Conflit israëlo-palestinien (et crise au Liban)

Chronique politique

Par Jean-Francois Niort

Centre d'Analyse Géopolitique et Internationale (CAGI)

de l'Université des Antilles et de la Guyane (UAG)

Suite de la Chronique débutée en septembre 2002,

et mensuelle de janvier 2003 à août 2006

 

Chronique septembre-décembre 2006

 

 

¤ Septembre 2006

* 5 et 6 sept. : le Quatar et la Turquie (malgré une opinion publique hostile) acceptent de participer à la Finul "renforcée" au Liban, qui compte donc deux pays musulmans, dont un arabe.

* 5 sept. : à Gaza, des milliers de membres des services de sécurité ont rejoint les fonctionnaires en grève depuis le 1er sept. pour réclamer leurs soldes. Des tirs et et des heurts ont eu lieu dans l'enceinte du Parlement palestinien. (sur ce thème, v. la Fiche "Sortie de la crise financière pour l'AP ?").

* 7 sept. : suite à la tournée de Kofi Annan au Proche-orient (v. la Chronique d'août 2006), le gouvernement Olmert lève le blocus imposé au Liban depuis le 13 juillet, sauf le blocus maritime (en attente d'une force navale internationale).

* 11 sept. : face à la grève illimitée des fonctionnaires, et à la très grande gravité de la crise économique palestinienne (soulignée par la Banque mondiale), accord Abbas-Haniyé pour la formation d'un gouvernement d'union nationale Fatah-Hamas, qui recevrait le soutien de la communauté internationale (en tout cas de la France). Le Hamas ne serait cependant prêt qu'à une reconnaissance "indirecte" d'Israël, à travers l'acceptation de l'initiative de paix arabe de 2002 (v. Rappel chronologique). [ L'initiative saoudienne a été lancée par le prince Abdallah en février 2002, et reprise, avec des modifications non négligeables, lors du sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, la même année. Principes de l'initiative soudienne : reconnaissance d'Israël, établissement de relations diplomatiques en échange d'un retrait israélien sur les frontières de 1967. Voir à ce sujet : "A propos de l'initiative de paix saoudienne" (par Shimon Shamir)
http://www.lapaixmaintenant.org/article649 ].

* Le gouvernement israélien décide de ne pas renouveler leurs visas aux 40 à 60.000 Palestiniens binationaux. Ainsi par ex. le créateur de la compagnie palestinienne de télécommunications Palnet est menacé d'expulsion. Une nouvelle attaque directe sur ce qui subsiste encore de l'économie palestinienne. V. aussi le cas de Sam Bahour, citoyen palestinien exemplaire de Ramallah, d'origine américaine, très investi dans la construction de son pays, et qui devra quitter les territoires suite au non renouvellement de son visa (en lire plus).

* Visite de Tony Blair au Liban (première visite au Liban d'un premier ministre britannique). Le Royaume-Uni s'est engagé à hauteur de 75 millions de dollars pour, essentiellement, contribuer à la reconstruction des ponts, à l'entraînement et à l'équipement de l'armée libanaise. Par ailleurs, T. Blair appelle à la reprise du dialogue israélo-palestinien. Mais le Hamas et le Hezbollah ont tous deux refusé de le rencontrer.

* 14 septembre : feu vert du gouvernement allemand à l'envoi de militaires au Liban, pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale. Ils doivent prendre le contrôle de la force maritime de surveillance des côtes.

* 18 septembre : le gouvernement israélien nomme une commission d'enquête (très demandée - v. Chronique d'août 2006) sur la manière dont la guerre a été conduite. M. Abbas gèle les discussions sur la formation d'un nouveau cabinet d'union nationale (v. supra), face à l'intransigeance du Hamas (v. sur ce point infra, 21 sept.). Début du déploiement français au Liban sud.

* 19 : le président Chirac appelle à un règlement pacifique et rapide du Conflit devant l'assemblée générale des Nations-Unies.

