des E.U. contre les "rebelles", baptisée "Crotale du désert". La précédente, "Scorpion du désert", à donné lieu à 900 arrestations.
¤ 3 juillet : le gvt des E.U. et P. Bremer offrent 25 millions de dollars à toute personne permettant la capture de S.H. L'U.E. débloque une nouvelle aide, de 37 millions d'euros, qui s'ajoute à celle de 32,5 millions annoncée juste au lendemain de la guerre.
¤ 4 juillet : l'ayatollah Baqer Al Hakim (chef de l'ASRII) réclame l'intervention de l'ONU dans la mise en place de l'avenir politique de l'Irak.
¤ 5 juillet : une enquête d'opinion aux E.U. révèle que 69% des pers. interrogées souhaitent que la "reconstruction" de l'Irak se fasse sous l'égide de l'ONU.
En Irak, un journaliste britannique est tué à Bagdad, et 7 policiers irakiens meurent (45 autres blessés) lors de jets d'explosifs sur leur camp d'entrainement (ils sont entraînés par les forces de la Coalition) dans la ville de Ramadi (à l'ouest de la capitale).
¤ 7 juillet : sous la pression des Irakiens et de l'ONU, le gvt des E.U. et Paul Bremer acceptent de doter le prochain gvt provisoire de pouvoirs réels, d'ordre "exécutif" (cf. supra 1er juin et infra 12-13 juillet). Le nouveau conseil municipal de Bagdad se réunit, en présence de P. Bremer. Il est composé de 37 membres, dont 6 femmes et 3 kurdes, et 62% de chiites, ce qui est censé refleter la composition religieuse de la ville.
* A Londres, la commission parlementaire des Communes chargée d'enquêter sur les "mensonges" du gvt Blair à propos des ADM irakiennes rend ses conclusions : T. Blair et A. Campbell sont blanchis de l'accusation d'avoir agi de manière délibérée, mais la commission épingle la "formulation trop affirmative" des "45mm" évoquée par le Premier ministre dans son discours du 24 septembre 2002 à propos de l'utilisation des ADM par l'Irak, et surtout, critique vivement le rapport officiel "bidonné" présenté devant la Chambre le 2 février 2003 (ce que le gvt avait d'ailleurs reconnu qq jours après) : "en produisant un tel document, le gvt a mis en cause la crédibilité de son argumentation en faveur de la guerre" ; "il est totalement inacceptable pour le gvt de plagier un travail sans mentionner de source"; etc...
¤ 8-11 juillet : la présidence des E.U. reconnaît dans un communiqué que G. Bush "n'aurait pas dû" affirmer dans son discours sur l'état de l'Union de janvier 2003 que le gvt irakien avait tenté de se procurer de l'uranium au Niger. Mais le Président et sa conseillère, C. Rice, renverront la responsabilité (le 11 juillet) de cette affirmation sur la CIA, qui aurait "validé" l'information. Le 12 juillet, Georges Tenet plaide coupable (protégeant ainsi politiquement son gvt) et reconnaît avoir livré de "faux renseignements"
¤ 9 juillet : D. Rumsfeld reconnaît devant la Commission des affaires militaires du Sénat que le président Bush n'a pas déclenché l'intervention militaire contre l'Irak à cause des Armes de destruction massive. Il se montre par ailleurs favorable à l'envoi de troupes françaises et allemandes en Irak.
¤ 11-13 juillet : les forces de la Coalition sont victimes de plusieurs attaques quotidiennes (entre 10 et 25 selon les dirigeants militaires des E.U.). Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld indique devant le Congrès que le coût de la présence des forces des E.U. en Irak se monte à 3,9 dollars par mois, soit le double de ce qu'il avait déclaré en avril. cf. infra le 16 juillet pour d'autres chiffres...
¤ 12 juillet : alors que le lancement du Conseil de gvt transitoire est imminente, l'ayatollah Al Hakim, dirigeant de l'ASRII, avertit les E.U. que la majorité chiite du pays, persécutée par le régime de S.H., doit bénéficier de "compensations" politiques dans le nouveau régime.
¤ 12-13 juillet : lancement du "Conseil de gouvernement transitoire" par Paul Bremer. Cet organe, nommé par les E.U., doit préparer, dans le délai d'un an, un "Irak nouveau", doté d'un régime "démocratique, fédéral et unifié". Il pourra et devra nommer et révoquer les ministres et diplomates, voter le budget national, relancer l'économie, préparer des élections générales, former une commission constituante. Mais l'administrateur civil P. Bremer conserve un droit de veto, dont l'importance a été cependant minimisée par l'un des membres du Conseil lors d'une allocution. Composé de 25 membres, dont une majorité de chiites (14), mais avec une sous-représentation de la mouvance islamiste (accéder à la composition détaillée de ce Conseil, et compléter et comparer avec la "Présentation des principaux partis d'opposition" irakiens).