* 20 : au Liban, la Finul (Force intérimaire des Nations-Unies au Liban) "renforcée" atteint 5000 hommes (grâce au contigent allemand), le seuil exigé par le gouvernement israélien pour se retirer du Liban sud, ce qu'Amir Peretz, ministre de la Défense, confirme l'imminence du retrait israélien. Rencontre Bush-Abbas

* 21 : devant l'Assemblée générale des Nations-Unies, Mahmoud Abbas a rappelé l'appel lancé depuis la même tribune il y a 32 ans par le président de l'OLP, Yasser Arafat, qui brandissait à la fois un fusil et un rameau d'olivier en disant : "Ne laissez pas le rameau d'olivier tomber de ma main." Le Quartet salue d'ailleurs les efforts du leader palestinien pour la formation d'un cabinet d'union et en vue de la paix, alors que le Hamas a rejeté ses conditions, et spécialement la reconnaissance officielle de l'Etat d'Israël (en lire plus).

* 22 : au Liban, Hassan Nasrallah réapparaît en public, devant des centaines de milliers de sympatisants du Hezbollah, et réaffirme que son mouvement ne désarmera pas et qu'il possède encore 20.000 roquettes. Le gouvernement israélien estime qu'il ridiculise ainsi la communauté internationale.

* L'observatoire de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens de Shalom Archav-La Paix Maintenant rend son rapport annuel. Il y apparaît que l'été 2006, marqué par les combats au Sud Liban, a fourni aux colons une occasion de renforcer leur main-mise sur la terre sans que les médias en parlent. Entre temps, la situation au Liban a donné au gouvernement l'alibi dont il avait besoin pour justifier le fait qu'il n'a pas pris ses responsabilités par rapport à ce qui se passe dans les territoires, et plus particulièrement dans les colonies sauvages, qui se développent à un rythme soutenu (en lire plus). Plus généralement, la colonisation "légale" se poursuit. Shalom Archav a relevé 952 appels d'offres pour de nouvelles constructions dans les colonies "officielles" depuis le début de l'année 2006 (lire un article en ce sens).

* 28 sept. : Israël suspend son retrait du Liban Sud, exigeant que l'ONU neutralise les activités du Hezbollah et affirmant que Tsahal fera usage de son droit à l'autodéfense face aux "terroristes". D'autre part, le vice-1er ministre palestinien capturé en août et détenu en Israël depuis a été libéré.

¤ Octobre 2006

* 1er octobre : Tsahal se retire du Liban sud (à l'exception des fermes de Chebaa). Le travailliste et ancien ministre de la défense Benjamin Ben Eleizer, président du Conseil de sécurité nationale, affirme qu'il "éliminer Hassan Nasrallah à la première occasion". Regain de violences inter-palestiniennes : huit Palestiniens tués et plus de 130 blessés lors de heurts armés entre partisans du Hamas et du Fatah. Il s'agit des affrontements les plus meurtriers depuis l'entrée en fonction fin mars du Hamas au gouvernement. Dans le même temps, occupation et incendie du siège du gouvernement à Ramallah. Le lendemain, les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, dans la mouvance du Fatah, menacent de tuer des chefs du Hamas.

* 4-6 octobre : recevant Condoleeza Rice venu le soutenir dans une atmosphère de guerre civile, Mahmoud Abbas déclare que les négociations avec le Hamas pour l'élaboration d'un gouvernement d'union nationale sont rompues, étant donné le refus du Hamas d'accepter les conditions posées par Abou Mazen (reconnaissance d'Israël et des accords internationaux passés par l'AP). De son côté, le Hamas estime qu'Abbas se "dérobe" à la mise en place du cabinet d'union nationale, et organise avec succès une grosse manifestation populaire de soutien au gouvernement Haniyé à Gaza. Face à cette impasse politique, la solution d'un gouvernement de transition, composé de technocrates, réapparaît discrètement... A propos de la guerre au Liban, un rapport de l'ONU accuse Israël et le Hezbollah d'avoir commis des violations des droits de l'homme et des crimes de guerre...

* 8 octobre : apparition, encore discrète, mais inquiétante étant donné la situation chaotique dans les Territoires et l'ambiance de guerre civile Fatah-Hamas qui y règne, de "cellules d'Al Qaïda en Palestine" (v. sur la Fiche de suivi Al Qaïda)

* Lire un article intéressant de Marc Perelman soulignant la mise sur un pied d'un mouvement "colombe" aux Etats-Unis (comprenant notamment des juifs influents) et faisant un point général sur les principales positions et perspectives politiques occidentales et moyen-orientales actuelles sur le Conflit.