* Ce Conseil accuse en effet un déficit de représentation des islamistes chiites du puissant Comité Al Sadr, maître du grand quartier chiite de Bagdad est (2 millions d'habitants), qui refuse toute collaboration avec les forces étrangères et laisse filtrrer dans ses prêches hebdomadaires des accusations envers d'autres mouvances similaires, telle l'ASRII, de lâcheté devant le régime de S.H. (le chef de cette organisation, l'ayatollah Al Hakim, s'est exilé en 1982 en Iran) et de collaboration avec les E.U. Quant au Congrès national irakien de Ahmed Chalabi, de même que la faction du sheikh Al Khoï, assassiné dans la mosquée d'Ali à Najaf le 10 avril dernier (cf. supra), ils sont de véritables "traîtres" et valets de l'Ocident aux yeux de la faction Al Sadr.
* Parallèlement, lancement d'un nouvelle opération militaire dans le "triangle sunnite" (cf. supra les 15 et 30 juin), baptisée "Serpent de lierre" (plus de 27 raids différents), et qui débouchera le 14 juillet sur plus de 200 arrestations et d'importantes saisies d'armes.
¤ 13 juillet : 77 soldats des E.U. ont été tués depuis le 1er mai. Hans Blix déclare que la déclaration de Tony Blair devant la Chambre des Communes le 24 septembre 2002 à propos du temps d'utilisation des ADM par l'Irak ("45mm") était une "erreur fondamentale"... (cf. supra le 7 juillet).
¤ 14 juillet : nouvelle attaque contre la présence des E.U. à Bagdad (1 GI tué et 6 blessés). Depuis le 1er mai, au moins 80 soldats des E.U. ont été tués, de même que 6 soldats britanniques. Ce même jour, 2000 pers. ont manifesté à l'appel du parti communiste irakien pour commémorer la chute de monarchie hachémite le 14 juillet 1958, par un coup d'Etat qui porta au pouvoir le général Kassem, jusqu'en 1963 (cf. ma chronologie de l'Irak à cette date). C'est la première fois que le PCI participe au pouvoir depuis cette dernière date : son leader, Hamid Majid Moussa, est en effet membre du Conseil de gvt transitoire lancé il y a deux jours (cf. supra). Un des membres du Comité Al Sadr a qualifié la création du Conseil de gvt transitoire de "pas dans la bonne direction", mais ne représentait pas "l'espoir des Irakiens". Au contraire, le secrétaire général du Parti national démocrate irakien (représenté au Conseil), Abdel Karim Al Rabeï, a estimé au Caire que les forces de la Coalition devaient rester en Irak en raison de l'insécurité et de l'instabilité politique que connaît le pays.
* Finalement l'un des plus profonds clivages, transcendant les différences ethniques ou religieuses, au sein du Conseil et plus généralement au sein de l'échiquier politique national, est celui concernant l'attitude à adopter face aux forces de la Coalition : appel au départ par des formations aussi différentes que le PCI, et les islamistes chiites du parti al Da'wa, l'ASRII ou le Comité Al Sadr ; préférence pour le maintien (parfois ss l'égide de l'ONU) pour le CNI d'A. Chalabi (chiite) et le Parti national démocrate irakien (présidé par Nassir Kamal Chaderchi, sunnite), les partis kurdes, ou d'autres partis non représentés au Conseil.... Mais il ya a quand même un certain consensus : le rejet du régime de S.H., comme en témoigne la première décision officielle du Conseil : faire du 9 avril, jour de la chute de Bagdad et donc du régime de l'ancien dictateur, un jour férié, celui de la fête nationale irakienne...
* Le tout sur fond de lutte interne pour le leadership politico-religieux chiite (contrôle de Najaf notamment) et de luttes d'influence entre sunnites et chiites, et plus largement entre l'Arabie Saoudite, finançant les mouvements islamistes sunnites, et l'Iran, encourageant les partisans de la "révolution islamique" chiite (dont spécialement l'ASRII, mais aussi le parti Al Da'wa). Mais les chiites, qui bénéficient de l'avantage démographique, temporisent avec les forces de la Coalition et P. Bremer (mis à part la faction Al Sadr qui les boycotte), alors que les sunnites islamistes ou nostalgiques de l'ancien régime résistent plus nettement aux forces de la Coalition (notamment dans le fameux "triangle sunnite" évoqué supra) : l'un des plus hauts dignitaires sunnites irakiens, le cheikh Ahmed Al Qoubeïssi, avait déclaré en ce sens, le 17 juin dernier, que "la préoccupation majeure des sunnites est de combattre les Américains, alors que celle des chiites est de battre les sunnites"... Le lendemain, le cheikh Abul Aziz Al Hakim, n° 2 de l'ASRII (cf. supra) avait en effet appelé - en écho à l'ensemble des dignitaires de la Hawza, centre religieux chiite de Najaf - à cesser les attentats et attaques contre les forces de la Coalition et à mener une résistance "pacifique", s'en tenant à l'action politique pour la "libération" de l'Irak... Et, de fait, malgré quelques incidents (comme celui du 24 juin), le sud du pays est infiniment plus calme sur ce point que le nord et l'ouest, Bagdad compris...
¤ 15 juillet : deuxième décision du Conseil de gvt transitoire : la création d'un tribunal pour juger les "crimes de guerre" commis sous le régime de Saddam Hussein. La création de ce Conseil est par ailleurs saluée par les pays du Golfe, de même que par la Syrie et l'Iran, qui insistent tous cependant sur une restauration de la souveraineté de l'Irak, vers "la restitution du pouvoir aux Irakiens", ainsi que l'affirme Téhéran.