* 12 octobre : A Jérusalem, manifestation trans-partisane inhabituelle contre la politique "militariste" actuelle du gouvernement israélien et le semi-échec de la guerre au Liban, réunissant les jeunesses politiques du Meretz (gauche, proche des positions de Shalom Arshav - La Paix Maintenant), d'Israel Beitenou (parti russophone et populiste proche de l'extrême droite), de l'Union nationale (parti religieux nationaliste proche des colons), et du parti travailliste (associé au gouvernement Olmert). Le même jour, paraît un encart de Shalom Arshav (La Paix Maintenant) dans le quotidien Ha'aretz ainsi rédigé : Olmert, tu es devenu fou ? Assad t'appelle à la table des négociations "Si le gouvernement d'Israël est assez fort pour aller vers la paix, il sera possible de reprendre le processus entre nos deux pays". "Il est possible de parvenir à un accord en six mois". Et tu dis non ? En claquant la porte au nez des Syriens, tu fais le jeu de l'Iran, et tu pourrais entraîner la région dans une nouvelle guerre.

* 13 octobre : arrivée du contingent turc à Beyrouth (v. supra, début septembre).

* Scandale en Israël à la Une de l'ensemble de la presse nationale le 15 octobre : ainsi que l'on s'y attendait depuis le début de l'affaire, le président Moshé Katzav (51 ans, 5 enfants), est accusé par la police de viol et de harcèlement sexuel sur d'anciennes collaboratrices.

* 16 octobre : le premier ministre libanais, Fouad Siniora, refuse de rencontrer son homologue Ehoud Olmert, et va jusqu'à affirmer que le Liban sera le dernier Etat arabe à signer un accord de paix avec l'Etat hébreu...

* 19 octobre : déploiement israélien dans la bande de Gaza : des blindés encerclent le point de passage de Rafah à la frontière de l'Egypte, afin de lutter contre la contrebande. Pour le Hamas il s'agit d'une "réoccupation".

* 24 octobre : selon le quotidien Haaretz, une enquête secrète, effectuée sur deux ans par le l'establishment militaire israélien, révèle l'existence de constructions illégales rampantes dans plusieurs dizaines de colonies, concernant dans de nombreux cas des terres palestiniennes privées. Cette information a été présentée à deux ministres de la défense, Amir Peretz et son prédécesseur Shaul Mofaz, mais elle n'a pas été rendue publique. Un certain nombre de personnes concernées par les enquêtes ont dû signer une clause de non-divulgation. D'après des sources au sein de l'appareil de sécurité qui sont au courant de cette étude, les informations qu'elle contient sont "de la dynamite politique et diplomatique."

* 25-27 : en Israël, malgré le ralliement au gouvernement Olmert d'une formation ultra-nationaliste russophone (Israël Beitenou), le n°1 travailliste, Amir Peretz, ministre de la Défense, recommande à son parti de ne pas quitter la coalition au pouvoir (ce qui sera décidé le 30 octobre). Le leader ultra, Avigdor Lieberman, qui prône un Etat juif "homogène", entre au gouvernement, comme vice-Premier ministre et ministre chargé des menaces stratégiques. Ce qui, d'une part, le place en rapport direct avec A. Peretz, et met les Travaillistes face à une (nouvelle) contradiction idéologique (en lire plus)... C'est peut-être la raison pour laquelle, lors d'une conférence à l'université de Tel-Aviv, Amir Peretz a fait l'éloge, le 31, de l'initiative de paix saoudienne en l'évoquant même comme une "base de négociation" possible. Dans le même temps, Lieberman propose d'importer dans les Territoires palestiniens les méthodes utilisées par la Russie en Tchétchénie...

* Le 31, deux scientifiques prix Nobel israéliens se déclarent très pessimistes sur l'avenir de leur pays, dans une chonique du quotidien Yedioth Aharonoth. Ils estiment que le problème est l'égoïsme israélien, pas les voisins, qu'ils soient palestiniens ou libanais du Hezbollah.

¤ Novembre 2006

* Alors que l'entrée au gouvernement d'Israël Beitenu (cf. supra) semble sonner le glas du "plan de convergence" d'E. Olmert, le mois commence par une vaste opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, causant plusieurs morts palestiniens (21 au 3 novembre) et détruisant une mosquée (Beit Hanoun). Au Liban, Hassan Nasrallah, le chef du parti chiite libanais Hezbollah, a annoncé le début de négociations avec le gouvernement israélien sur un échange de détenus, alors que Washington hausse le ton à propos du survol de Beyrouth par l'aviation israélienne, mais défend le droit le l'Etat hébreu à la légitime défense à Gaza.