¤ 16 juillet : L'opération "Serpent de lierre", lancée par l'armée des E.U. le 12 juillet dans le "Triangle sunnite", aurait abouti à l'arrestation de 450 partisans du régime déchu et à la saisie de 100 fusils d'assaut et 400 obus de mortiers... On a vu également une foule applaudir après qu'une roquette ait fait exploser un camion militaire, tuant un GI, à l'ouest de Bagdad... C'est le 82e décès de militaires américains depuis le 1er mai, dont 33 lors d'attaques armées.
* Selon de nouvelles prévisions de l'administration fédérale, le déficit budgétaire des E.U. va encore se creuser pour 2003, atteignant 455 milliards de dollars, notamment à cause de l'intervention militaire en Irak, qui va coûter semble-t-il 47 milliards de dollars cette année et 20 milliards en 2004.
¤ 17-18 juillet : selon l'UNICEF, un millier d'enfants seraient morts depuis mars dernier suite à des manipulations d'armes abandonnées en Irak. Selon un sénateur des E.U., le directeur de la CIA George Tenet a affirmé devant une commission sénatoriale que "quelqu'un" à la Maison Blanche avait insisté pour que les informations erronées sur l'uranium irakien figurent dans le discours sur l'état de l'Union du président George W. Bush en janvier dernier... Mais Tony Blair, lors d'un discours devant le Congrès des E.U., a affirmé que "même si" l'on ne retrouve pas d'ADM, et que la menace de voir des terroristes recourir à des armes de destruction massive ne se matérialise pas, "nous aurons au moins détruit une menace (Saddam Hussein) responsable de carnages et souffrances inhumains . Je suis sûr que c'est là quelque chose que l'histoire nous pardonnera", a-t-il dit."je crois au plus profond de mon être, et avec toutes mes convictions, que nous avons eu raison, et que si nous n'avions pas agi ou si nous avions hésité face à cette menace au lieu de donner l'exemple, l'histoire ne nous l'aurait pas pardonné". M. Blair a également appelé à un engagement durable en Irak, affirmant qu'il ne fallait pas partir de ce pays "avant que le travail ne soit fini".
* Par ailleurs la nouvelle opération militaire de l'armée occupante contre les "rebelles", baptisée "Soda Moutain", s'est soldée par l'arrestation de 611 personnes, la saisie de plus de 4000 mortiers, 1300 lance-roquettes et 635 armes "de tous calibres".
¤ Vendredi 18 juillet : manifestations de milliers d'Irakiens au sortir de la prière du Vendredi, marquées par des prêches hostiles aux E.U. et au nouveau Conseil de gtv provisoire, d'une part à Bagdad, à l'appel du Collège des oulémas sunnites d'Irak, d'autre part à Koufa (120 km au sud de Bagdad), à l'appel de l'imam, sayyed Muqtada Al Sadr, qui a qualifié d'"illicite" le Conseil de gvt transitoire, "créé par les E.U. et leurs valets". On assiste donc à une certaine alliance entre les islamistes sunnites et une fraction d'islamistes chiites, la faction Al Sadr, qui a sans doute intérêt à se positionner radicalement de la sorte, et à tenter de délégitimer ainsi la faction rivale de l'ASRII - membre du Conseil de gvt - étant donné le handicap dont souffre son jeune chef dans la course au leadership religieux au sein de la communauté chiite (cf. le résumé de ma conférence du 16 juillet sur ces questions). Outre le fait que le jour du vendredi y est en soi favorable, ces manifestations ne sont pas étrangère à la présence discrète de Paul Wolfowitz, n° 2 du département de la Défense, en Irak, l'un des principaux "néo-conservateurs" et promoteurs de l'intervention militaires des E.U. dans ce pays.
* On apprend le décès du docteur David Kelly, disparu depuis la veille, un expert en désarmement du ministère de la Défense britannique, qui fut inspecteur du désarmement pour l'ONU en Irak de 1994 à 1999 (il s'est rendu 37 fois dans ce pays), et qui venait d'être publiquement et agressivement mis en cause par des officiels dans la polémique qui sévit actuellement en GB sur le "gonflement" du dossier des ADM par le Gvt de Sa Majesté... La première expertise médicale révèlera (le lendemain) un suicide.... spontané ou "provoqué" ?
¤ 19 juillet : le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a affirmé que la démocratie en Irak ne devait pas être imposée de l'extérieur, et devait venir de l'intérieur, alors que le directeur de la Banque Mondiale pour le Machrek insistait sur le "défi" économique auquel est confronté un pays sorti épuisé et en partie détruit par 23 ans de guerres et d'embargo et dont 50% de la population à moins de 16 ans... Aux E.U., plusieurs enquêtes d'opinions révèlent une chute brutale d'opinions favorables pour le Président, dont la politique étrangère est critiquée par 49% des sondés, et seulement 39% des pers. interrogées estiment que la campagne irakienne a été un succès, contre 52% en mars dernier...Par ailleurs le taux de chômage est au plus haut depuis 9 ans (6,4%), et 66% des sondés se déclarent décus par l'action économique du Gvt.
* Des manifestations de soutien à Muqtada Al Sadr et à son mouvement ont eu lieu en soirée à Bagdad, Bassorah et Najaf, rassemblant des milliers de fidèles chiites, ulcérés par l'encerclement du domicile du dignitaire religieux vers midi par l'armée américaine (démonstration de force et sans doute une tentative d'intimidation suite au prêche virulent de la veille, mais l'intéressé n'était pas présent, sans que l'on sache si l'armée US le savait, et si c'est la raison pour laquelle elle s'est finalement retirée...).
¤ 20 juillet : les attaques anti-américaines se poursuivent : deux soldats tués ce jour dans le nord du pays (région de Mossoul), ce qui porte à 37 le nombre de soldats des E.U. tués lors d'attaques depuis le 1er mai. Par ailleurs un convoi de l'ONU est tombé dans une embuscade au sud de la capitale, un chauffeur irakien a été tué.
* En mâtinée, une manifestation a rassemblé 10.000 chiites à Najaf, venus soutenir le dignitaire Muqtada Al Sadr, auteur d'un prêche virulent vendredi 18 juillet et dont le domicile a été encerclé par l'armée américaine le 19 (cf; supra). Une démonstration considérable de popularité et de puissance politique et religieuse qui doit édifier aussi bien les Occupants que la faction chiite rivale de l'ASRII (cf. supra le 18 juillet). D'autant plus que Seyyed Sadr a entamé la création d'une milice armée, baptisée "L'armée du Mahdi" (du nom de l'imam attendu par les Chiites à la "Fin des temps"), sans doute pour faire pendant à la puissante milice de l'ASRII, les Brigades Badr.
* L'administrateur en chef des E.U. en Irak, Paul Bremer a déclaré que "si les Irakiens peuvent rédiger une constitution en six ou huit mois, et que cela peut être suivi rapidement d'élections, il est possible que nous ayons effectivement un gouvernement souverain dans un an".
* En GB, La BBC reconnaît (à la demande de sa famille) que le Docteur Kelly était bien sa "source principale" sur le dossier "gonflé" des ADM. Des courriels du décédé dénoncent une pression "intolérable" de la part de son employeur, le ministère de la Défense. Tony Blair exclut toute démission et tout rappel du Parlement.
* A noter un reportage de TF1 consacré à la "spoliation" de 1500 propriétaires privés par l'armée des E.U. qui s'est installée d'office sur leurs terrains, dont plusieurs sont déjà pourtant construits, en y installent un vaste camp militaire. En réalité, ces terrains avaient été offerts par Saddam Hussein à des officiers supérieurs de l'armée irakienne, qui les avaient revendus à des particuliers...
* Un tribunal irakien à Ramadi, près de Bagdad, a ouvert dimanche un procès intenté par un berger irakien contre le chef du Pentagone Donald Rumsfeld et son armée, qu'il accuse d'avoir tué durant la guerre 17 membres de sa famille et 200 de ses moutons. Aucun militaire américain n'était présent...
¤ 21 juillet : un nouveau GI tué, de même que son interprète irakien, au nord de Bagdad, alors que des convois et positions militaires US ont encore été attaqués à la roquette...
* Pendant que le Conseil de Gvt transitoire est réuni à huit-clos pour arrêter la création de ministères et la nomination de ministres, le journal de la vénérable institution religieuse chiite de Najaf, Al Hawza, qualifie le Conseil de "mort-né" (qui contrôle cet organe de presse ? Si c'est la faction Al Sadr, c'est normal, étant donné la radicalisation des positions de ce mouvement depuis au moins le 18 juillet (cf. supra) ; si c'est la faction Al Sistani, c'est plus surprenant (et inquiétant)... Cf. le résumé de ma conférence sur l'avenir politique de l'Irak à propos de ces différentes factions chiites. Mais le même jour, le quotidien de l'UPK de Jalal Talabani insistait au contraire sur la nécessité de soutenir ce premier organe politique irakien du "nouveau régime". Tout ceci confirme que l'attitude face à la puissance occupante (collaboration plus ou moins forte ou opposition plus ou moins radicale) reste actuellement la ligne de fracture la plus importante entre les différentes forces politico-religieuses en Irak. (cf. mon résumé et supra, le 14 juillet).
* Par ailleurs, un rassemblement de représentants
de plus de 400 tribus de toutes les communautés d'Irak a donné
lieu lundi à des discussions animées sur un éventuel
rôle des tribus dans le maintien de la sécurité et la
protection des installations vitales du pays.
¤ 22 juillet : l'armée des E.U. annonce que les deux fils de Saddam Hussein, Oudaï et Qoussaï, ont été abattus lors de violents échanges de tirs dans une villa de Mossoul... Après le raid, quatre corps calcinés ont été retirés des décombres de la maison, et le chef de la tribu Bou Issa, Cheikh Mohamed Al-Zaidane, et son fils ont été arrêtés. Le propriétaire de la maison, Nawaf Mohamed Al-Zaidane, "aurait informé les forces américaines que les fils de Saddam Hussein, Oudaï et Qousaï, et un garde du corps, s'étaient réfugiés dans sa maison et qu'il voulait se débarrasser d'eux", a déclaré à l'AFP une parente de Zaidane, sous couvert de l'anonymat. Les forces américaines ont encerclé la résidence se trouvant dans un quartier nord de Mossoul et l'ont bombardée avec des roquettes et utilisé des hélicoptères, selon un responsable militaire.