* Le 6, alors que Tsahal se retire de Beit Hanoun après 6 jours d'occupation en laissant derrière elle un champ de ruines et de nombreuses victimes (près de 60 morts, 200 blessés), on apprend qu'un accord sur un gouvernement d'union entre le Hamas et le Fatah de Mahmoud Abbas aurait été conclu, aux termes duquel l'actuel Premier ministre Ismaël Haniyeh ne dirigerait pas le futur cabinet.

* Le 8, un bombardement israélien sur Beit Hanoun fait 18 morts (dont quatre femmes et quatre enfants) : réprobation internationale, regrets d'Olmert (qui évoque une "erreur technique") et de Peretz, qui proposent une aide humanitaire. Côté palestinien, Mahmoud Abbas et Ismaël Haniyeh réclament une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, Abou Mazen en appelle à nouveau à la pression internationale sur les Etats-Unis et leur soutien partial à l'Etat hébreu, afin de parvenir à une paix juste. Khaled Mechaal, chef politique en exil du Hamas, appelle quant à lui à une vengeance contre Israël, de même que le Jihad islamique, ce qui laisse planer la menace de nouveaux attentats-suicides...

* Le 10, d'une part, le Conseil de sécurité est saisi d'un projet de résolution déposé par le Qatar et condamnant Israël pour le bombardement de Beit Hanoun, mais les Etats-Unis y mettent leur veto le lendemain, alors qu'E. Olmert entame une visite de trois jours sur le sol américain ; d'autre part, l'ambassadeur d'Israël est convoqué par le gouvernement français, qui affirme que des avions de chasse israéliens ont visé et menacé des troupes françaises de la Finul le 31 octobre au Liban sud, évitant de peu une "catastrophe", selon Michèle Alliot-Marie. L'ambassadeur dément formellement.... Enfin, après plusieurs mois d'impasse, les discussions entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh sur un gouvernement d'union nationale (solution politique qui semble avoir le soutien de l'opinion publique palestinienne) ont enregistré des progrès et un accord aurait même été passé sur l'identité du futur premier ministre. Une rencontre secrète aurait par ailleurs eu lieu entre des responsables du Hamas et des Israéliens...

* 12 : suite des négociation sur un accord politique Fatah-Hamas autour d'un gouvernement d'union nationale composé de "technocrates" et sans l'actuel Premier ministre, accord qui comprendrait la libération du soldat israélien Gilad Shalit enlevé en échange de celle de prisonniers palestiniens, dont les ministres du Hamas, ainsi qu'un cessez-le-feu général. Mohammed Al Shabir, ancien président de l'université musulmane de Gaza, qui n'appartient à aucun groupe, et qui a effectué une partie de ses études aux Etats-Unis, est pressenti comme Premier ministre. Le même jour, Mahmoud Abbas est désigné "commandant du Fatah" par le Conseil révolutionnaire du mouvement, succédant ainsi à Yasser Arafat. Mais le président palestinien a démenti le 14 tout accord avec le Hamas sur le nom du futur chef du gouvernement d'union nationale...

* Le 15, conformément aux menaces (cf. supra, le 8 novembre) lancées par ce mouvement, nouveaux tirs meurtriers de roquette palestiniennes sur Sdérot, revendiqués par le Jihad islamique. Le ministre travailliste de la Défense, Amir Péretz, menace de "faire payer un lourd tribut" à leurs auteurs.

* Le 17, Israël rejette le plan franco-espagnol, l'''Initiative commune" de J. Chirac et J. L. Zapatero pour trouver une issue au conflit au P.-O. rejetée tant qu'elle ne sera pas validée par l'UE ou le Quartet. Car de leur côté, James Baker, ancien puissant secrétaire d'Etat de l'administration Bush père, et Lee Hamilton, ancien président de la commission des affaires étrangères à la Chambre des représentants, se préparent à finaliser un plan pour changer la politique américaine au Moyen-Orient, à la demande du président G.W. Bush, contraint par sa défaite électorale récente (v. sur la fiche Bush II). Et en Israël même, c'est l'ancien ministre travailliste Yossi Beilin qui a éloboré son propre plan de paix, à partir de l'Initiative de Genève et de son échec, un plan déjà soumis aux instances internationales, alors que le gouvernement Olmert en particulier, le système et la classe politiques israéliens connaissent une grave crise interne...