* Plus tôt dans la journée, un technicien sri-lankais travaillant pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été tué au sud de Bagdad, victime de tirs d'origine inconnue et son chauffeur a été blessé, a annoncé le CICR. Un nouveau soldat américain a été tué et un autre blessé dans une embuscade entre Balad et Ramadi, à l'ouest de Bagdad, une zone sunnite où les troupes américaines sont quasi-quotidiennement la cible de forces hostiles. Leur véhicule a été attaqué au lance-roquettes, selon le commandement central américain (Centcom). L'attaque porte à au moins 39 le nombre de soldats américains tués dans des attaques depuis la fin officielle des hostilités en Irak, le 1er mai.
*A New York, devant le Conseil de sécurité
de l'Onu réuni en séance publique sur la situation en Irak (pour
la première fois depuis le début de la guerre en mars), le secrétaire
général des Nations Unies Kofi Annan a appelé
mardi à la mise en place d'un gouvernement représentatif
permettant la fin rapide de l'occupation militaire du pays. La réunion
a permis à un représentant du Conseil de gouvernement transitoire
lancé le 13 juillet, Adnan Pachachi, de prendre la parole assis
derrière une pancarte intitulée "Chef de Délégation
- Conseil de gouvernement irakien". Un autre membre de la délégation,
Ahmed Chalabi, a ensuite déclaré qu'elle avait "espéré"
être autorisée à occuper le siège de l'Irak. "Je
crois comprendre que cela n'a pas été approuvé en raison
de réticences de certains de nos voisins", a-t-il dit. (cf. ces
personnages dans la page "Composition
détaillée" du Conseil). Voici qui est révélateur
de la volonté des pays voisins (notamment la Syrie et l'Iran) de ne
voir occuper ce siège de l'Irak à l'ONU que par une délégation
d'un véritable gouvernement souverain... (cf. supra le 15 juillet).
¤ 23 juillet : alors que des individus se présentant comme des "Feydayyins de Saddam" (milice paramilitaire de l'ancien régime) annoncent dans une vidéo une intensification du Jihad contres les forces de la Coalition, un GI est tué et 7 blessés près de Mossoul, où s'est déroulée l'attaque contre la villa où résidaient les deux fils de Saddam Hussein.
¤ 24 juillet : alors que des photos des fils de Saddam Hussein décédés sont rendues publiques par l'armée des E.U., trois nouveaux GI's tués et un blessé dans une embuscade, toujours dans la région de Mossoul. En France, D. de Villepin juge contraire à la garantie de la sécurité en Irak la proposition des E.U. de faire intervenir des contingents militaires de pays tiers au conflit...
* Par ailleurs, le président (provisoire) en exercice du Conseil de gouvernement transitoire, Mohammad Bahr Al-Ouloum, un dignitaire religieux chiite libéral (cf. dans "Composition détaillée" du Conseil), a reconnu une certaine "lenteur" dans les travaux, mais promis que d'ici deux semaines, les ministres seraient désignés et le comité de rédaction d'une Constitution mis sur pied. Cette constitution serait ensuite soumise à référendum. Il a de plus assuré que le Conseil "oeuvre pour le recouvrement de l'indépendance et de la souveraineté de l'Irak et la reconstruction d'un pays ployant depuis deux décennies sous un régime tyrannique". L'institution a récemment été l'objet de dures critiques, notamment du côté des islamistes chiites de la faction Al Sadr (cf. supra, les 18 et 21 juillet), faction qui n'est, certes, pas représentée au Conseil et refuse toute collaboration avec les forces d'Occupation. De son côté, le plus haut dignitaire chiite d'Irak, l'ayatollah Ali Sistani, s'est déclaré opposé à la rédaction d'une nouvelle constitution par une assemblée désignée par les forces d'occupation, estimant que des élections générales doivent se tenir au préalable. Cette intervention est d'autant plus importante qu'elle émane du plus haut dignitaire de Najaf, plutôt modéré et partisan d'une non-intervention directe du clergé dans la vie politique (cf. le résumé de ma conférence sur l'avenir politique de l'Irak sur ces différentes factions chiites). Autre souci du Conseil, les perquisitions lancées par les troupes américaines qui ont également visé des partis représentés au sein du Conseil comme l'Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (Asrii). Tout en reconnaissant aux forces des E.U. un rôle dans le maintien de la sécurité, le Conseil réclame qu'une certaine procédure soit observée, tant dans des locaux de partis qu'aux domiciles des particuliers.
¤ Vendredi 25 juillet : jusqu'à sans doute 100.000 fidèles chiites ont écouté un discours du seyyed Muqtada Al Sadr à Najaf après la prière hebdomadaire, qui a répété (cf. supra) que les troupes U.S. devaient quitter le territoire national, que le Conseil de gvt transitoire devait être dissous car il "ne représente pas le peuple irakien", et qui a avertit les autres dignitaires religieux chiites qu'ils ne pourraient rester "neutres" dans cette affaire (message sans doute destiné en priorité à la faction Sistani (cf. supra), jusque là très discrète et réservée).
Quant au président Bush, il n'a pas hésité
à affirmer, commentant la publication des photos des corps des deux
fils de Saddam Hussein "réparés", que "le
peuple irakien a désormais vu clairement la détermination des
E.U. à assurer sa liberté"...
¤ 26 juillet : alors
que Muqtada Al Sadr, poursuivant sur sa lancée de la veille,
réclame, dans une conférence de presse à Najaf, la mise
en place d'un "Conseil populaire" formé de "toutes
les composantes du peuple irakien", et élu par lui, le Gvt
égyptien, pourtant allié des E.U., abonde dans le même
sens, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Ahmed
Maher, pour lequel également le Conseil de gouvernement transitoire
"ne représente pas le peuple irakien", et par la voix
de son président, Hosni Moubarak, qui réclame des élections
générales rapides sous peine de voir la violence augmenter...
* Trois nouveaux GI's sont tués et 4 blessés à Baaqouba (60 km au nord de B.), attaqués à la grenade alors qu'ils montaient la garde devant un hôpital pour enfants de la ville. Une zone où les troupes d'occupation multipliaient les perquisitions et les arrestations depuis deux semaines. De plus, un autre soldat américain a été tué et deux autres blessés près de la ville d'Abou Ghoraïb, à l'ouest de Bagdad. Ils appartenaient à une unité du génie et se trouvaient dans un convoi qui a été attaqué à l'arme légère et à la grenade. Alors que les attaques et aussi les échaufourrées avec la population irakienne sont quotidiennes, de plus en plus de soldats américains se plaignent publiquement, sur les chaines de télés U.S. ou européennes, de leur situation, à tel point que le Pentagone les menace dorénavant de la Cour martiale...
* Cependant, après la Bulgarie et l'Espagne, le Japon vient d'autoriser l'envoi de troupes en Irak, dont la mission sera certes limitée à l'humanitaire ou à la "reconstruction". Mais c'est tout de même historique pour le pays, qui n'a jamais envoyé de troupes à l'étranger depuis sa défaite de 1945.
* Par ailleurs, le chef tribal Nawaf Al Zaidane, propriétaire de la villa de Mossoul où ont été tués les deux fils de S.H. est soupçonné d'être le dénonciateur, et d'avoir donc empoché la prime de 30 millions de dollars offerte par le gvt américain... Dépeint par des voisins comme un homme "avide d'argent", il aurait été enmené libre et sans menottes par les soldats après l'investissement de la villa, alors que, précisément, les autorités de la Coalition ont affirmé avoir pris sous leur protection le fameux "informateur" toujours officiellement anonyme... (cf. aussi supra, le 22 juillet).
¤ 27 juillet : Un "marine" américain a été tué et un autre blessé dans une attaque à la grenade à Al-Haswah, à 30 km au sud de Bagdad, alors qu'un Irakien a été tué et trois autres blessés par des tirs de soldats américains lors d'une manifestation à Kerbala, au sud de Bagdad, selon des habitants. Quelque 300 personnes protestaient contre le jet par des militaires américains, la veille, d'une grenade fumigène sur un lieu saint de cette ville. Des pierres ont été lancées par des manifestants contre les soldats américains qui ont riposté en ouvrant le feu.
* Le sort des corps des deux fils de S.H. n'a pas été
fixé, mais Cheikh Mahmoud al-Nada, chef de la tribu Bou Nasser,
apparentée à Saddam Hussein, a déclaré dans une
interview à la télévision satellitaire Al-Jazira du Qatar
qu'il avait réclamé les corps "pour des raisons familiales
et religieuses" mais que la coalition avait rejeté sa demande...
Quant au président déchu, Ahmed Chalabi a déclaré
qu'il serait préférable qu'il soit capturé vivant et
jugé pour ses crimes (cette solution s'impose d'autant plus que
la mort de ses deux fils est toujours mise en doute par une partie de l'opinion
publique, opinion d'ailleurs partagée en outre, semble-t-il, entre
la joie de les savoir enfin éliminés de l'avenir politique du
pays et l'humiliation de savoir qu'ils ont été tués par
des soldats américains...).
¤ 28 juillet : Un
nouveau soldat de la Coalition tué dans l'attaque à l'explosif
d'un convoi à Bagdad, qui a fait trois autres blessés
américains, ce qui porte à au moins 50 le nombre de soldats
américains tués dans des actions hostiles depuis le 1er
mai en Irak, date de la fin déclarée des opérations
militaires majeures en Irak.