* Le 19, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert dénonce les "donneurs de leçons" de l'ONU après l'adoption (le 17) d'une résolution demandant la fin de toute forme de violences entre Israël et les Palestiniens. "Il n'y aura pas de coopération d'Israël" a-t-il souligné. L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Dan Gillerman, a également accusé la France d'avoir "lancé des fleurs aux terroristes", poussant à l'adoption de la résolution. En dépit de l'appel onusien, Israël a lancé un nouveau raid aérien, et les groupes armés palestiniens ont poursuivi leurs tirs de roquettes.

* Le 22 : nouveaux tirs meurtriers de roquettes qassam sur Sdérot (940 missiles au total ont été tirés sur cette localité israélienne depuis début 2006). Le cabinet de sécurité prévoit en conséquence de nouvelles actions militaires punitives dans la bande de Gaza, mais pas de grande ampleur....

* 24 : Les factions armées palestiniennes se déclarent prêtes à stopper les tirs de roquette si Israël met fin à toute agression. Premier attentat suicide revendiqué par le Hamas depuis 2 ans, accompli par une jeune femme. Khaled Mechaal menace d'une troisième intifada si les choses n'avancent pas sur le plan politique....

* Les 27-28, l'accord de cessez-le- feu conclu le 25 entre le Fatah et le gouvernement Olmert (suite à un discours d'ouverture de ce dernier) est préservé ; il a été fragilisé par un tir de roquettes sur Israël. M. Abbas a condamné ces "violations". Retrait de l'infanterie israélienne de la bande de Gaza. les négociations Fatah-Hamas sur un gouvernement d'union semblent en panne.

¤ Décembre 2006

* Le 1er, le comité exécutif de l'OLP réclame la démission du Premier ministre palestinien Ismail Haniyeh à cause de l'impasse à laquelle ont abouti les pourparlers autour de la formation d'un gouvernement d'union nationale, pourtant bien engagés à la mi-novembre (v. supra).

* 3-5 décembre : visite de Ségolène Royal au Proche-Orient, au Liban, dans les territoires palestiniens conclue par un entretien avec Ehoud Olmert, dont elle a salué - comme pour Mahmoud Abbas, "les efforts de paix". S. Royal a exclu tout contact avec le Hamas, organisation "terroriste", et justifié les survols israéliens de la Finul au Liban. Allant au-delà de la position de l'Etat hébreu, elle a affirmé la nécessité de priver Téhéran du nucléaire militaire, mais aussi civil. Par ailleurs, Israël a donné consigne à l'armée de privilégier l'apaisement en Cisjordanie, pour préserver la trêve dans la bande de Gaza. Le gouvernement israélien a néanmoins écarté, à ce stade, d'étendre le cessez-le-feu (v. supra) à ce territoire. Par ailleurs, le gouvernement israélien, ainsi que plusieurs Etats arabes, dont l'Egypte, l'Arabie saoudite
et la Jordanie, s'inquiètent de plus en plus de la perspective d'une chute du gouvernement libanais de Fouad Siniora suite à un coup d'Etat du Hezbollah qui ferait du Liban, selon les termes d'un ministre israélien, "le premier Etat arabe à devenir un protectorat iranien." (v. sur la Fiche de suivi Liban).

* Le 16, après de violents heurts entre partisans du Fatah et du Hamas, et un mitraillage de la voiture du Premier ministre Ismaïl Haniyé (il ramenait 35 millions de dollards en espèces qui lui ont été confisqués par les forces israéliennes), Mahmoud Abbas annonce qu'il a décidé d'organiser des élections anticipées dans le délai le plus bref. Il déclare de plus qu'il a le droit, contitutionnellement, de destituer le gouvernement dirigé par le Hamas. Ceci provoque, le 18, un fort regain de violences entre activistes du Fatah et du Hamas. Mais Khaled Mechaal et Ismaïl Haniyé ont appelé leur partisans à la modération, afin d'éviter une guerre civile.

* La Syrie fait des ouvertures diplomatiques en direction de Washington, de l'Union européenne et même de l'Etat israélien. L'Iran promet 250 millions d'euros au Hamas.

 

 




 

 

******************************

(Accéder à la Chronique de juillet 2006)

(Accéder à la Chronique d'août 2006)

(Accéder à la Conférence du 10 février : "Faut-il avoir peur du Hamas ?" et à sa Fiche de suivi)

(Accédez directement à la Fiche Sortie de la crise financière pour l'AP ?)