* Pendant ce temps, l'armée us traque toujours S.H. (13 de ses gardes du corps ont été arrêtés au cours du week-end), notamment à Tikrit dans son "fief", mais aussi à Bagdad, non sans commettre des "bavures" : des soldats ont mené la veille un raid sur une maison du quartier Mansour, dans le centre de Bagdad, où elles soupçonnent que l'ex-président irakien aurait pu se cacher. Le propriétaire de la maison, Cheikh Amir Rabiha Mohammed al-Chammar, apparenté à l'épouse de Saddam Hussein, a indiqué à l'AFP que cinq civils irakiens avaient été tués par des tirs. Parmi eux figurent selon des témoins les trois occupants d'une voiture mitraillée pour ne pas s'être arrêtée à un barrage de contrôle américain. L'armée américaine n'a rien confirmé. Pendant cette opération, un journaliste japonais a été brutalisé et détenu pendant une heure après avoir filmé leur attaque sur la maison visée, selon la presse japonaise lundi.
* Alors que le Conseil de gvt transitoire était réuni au grand complet pour discuter des ministères à créer et de sa présidence, et réitérait à l'adresse des forces de la Coalition sa demande de respect par les troupes américano-britanniques de "certaines procédures lors des perquisitions, de manière à éviter des atteintes aux citoyens, à leurs biens ainsi qu'aux partis religieux et politiques", à Najaf (130 km au sud de Bagdad), des centaines d'Irakiens acclamaient le prétendant à la couronne d'Irak, Al-Charif Ali ben Hussein, et réclamaient le retour à la royauté.
* De son côté, l'Iran a réclamé lundi la libération "aussi vite que possible" de deux journalistes iraniens arrêtés le 1er juillet alors qu'ils travaillaient sur un documentaire dans les régions de Diwaniyah et Al-Kout (sud de l'Irak).
* Enfin, le président du barreau d'Athènes, Dimitris
Paxinos, a porté plainte lundi auprès de la Cour
pénale internationale (CPI) de La Haye contre les dirigeants
britanniques pour "crimes contre l'humanité" perpétrés
lors de la guerre en Irak. La plainte vise le Premier ministre britannique
Tony Blair, trois de ses ministres Jack Straw (Foreign office), Geoff Hoon
(Défense), le secrétaire d'Etat à la Défense Adam
Ingram, et plusieurs responsables militaires britanniques. Elle épargne
le président américain Georges W. Bush car les Etats-Unis n'ont
pas ratifié le traité sur la CPI, a expliqué M. Paxinos.
Le Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, va "étudier la plainte",
selon le porte-parole de la CPI.
¤ 29 juillet : La télévision satellitaire Al-Arabiya a diffusé mardi une bande sonore attribuée au président déchu irakien Saddam Hussein qui "pleure la mort" de ses fils Oudaï et Qoussaï tués par les forces américaines il y a une semaine, et qui déclare notamment : "Nous remercions Dieu qui nous a honoré de leur martyre" après "une bataille courageuse contre l'ennemi qui a duré six heures" ; Leur mort est "un sacrifice pour Dieu, l'Irak et la nation", "les jeunes de notre nation (arabe) et de l'Irak (suivront) Oudaï, Qoussaï et (le fils de Qoussaï) Moustapha sur le champ du jihad". "Que les deux menteurs (le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair), soient maudits de même que leurs laquais et agents (...)", indique encore la voix attribuée à Saddam. "Vive notre nation glorieuse, vive l'Irak, vive la Palestine, libre et arabe du Jourdain à la mer (Méditerranée), et à bas le sionisme", ajoute-t-elle. Il s'agit du 5e enregistrement sonore attribué à Saddam Hussein et diffusé par des chaînes de télévision arabes.
* Par ailleurs, le Conseil de gouvernement transitoire irakien a opté finalement pour une présidence tournante de neuf membres. Chacune de ces neuf personnalités présidera le Conseil durant un mois. Le "Conseil présidentiel" compte cinq chiites, deux sunnites et deux Kurdes, choisis parmi les 25 membres du Conseil de gouvernement transitoire. Les cinq chiites membres de la présidence tournante sont Iyad Al-Allaoui, Ahmad Chalabi, Abdel Aziz Al Hakim, Ibrahim Al-Jaafari et Mohammad Bahroul Ouloum. Les deux sunnites sont Adnane Pachachi et Mohsen Abdel Hamid alors que les deux kurdes sont Massoud Barzani et Jalal Talabani. Cf. la page Composition du Conseil de gvt transitoire.
* Enfin, la coalition américano-britannique à
Bagdad a accusé deux journalistes iraniens qu'elle détient d'avoir
"porté atteinte à la sécurité" de l'Irak.
Le gouvernement iranien a exigé leur libération rapide (cf.
supra le 28 juillet).
¤ 30 juillet : Deux
soldats américains ont été blessés dans une attaque
à la roquette anti-char à Samarra, à 100 km au
nord de Bagdad, selon un porte-parole militaire de la coalition américano-britannique.
Les forces américaines ont également été la cible
d'attaques à Falloujah, Mossoul et Baaqouba, ont rapporté des
témoins et l'armée sans faire état de victimes.
* La traque contre S.H. et d'autres responsables de l'ancien
régime s'intensifie, le président déchu n'aurait plus
que quelques heures d'avance à chaque fois sur les forces de la Coalition.
Ces dernières luttent également contre la déliquance
en tout genre : pour les seules dernières 24 heures, les soldats
américains ont mené 58 raids qui ont permis "l'arrestation
de 176 personnes pour diverses activités criminelles" (meurtre,
rapt, violence, vol...), a indiqué mercredi le Commandement central
américain (Centcom). La radio de la coalition américano-britannique
a annoncé qu'une récompense de 10.000 dollars sera accordée
à tout informateur qui dénoncerait des criminels et des saboteurs
en Irak.
* Sur le plan politique, le chiite Ibrahim al-Jaafari a été désigné mercredi premier président du Conseil de gouvernement transitoire irakien, parmi les neuf membres de la présidence tournante, élue la veille. Chacune des neuf personnalités présidera durant un mois, selon l'ordre alphabétique, le Conseil mis en place le 13 juillet par les autorités américaines (cf. supra, les 13 et 29 juillet).
* Le président de la Banque mondiale (BM) James Wolfensohn, arrivé mercredi à Bagdad pour évaluer les besoins de l'Irak, a déclaré que l'octroi d'une aide financière globale dépendait de l'adoption d'une nouvelle Constitution et de l'installation d'"un gouvernement agréé par le peuple irakien".
* Plusieurs centaines de chômeurs poursuivaient un rassemblement entamé la veille devant le siège de la Coalition américano-britannique à Bagdad à l'appel du "syndicat irakien des chômeurs", pour réclamer des emplois ou "une allocation de chômage de 100 dollars" mensuels, a constaté un journaliste de l'AFP.
* En Iran, le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a estimé que les Etats-Unis étaient un "loup plus féroce que le régime de Saddam", selon la télévision d'Etat iranienne...
¤ 31 juillet : Un
soldat américain a été tué et trois blessés
jeudi sur une route menant à l'aéroport de Bagdad, où
leur véhicule a sauté sur une mine, a annoncé l'armée
américaine dans un communiqué. Ce décès s'ajoute
à celui d'un autre soldat la veille au soir (30 juillet), tué
dans l'est du pays dans une attaque qui avait également fait deux blessés
parmi les forces américaines. Ces décès portent à
au moins 52 le nombre des militaires américains tués au combat
en Irak depuis le 1er mai, date à laquelle le président George
W. Bush avait annoncé la fin des opérations militaires majeures
dans ce pays. En outre, 56 soldats sont morts hors combat.
* L'armée américaine, qui est également confrontée à des attaques quasi-quotidiennes des forces loyalistes au président déchu Saddam Hussein dans la région d'Al-Anbar, à l'ouest de Bagdad, a offert jeudi dans cette province une récompense de 500 dollars pour la remise de chaque lance-missiles en état de marche. Cette annonce a été faite jeudi par le colonel David Teeples, commandant du 3ème régime de cavalerie blindé, au cours de la séance inaugurale du conseil régional à Ramadi, chef-lieu de cette province rebelle avec les villes de Falloujah et Ramadi.
* Face à l'insécurité qui continue de régner dans le pays, le représentant en Irak du Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), Krim al-Attassi, a jugé jeudi prématuré un retour rapide des quelque 500.000 Irakiens réfugiés à l'étranger.
* Sur le plan économique, la réouverture prochaine de l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan et la signature jeudi de contrats à terme avec 12 compagnies étrangères, pourraient permettre d'améliorer la situation. Les exportations pétrolières sont un enjeu crucial pour la reconstruction du pays. L'administration civile américaine en Irak espère que la production pourra atteindre 1,2 mbj et générer 3,4 milliards de dollars de recettes d'ici à la fin de l'année pour financer un budjet irakien de six milliards de dollars.
* En attendant ces fonds, Paul Bremer a jugé jeudi possible d'organiser des élections générales en Irak dans moins d'un an, ouvrant la voie au départ des forces de la coalition de ce pays. "Il n'est certainement pas irréaliste de penser que nous pourrions organiser des élections à la mi-2004", a déclaré M. Bremer à des journalistes à Bagdad. "Dès qu'un gouvernement souverain s'installera (en Irak), l'Autorité de la coalition lui cèdera le pouvoir, et mon boulot sera terminé", a-t-il réaffirmé.
* Aux Etats-Unis, après les conclusions très
dures du rapport de la Commission parlementaire d'enquête sur les
carences des services de renseignements lors des attentats du "11
septembre", rendues publiques le 24 juillet, la popularité
de G.W. Bush a enregistré une baisse sensible, avec 56% d'Américains
se déclarant satisfaits de leur président contre 62% en mai,
selon un sondage Wall Street Journal/NBC news publié ce jour. Mais
69% des Américains lui donnent toujours raison sur l'Irak et 58% des
personnes interrogées estiment que les troupes américaines devraient
rester en Irak "le temps qu'il faudra, même si cela doit durer
cinq ans". Pourtant, le Gvt Bush n'a toujours pas réussi à
obtenir des scientifiques irakiens interrogés des informations prouvant
que le régime de Bagdad possédait des armes de destruction
massive, selon le Washington Post. Le président Bush avait
réaffirmé mercredi que l'Irak avait de telles armes, mais, selon
David Kay, conseiller spécial à la CIA pour les ADM,
et rentré cette semaine d'Irak où il a supervisé l'ensemble
de la recherche de telles armes, aucune information n'a été
obtenue des scientifiques irakiens interrogés. M. Kay devait s'exprimer
jeudi devant des commissions du Congrès américain.
(à suivre)